Avec la force des sentiments amicaux, on obtient un roman sensible et intelligent qui ne brille pas par l’action mais par la finesse et l’originalité.

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Libration (A Closed and Common Orbit) le tome 2 de la série Les Voyageurs de Becky Chambers, reprend l’histoire là où s’était terminé L'Espace d'un an. Pourtant, on ne retrouve aucun autre membre de l’équipage du Voyageur, sauf l’IA, Lovelace qui vient d’intégrer un corps synthétique. On va s’intéresser également, et de très près, au personnage de Poivre, la mécano croisée dans le tome précédent. Poivre et « Lovelace » qui, très vite adopte le nom de Sidra, quittent le vaisseau et vont vivre — ou essayer de vivre — tranquillement parmi la multitude d’espèces que l’autrice nous a déjà décrites. Si le premier tome n’est pas indispensable pour suivre l’histoire, il est quand même conseillé, puisque tout l’univers imaginé par Chambers y est bien développé alors qu’ici, il n’est que résumé.
Cette fois, l’autrice se concentre sur deux personnages : celui de Lovey/Sidra, l’IA qui a bien du mal avec son « corps » et sa vision étriquée, et celui de Poivre dont on va connaître le passé assez sombre. Toutes deux connaissent un parcours dont l’horizon a été —  ou est — limité (d’où le titre original A Closed and Common Orbit ), pour des raisons différentes. Les interrogations sont diverses : qu’est-ce qui fait une personne consciente ? qui a le doit de la définir ? comment se forge-t-on une identité ? Si on rajoute l’exploration des émotions et des sensations ( de Poivre, dans son passé,  ou de Sidra, dans le présent ) avec la force des sentiments amicaux, ici, plus qu’amoureux, on obtient un roman sensible et intelligent qui ne brille pas par l’action mais par la finesse et l’originalité. C’est un genre de SF différent que je ne qualifierais pas de « trop gentil » comme j’ai pu le lire ici ou là. Au contraire : c’est une bouffée d’air pur. Et tant mieux, on n’a pas forcément envie de lire à longueur de temps  des scènes de batailles à gogo et des histoires de méchant.e.s qui se dézinguent…

Publié le 9 septembre 2020

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