J’ai trouvé le procédé assez brillant et très intéressant dans ce que l’autrice traduit de la mémoire qui fait Histoire, de ce qui est transmis.

Quand la tigresse descendit de la montagne - SF Elfette
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Ma première joie a sûrement été de découvrir les fameux mammouths évoqués dans le tome 1. Ils m’avaient fascinée déjà, de loin, et les découvrir là, pour de vrai, avec leurs gardiens, m’a laissée telle une petite fille avec des étoiles dans les yeux. L’intelligence que l’autrice leur prête, ainsi que leur lien avec leur gardien en fait un élément de l’univers des Collines Chantantes qui me passionne particulièrement.

Retrouver également ces animaux-esprits, dont on n’est pas bien sûr des intentions – ici par l’entremise des tigres, fait aussi partie de ce qui donne un petit côté Miyazaki à l’ensemble. Ici, nos protagonistes cherchent à ne pas se faire dévorer et, ainsi qu’une Shéhérazade, Chih tente de retarder ce moment en racontant une histoire. Et c’est là que je tombe une nouvelle fois amoureuse de la façon dont Nghi Vo construit ses histoires.

Dans le tome 1, j’avais trouvé très intéressante la construction d’une histoire autour de celle des objets, la façon dont l’autrice rendait quasiment hommage autant à ceux qui les avaient fabriqués qu’à l’histoire qu’ils convoyaient. Dans ce tome 2, le lecteur est ici confronté à une histoire dont la version fait débat. Chih, porteur de la mémoire des hommes, possède une version ; les tigresses, porteuses d’une autre version, celle d’un univers dont l’humain est déconnecté, en proposent une autre. J’ai trouvé le procédé assez brillant et très intéressant dans ce que l’autrice traduit de la mémoire qui fait Histoire, de ce qui est transmis.

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4,5/5

Publié le 22 novembre 2023

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