Syn est un trappeur. En compagnie de son loup, Ack, il sillonne les routes à la recherche de marchandises qu'il pourra revendre à la foire de Méandre dès la survenue du printemps. Il a aussi une autre corde à son arc, celle de chasser et d'éliminer les robots qui peuplent les terres et agressent sans vergogne les êtres humains croisant leur passage. Et à ce petit jeu, il est particulièrement doué et habile. Sa ceinture de petites boîtes noires est là pour en attester. Après avoir emmagasiné des peaux, et vu que l'hiver approche à grands pas, il est temps pour Syn de s'installer dans un coin douillet afin d'entamer son hibernation dans des conditions optimales pendant que la neige recouvre lentement les paysages.   Cygnis est le premier roman d'un jeune auteur suisse nommé Vincent Gessler. Saluons d'office la performance que constitue la publication d'une première oeuvre aux éditions de L'Atalante assez réputées au niveau de l'exigence pour que le fait soit souligné. Ce roman post-apocalyptique met en scène une civilisation dépourvue de technologie, vivant de manière quasi ancestrale.   On est tout simplement en présence d'une divine surprise. Ce qui saute immédiatement aux yeux, c'est le style assez atypique. L'auteur parvient à alterner les passages de récit et une certaine poésie, en jouant sur les rimes, les allitérations et les assonances, ce qui insuffle un souffle légendaire et quelque chose de l'ordre de l'épopée dans cette aventure. Le personnage qui est l'origine de ce lyrisme littéraire provoque un trouble certain, accentuant encore la sensation d'être face à une oeuvre singulière. Vincent Gessler parvient à faire rimer érudition et recherche stylistique avec violence extrême, meurtre et extermination.   On est de suite captivé par les pérégrinations de Syn le trappeur même si on ne comprend pas toujours la motivation qui le pousse à aller chez les Troglodytes par exemple. Ici cependant, impossible de donner plus d'explications sans déflorer de manière irrémédiable la suite des événements. Cet être solitaire est un arpenteur du monde avec pour seule compagnie son alter-ego, un loup d'aspect un brin bizarre, mi-animal mi-machine, qu'il possède depuis toujours. Il se tient le plus possible à l'écart des groupes et des foules, ne regagnant la ville que pour profiter de l'accorte aubergiste, Érine, et pour vendre le produit de sa quête. Dire seulement cela serait immanquablement réducteur car il y a aussi l'amour, personnifié par la douce fouisseuse Léah, l'amitié virile symbolisée par Dek ainsi que les révélations sur le passé entre autres. Tout cela prend un relief particulier, une exacerbation due à l'intensité qui passent à travers chaque sentiment car ils naissent bien souvent dans l'urgence et lors de situations dramatiques. Il serait dommage de ne pas parler des robots, ces machines programmées pour tuer mais pas seulement et des Troglodytes, ce peuple qui vit la nuit de peur qu'un morceau de soleil ne se détache. Leur déclin annoncé les pousse à commettre l'irréparable et ainsi déclencher une guerre.    Sig , climaginaire

Gessler - Cygnis - Chroniques de l'imaginaire
Syn est un trappeur. En compagnie de son loup, Ack, il sillonne les routes à la recherche de marchandises qu'il pourra revendre à la foire de Méandre dès la survenue du printemps. Il a aussi une autre corde à son arc, celle de chasser et d'éliminer les robots qui peuplent les terres et agressent sans vergogne les êtres humains croisant leur passage. Et à ce petit jeu, il est particulièrement doué et habile. Sa ceinture de petites boîtes noires est là pour en attester. Après avoir emmagasiné des peaux, et vu que l'hiver approche à grands pas, il est temps pour Syn de s'installer dans un coin douillet afin d'entamer son hibernation dans des conditions optimales pendant que la neige recouvre lentement les paysages.
 
Cygnis est le premier roman d'un jeune auteur suisse nommé Vincent Gessler. Saluons d'office la performance que constitue la publication d'une première oeuvre aux éditions de L'Atalante assez réputées au niveau de l'exigence pour que le fait soit souligné. Ce roman post-apocalyptique met en scène une civilisation dépourvue de technologie, vivant de manière quasi ancestrale.
 
On est tout simplement en présence d'une divine surprise. Ce qui saute immédiatement aux yeux, c'est le style assez atypique. L'auteur parvient à alterner les passages de récit et une certaine poésie, en jouant sur les rimes, les allitérations et les assonances, ce qui insuffle un souffle légendaire et quelque chose de l'ordre de l'épopée dans cette aventure. Le personnage qui est l'origine de ce lyrisme littéraire provoque un trouble certain, accentuant encore la sensation d'être face à une oeuvre singulière. Vincent Gessler parvient à faire rimer érudition et recherche stylistique avec violence extrême, meurtre et extermination.
 
On est de suite captivé par les pérégrinations de Syn le trappeur même si on ne comprend pas toujours la motivation qui le pousse à aller chez les Troglodytes par exemple. Ici cependant, impossible de donner plus d'explications sans déflorer de manière irrémédiable la suite des événements. Cet être solitaire est un arpenteur du monde avec pour seule compagnie son alter-ego, un loup d'aspect un brin bizarre, mi-animal mi-machine, qu'il possède depuis toujours. Il se tient le plus possible à l'écart des groupes et des foules, ne regagnant la ville que pour profiter de l'accorte aubergiste, Érine, et pour vendre le produit de sa quête. Dire seulement cela serait immanquablement réducteur car il y a aussi l'amour, personnifié par la douce fouisseuse Léah, l'amitié virile symbolisée par Dek ainsi que les révélations sur le passé entre autres. Tout cela prend un relief particulier, une exacerbation due à l'intensité qui passent à travers chaque sentiment car ils naissent bien souvent dans l'urgence et lors de situations dramatiques. Il serait dommage de ne pas parler des robots, ces machines programmées pour tuer mais pas seulement et des Troglodytes, ce peuple qui vit la nuit de peur qu'un morceau de soleil ne se détache. Leur déclin annoncé les pousse à commettre l'irréparable et ainsi déclencher une guerre.
 
 Sig , climaginaire
Publié le 26 mai 2010

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