Apprendre, si par bonheur est ainsi un roman court par la taille mais extrêmement riche par son contenu. Un roman riche en sense of wonder, en découvertes qui propose un splendide voyage vers des nouveaux mondes avec intelligence et subtilité.

Journal de bord d'une astronaute

L'humanité a appris l'existence de vie ailleurs dans l'univers et organise des missions pour aller explorer différentes planètes. Lawki 6 est une de ces expéditions dont les 4 membres partent à destination de la naine rouge Zhenyi. Ils doivent aller visiter quatre exoplanètes. Le voyage est long, mais avec un voyage de retour prévu. Ariadne O'Neill est l'ingénieure de la mission, c'est également la narratrice du roman, journal de bord de leur périple et des découvertes sur ces 4 planètes. Les 3 autres membres de l'équipage sont Jack expert géologue, Chikondi biologiste et Elena la plus expérimentée des 4 et chargée des études environnementales. La narratrice raconte à la fois le quotidien sur le vaisseau, les relations entre les astronautes, leurs découvertes sur chaque planète, ainsi que les différentes préparations reçues par chacun. En effet, les caractéristiques des 4 planètes sont différentes et il faut adapter le corps humain en fonction de la planète où se rend. Ce concept appelé somaformation est très bien traité par l'autrice, avec des effets sur les corps humains tels que l'augmentation de la masse musculaire ou des changements cutanés. On découvre en même temps que les personnages les transformations qu'ils auront en arrivant sur la prochaine planète. C'est vraiment intéressant et original.

Apprendre avec bonheur

Le but de la mission Lawki 6 est d'aller explorer les planètes, mais pas seulement comme terre d'accueil des humains, c'est aussi dans un but purement scientifique d'étude de différentes formes de vie, des conditions d'apparition de la vie. Les formes de vie qu'ils vont découvrir sur les 4 planètes sont toutes différentes et les environnements où elles évoluent également. La planète Opera est constituée presque uniquement d'eau alors que Votum ressemble plus à un désert. L'autrice s'attache à détailler l'environnement de chacune des planètes ainsi que les espèces qu'on peut y rencontrer. Tout cela de manière très crédible et passionnante à découvrir.

Tout en suivant le récit des aventures des astronautes, le lecteur apprend pas mal de choses sur différents domaines allant de la chimie à la génétique, ou encore à la géologie. Ce n'est jamais ennuyeux, ni rébarbatif bien au contraire, on apprend avec plaisir. Becky Chambers n'oublie pas non plus l'aspect psychologique qui est très important dans les longues missions de ce genre. En effet, les 4 personnages passent des années ensemble, le plus souvent enfermées. Elle prend en compte les difficultés qu'ils peuvent rencontrer, la tension qui peut se produire, l'évolution des relations. C'est à nouveau admirablement fait avec des personnages très humains et une belle palette d'émotions. L'autrice n'oublie pas pour autant la Terre, qui même très éloignée de la mission a une importance cruciale pour les astronautes. Le roman appartient au genre de la science-fiction positive, pourtant il y a un aspect terrible, réaliste et assez pessimiste dans l'avenir décrit pour notre planète.

Apprendre, si par bonheur est ainsi un roman court par la taille mais extrêmement riche par son contenu. Un roman riche en sense of wonder, en découvertes qui propose un splendide voyage vers des nouveaux mondes avec intelligence et subtilité.

Célinedanaé

Publié le 9 septembre 2020

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