Catherine Dufour signe ici un roman captivant, qui joue avec les codes de la romance fantastique.

Dufour - Entends la nuit - Les Chroniques de l'Imaginaire
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Prix Graham Masterton 2019, catégorie roman francophone

Après plusieurs années à Amsterdam à vivre dans des squats et à gagner sa vie en jonglant littéralement avec le feu, Myriame rentre à Paris. Elle vient de décrocher un CDD de chargée de veille à la Zuidertoren, près de Bercy, et revient temporairement vivre chez sa mère au chômage.
Son quotidien est loin d’être de tout repos. L’appartement est minuscule et sa mère sans le sou. Comme si cela ne suffisait pas, Myriame est payée une misère. La Zuidertoren semble s’appuyer beaucoup trop sur des jeunes en CDD, corvéables à merci, espionnés en permanence par des webcams. 

La vie de la jeune femme se complique davantage lorsqu’elle fait la connaissance, par webcam interposée, d’un beau jeune homme nommé Vane et qu’elle réalise qu’il n’est sans doute pas entièrement humain.

Catherine Dufour signe ici un roman captivant, qui joue avec les codes de la romance fantastique. Sans trop en dévoiler, la mystérieuse nature de Vane change agréablement du folklore qu’on nous sert habituellement dans ce genre de récit. De plus, elle permet d’ancrer le récit dans un Paris à la fois contemporain et énigmatique, qu’on apprécie de découvrir à travers les yeux de la protagoniste. J’ai adoré voir les personnages évoluer dans cette capitale hantée. J'en profite pour toucher un mot de la couverture, réalisée par Aurélien Police, parfaitement appropriée à cet ouvrage !

Myriame n’est pas non plus une héroïne typique et ne cache pas son attirance surtout physique pour Vane. Je n’ai en revanche vraiment pas accroché à sa personnalité et cette impression s’est renforcée à mesure du récit. J’ai notamment eu l’impression qu’elle se plaignait beaucoup de sa condition, pas si dramatique, et ce d’autant plus que je me suis trouvée exactement dans son cas il y a quelques années. Même avec un petit salaire, avoir un travail et un appartement à Paris, c’est un bon départ quand on n’a pas d’expérience. J’aurais aimé dire qu’on était face à une héroïne moderne et indépendante mais on peut surtout la qualifier d’arriviste. Ceci dit, je me suis demandé si ce n’était pas pour partie un choix de l’auteure car aucun personnage n’est entièrement noir ou blanc dans ce roman. Vane est également un personnage ambigu même si j'ai ressenti davantage de compassion pour son sort.

Le dénouement n’est pas totalement inattendu mais il pourra surprendre les lecteurs habituels des romances fantastiques. 

Je vous conseille en tout cas fortement le voyage !


Lucie, le 04/03/2019 09:08
Publié le 1 avril 2019

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