Il y a chez l’auteur une générosité dans l’écriture et dans le propos, dans ses personnages qui prennent le risque de l’inconnu plutôt que de se barricader ou de détruire.

L'influx
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Dans ce space opera au titre énigmatique, Jean-Claude Dunyach délaisse ses trolls pour retrouver l’espace, les étoiles et ses habitants.

On débute par deux rencontres, celle d’un vaisseau terrien avec une entité mystérieuse mais involontairement destructrice, et celle d’Évangeline, tout juste arrivée dans une station spatiale école envahie par un essaim d’insectes extra-terrestres. À chaque fois, passée la catastrophe initiale, il faudra s’adapter, tenter de comprendre, toucher l’inconnu au plus près.

Le toucher est sans doute le sens majeur chez Jean-Claude Dunyach et ce roman offre une étonnante panoplie de sensations corporelles, de fluides, de textures, de soies et pinces. Ce contact avec des espèces non humaines est davantage sensoriel qu’intellectuel, on ressent l’autre avant d’en interpréter les signes.

C’est aussi un texte sur la communauté, la société, les différents moyens pour se lier et dépasser l’égoïsme. Évangeline débute comme une jeune privilégiée égocentrée avant de s’ouvrir à l’autre, d’accepter sa capacité à vous changer, à échanger, tout simplement. Il y a chez l’auteur une générosité dans l’écriture et dans le propos, dans ses personnages qui prennent le risque de l’inconnu plutôt que de se barricader ou de détruire.

Publié le 19 septembre 2019

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