Mais bien évidemment ces trois petits points (surtout le premier) ne devraient absolument pas vous dissuader de vous lancer, d’apprécier, de vous régaler, et de revenir me remercier avec des étoiles dans les yeux (ou me dire que je vous ai trahis, que c’était nul et de me jeter des pierres m’expliquer pourquoi). Oh, et en plus cette édition de chez l’Atalante est splendide et fera joli dans votre bibliothèque.

Kay - Les Lions d'Al-Rassan - Vous connaissez peut-être ?
Article Original

Je vous invite à découvrir Les Lions d’Al-Rassan de Guy Gavriel Kay. Ce roman m’a transportée au sein du fabuleux empire d’Al-Rassan, où j’ai pu voir se dessiner, page après page, une véritable légende.

Anciennement écrasant de grandeur et de magnificence, l’empire d’Al-Rassan a éclaté en cités-États rivales suite à l’assassinat du dernier calife. Les conquérants asharites sont désormais un peuple de savants et d’artistes qui passent beaucoup de temps à guerroyer entre eux. Seul peut-être Almalik, roi de la grande cité de Cartada, pourrait rétablir l’unité de l’empire, soutenu par le légendaire Ammar ibn Khairan, poète, diplomate et soldat.
Une unité qui deviendra vite nécessaire car une autre menace pèse sur l’Al-Rassan, celle des royaumes jaddites du nord de la péninsule, divisés, certes, mais avides de reconquérir le pays dont ils s’estiment dépossédés. Rodrigo Belmonte est le plus prestigieux de leurs chefs de guerre.
C’est dans l’exquise cité de Ragosa que se rencontreront Ammar et Rodrigo, pour un temps exilés au service du même monarque. Entre eux, la figure exceptionnelle de Jehane bet Ishake, fille du peuple Kindath et brillant médecin.

Les Lions d’Al-Rassan est un roman qui mêle historique et fantasy mais qui est tellement plus que ça. Il est question de guerre, de stratégie, mais aussi d’amour, d’amitié, de destinée… C’est l’histoire de héros partis sauver le monde, mais cette quête devient une poignante histoire d’amour, de loyautés divisées, et de ce qui arrive aux femmes et aux hommes lorsque le durcissement des croyances finit par refaire, ou détruire, un monde.

Et si l’histoire en elle-même est absolument extraordinaire, tout l’impact de cette œuvre réside, pour moi, dans la plume de son auteur. Guy Gavriel Kay a un don certain pour dessiner des personnages à la fois typiquement héroïques, et en même temps si proches de nous, humains lambda. On ressent la complexité de chacune des émotions qu’ils ressentent, de leurs personnalités respectives. Leur unicité les rend vraiment réalistes. Ajoutez à cela :

·          de la poésie

·         un monde riche, fabuleux et qui pourtant nous semble si réel (sûrement car Kay s’est inspiré de légendes, du folklore de notre monde, et surtout de l’Espagne des Maures du XIe siècle)

un - récit qui tantôt s’étend dans la longueur pour nous faire ressentir la puissance de certains instants, et tantôt s’accélère, nous entraînant à la suite de la quête de nos trois protagonistes et vous avez un voyage merveilleux, qui, une fois le livre refermé, nous laisse plein de nostalgie, de bonheur et de mélancolie.

Parlons de la fin d’ailleurs. Non je ne vais rien vous divulgâcher (oui un mot bizarre, mais si parfait) c’est promis.

Cet auteur a un tel don. Lorsque l’on ferme son livre, on est à la fois triste et heureux. Triste d’avoir fini, mais heureux d’avoir eu la chance d’être témoin d’une telle histoire. Sans parler du fait que, on a beau avoir imaginé toutes les issues possibles, la fin est toujours surprenante. Et pourtant, une fois le livre fermé, on ne peut imaginer une meilleure façon de clore une telle histoire. Pas une bonne fin dans le sens « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », juste une fin à la fois surprenante, parfaite et inévitable.

Pour résumer, ce livre est génial car :

·          Les personnages sont à la fois trop cools et super bien caractérisés

·          La plume de Kay est poétique, prenante, pleine de surprises (La traduction est d’ailleurs très bonne !)

·          On voyage, on est transporté, et tout ce qu’on ressent ! Mon petit cœur en était tout essoufflé.

Attention cependant :

·          C’est un pavé

·         Certaines scènes peuvent être choquantes

·          Le départ est un peu lent

Mais bien évidemment ces trois petits points (surtout le premier) ne devraient absolument pas vous dissuader de vous lancer, d’apprécier, de vous régaler, et de revenir me remercier avec des étoiles dans les yeux (ou me dire que je vous ai trahis, que c’était nul et de me jeter des pierres m’expliquer pourquoi).

Oh, et en plus cette édition de chez l’Atalante est splendide et fera joli dans votre bibliothèque.

- Lucie, le 10/12/17

Publié le 13 janvier 2018

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