Un roman aux multiples niveaux de lecture, donc, mais qui est avant tout, disons-le comme ça et tout simplement, un formidable polar à la portée universelle, dont l'intrigue est impeccable et les personnages foudroyants d'humanité.

Glukhovsky - Texto - Le Point
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La ruse russe

L'intrigue s'engage par l'histoire d'un homme qui prend la place d'un autre. Le récit d'un imposteur qui vole l'identité de celui qu'il a assassiné. Ici, c'est Ilya, qui rentre chez lui après sept ans de détention en Sibérie et qui tue celui qui l'avait envoyé là-bas. Afin de ne pas retourner illico dans un camp pénitentiaire pour meurtre, une seule solution: prendre la place du mort à travers son téléphone portable et faire croire à ses contacts que tout va bien. Même ton, même type de relation et, évidemment, tout va très vite déraper.

Le nouvel opus de l'auteur de la série "Métro" est un pur roman russe, qui peut se lire au premier degré, à toute vitesse, comme on lirait le roman noir de la Russie d'aujourd'hui. Du côté jeune et urbain, avec sa dose de regard critique social et politique sur une société plus perdue que jamais dans les eaux glacées de l'individualisme. Il peut se lire, aussi, comme une chronique de la condition humaine à l'ère du numérique, du smartphone omniprésent et des réseaux sociaux qui bouleversent nos rapports aux autres, à la vie, à la morale, à nous-mêmes. Un roman aux multiples niveaux de lecture, donc, mais qui est avant tout, disons-le comme ça et tout simplement, un formidable polar à la portée universelle, dont l'intrigue est impeccable et les personnages foudroyants d'humanité.

"Ilya souffla. Il n'avait pas le droit à l'erreur. Elle sentait quelque chose. Non, elle sentait tout. La peur au ventre il écrivit: "SMS: oui"."

De François Pirola

Publié le 1 avril 2019

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