L’espace d’un an est un coup de cœur intersidéral. C’est un roman qui a la beauté envoûtante d’un ciel étoilé, c’est un trésor de bienveillance et de diversité, une histoire riche en découvertes mais à la familiarité réconfortante, un roman positif qui redonne foi en l’humanité…

Les critiques de Yuyine
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Envoûtement et tolérance

C’est avec l’émotion à fleur de peau, le coeur encore palpitant d’amour, que je rédige cette critique qui sera surement confuse et dégoulinante de subjectivité. Si vous voulez vous épargner ça, je résumerai mon avis ainsi: lisez L’espace d’un an, ne passez pas à côté de cette merveille car c’est un grand coup de coeur. Becky Chambers nous offre ici un space opera dont l’intrigue n’est peut-être pas très originale et dont le rythme n’est pas soutenu par une myriade d’actions trépidantes. Et pourtant, j’ai eu immédiatement la certitude d’avoir entre les mains un incontournable. Tout tient dans le ton employé et la tolérance fondamentale de l’autrice qui patine son univers d’une ouverture d’esprit et d’une diversité rare et formidable, mais surtout parfaitement logique et intégrée. L’autrice a ce talent de nous parler de différences (de culture, d’orientation sexuelle, physiques, etc.) sans les pointer du doigt comme telles mais en les intégrant logiquement dans un panorama de l’existant, toutes complémentaires et en harmonie. Quel bonheur! Les découvertes sont envoûtantes et faire connaissance avec différentes espèces et cultures avec autant de bienveillance est une joie infinie. Mais ce qui est formidable, c’est qu’outre l’exotisme, on ressent aussi une profonde familiarité à la lecture. Le Voyageur est devenu comme un foyer, connu et rassurant, entouré de gens qu’on aime de tout notre coeur. En conséquence, l’intrigue devient passionnante car on apprécie de voir les relations des personnages évoluer et on se soucie terriblement de chacun.e. C’est à la fois un space opera à l’univers dense mais accessible, une aventure en huis-clos et une tranche de vie pleine de justesse et d’émotions qui auront fait chavirer mon âme. 

Extrait:
« Quand il avait acheté le Voyageur et engagé un équipage, lui-même avait dû s’habituer à une certaine exiguïté. Mais le bruit permanent des gens qui travaillaient, riaient, se disputaient tout autour de lui avait fini par devenir réconfortant. Le large était vide et, parfois, le spatial le plus chevronné contemplait le néant constellé d’étoiles avec un mélange d’humilité et d’effarement. Ashby était content du bruit. C’était rassurant de savoir qu’il n’était jamais seul, surtout dans son métier.»
 

Une lecture qui fait un bien fou

L’espace d’un an prouve qu’il n’y a nul besoin d’actions trépidantes pour que la lecture soit addictive. J’ai dévoré ce roman sans pouvoir m’arrêter, tout en essayant, en vain, de ralentir mon rythme afin de ne pas voir la dernière page se tourner. Car on se sent bien dans ce roman, on a l’impression d’avoir trouvé un endroit paisible où faire une pause dans notre réalité assez morose, une safe place. Je ne voulais surtout pas quitter les personnages donc je suis immédiatement tombée amoureuse. Entre Kizzy, pétillante et véritable amie, Sissix, formidable et touchante, Docteur Miam, réconfortant et protecteur, Ashby, pacifiste et juste, Jenks, bouleversant et compréhensif, ou encore Lovey, touchante et discrète… tou.te.s sont terriblement attachant.e.s et les valeurs qu’iels véhiculent nous redonnent foi en l’humanité, ce qui, pour la pessimiste que je suis, semblait impossible. Je suis si attachée à elleux que j’ai le sentiment d’avoir trouvé ma famille plume au sein de ce vaisseau tant leur dire au-revoir est déchirant. À travers cette histoire, Becky Chambers nous véhicule ses formidables valeurs, faisant de ce roman une sorte de feel good réconfortant, bercé de positif. Et si tout n’est pas tout rose dans ce livre, les évènements graves rappellent la beauté des bonheurs simples, la nécessité de l’entraide et du respect de l’autre pour qu’au final, ce soit l’amour qui l’emporte dans nos coeurs. Et ça, sans jamais devenir mièvre! J’ai donc achevé L’espace d’un an avec la peine d’un au-revoir (heureusement que deux autres tomes existent!) mais aussi avec un sourire apaisé que je n’avais plus eu depuis longtemps… Ça se confirme, Becky Chambers se place donc officiellement dans mes autrices favorites!

En bref, L’espace d’un an est un coup de coeur intersidéral. C’est un roman qui a la beauté envoûtante d’un ciel étoilé, c’est un trésor de bienveillance et de diversité, une histoire riche en découvertes mais à la familiarité réconfortante, un roman positif qui redonne foi en l’humanité… Et en plus, ça se passe dans l’espace! Que demander de plus? Une chose est certaine, si le tag des Incontournables SFFF récents se déroulait maintenant, L’espace d’un an figurerait forcément dans mes 10 élus.

Publié le 13 janvier 2021

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