Simone Buchholz, elle, a le sens de l'image et de la formule. Son style est juste et précis. C'est noir et poétique. La bière se boit au comptoir, les lits sont froids, le danger se planque dans le caniveau. Le talent coule à flots.

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Le port de l'angoisse

Une histoire de trafic de drogue. Classique. Mais beau roman. Des dealers, un tueur, des flics. À Hambourg, en Allemagne. Il fait nuit, les chats sont gris, les bars ouverts, le port s'active et Chastity Riley s'occupe d'un type brisé en mille morceaux sur son lit d'hôpital. Chastity est procureure et l'héroïne des romans de Simone Buchholz, romancière allemande sans doute bibe­ronnée aux polars américains des années 1950, ceux qui racontent des personnages et des décors davantage que des intrigues spectaculaires.

Après Quartier rouge, en 2015, Nuit bleue est le second roman de Simone Buchholz paru en France et le premier de la collection Fusion chez L'Atalante. Excellent choix. Ce Nuit bleue, formida­blement traduit par Claudine Layre, est un roman d'ambiance nocturne qui avance à son allure, sans se presser, pour mieux raconter ces hommes et ces femmes qui semblent survivre en attendant de trouver un peu de lumière. Il y a de l'amour, de l'alcool et des flingues. Le récit, au pré­sent, est porté par Chastity Riley (beau nom d'héroïne) qui devient vite une amie proche. Simone Buchholz, elle, a le sens de l'image et de la formule. Son style est juste et précis. C'est noir et poétique. La bière se boit au comptoir, les lits sont froids, le danger se planque dans le caniveau. Le talent coule à flots.

Éric Libiot 

Publié le 31 mars 2021

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