Le racisme est au cœur de l’histoire bien sûr, mais il est aussi question d’endoctrinement, de terrorisme et de toutes ces plaies qui incite à la haine de l’autre… Sans pour autant être moralisateur bien sûr. Si je vous dis que je vous recommande le roman, vous êtes surpris ?

Fantastinet
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Il fût un temps, plutôt lointain, où la Terre était habitée par des créatures féeriques et par Dieu et Son armée d’Anges et bien sûr de Démons pour contrebalancer tout cela. Mais Il décida de partir, et la Terre se vida donc d’une grande partie des créatures magiques et de toute la cohorte angélique / démoniaque… Mais pas totalement, car comme sur chaque départ en vacances, il reste toujours un petit quelque chose sur le bord de la route.

Comme vous vous en doutez, différentes créatures existent parmi celles-ci, l’ograin n’est pas le plus intéressant : rien ne le rend particulier, et dès le départ il va devoir se battre pour survivre, pouvant être facilement la victime des facéties des elfes par exemple.

L’ograin n’a ni crocs ni griffes pour attaquer, ni poils ni plumes pour se protéger, il court comme une bûche, il a l’odorat d’une écuelle, l’ouïe d’un fromage, et il va falloir que vous surviviez quand même tout seul dans la cambrousse !

Mais aller savoir comment, les Ograins ont réussi à prendre le pas sur les autres créatures et mettant notamment à l’écart les lutins tout en essayant de les exploiter. Les ograins sont devenus immensément riches mais pour pouvoir persister dans le cumul des bénéfices qui ne manqueront pas d’assurer la persistance de l’espèce, Havecoque VI, banquier est prêt à tout.

Et ce tout engloble même une volonté de créer sa propre guerre afin de s’assurer la persistance de revenus confortables. Et quoi de plus facile que de cibler une population, la plus pauvre cela va de soit, pour en faire le bouc émissaire de tout ce qui va mal dans la société. Vous savez, ces pauvres qui profitent du dur labeur des autres et qui sont tellement différents qu’ils ne peuvent pas nous comprendre. Et ainsi font-ils, en profitant même – tout bénéfice étant intéressant – pour armer les deux côtés…

Le nous se passait de traduction. Tous les nous savaient ce que nous signifiait et ça suffisait. Ces gens-là n’avaient pas à s’en mêler. Géographiquement, nous englobait les habitants des hauteurs de Scrougne et excluait le reste de la planète avec la conviction d’un coffre-fort.

Bien entendu, comme vous connaissez bien Catherine Dufour, derrière les lutins, ograins et autres elfes se cachent bien plus qu’une simple oeuvre de fantasy humoristique… D’ailleurs, l’humour est noir et grinçant, cynique et Danse avec les lutins ne renvoie pas directement au précédent cycle Quand les Dieux buvaient : elle nous montre toute la stupidité de notre monde, devenu fou… Le racisme est au cœur de l’histoire bien sûr, mais il est aussi question d’endoctrinement, de terrorisme et de toutes ces plaies qui incite à la haine de l’autre… Sans pour autant être moralisateur bien sûr.

Si je vous dis que je vous recommande le roman, vous êtes surpris ?

Allan Dujiperou - Fantastinet

Publié le 29 juillet 2019

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