En réimaginant la vie de Lavinia, la princesse latine qui épouse Énée, Ursula Le Guin marche dans les pas de Virgile (qu'elle adore) avant de s'en émanciper : ici, la guerre n'est point épique mais absurde, et l'épopée devient intime, sensible, pacifiste. Ultime roman de l'autrice, Lavinia n'est pas l'un de ses plus connus, mais, disons-le tout court, il s'agit de l'un de ses meilleurs. Entre mythe et réalité, elle tisse une histoire puissante, subtile, humaine dans une langue superbe, très bien traduite en français. A mettre dans toutes les bibliothèques, près des Dépossédés ou de La Main gauche de la nuit.
Simon