Plaguers La Terre est épuisée écologiquement, les animaux se sont éteints et l’air est à peine respirable. Seul atout de l’humanité : les réacteurs Alyscamps qui puisent l’énergie dans les dimensions non exprimées de la réalité. Dans ce monde les adolescents sont victimes d’une étrange maladie, la Plaie, qui les rend capables de créer ex nihilo, semble-t-il, toutes sortes de créatures, voire de commander aux éléments. Le monde les rejette. Quentin est un Plaguer, sous ses pieds jaillissent des sources (…) Illya, fait fleurir les orchidées partout où elle passe. Ils se rencontrent lors de leur incarcération dans la Réserve parisienne… Ce superbe roman « mille-feuilles » se lit à bien des niveaux. De prime abord, c’est une fable écologiste et humaniste qui pourfend notre bêtise et nous montre un avenir proche peu glorieux – l’intrigue se déroule en région parisienne, et on visualise sans peine la déliquescence des infrastructures et les dégâts de la pollution atmosphérique – où l’on voit la haine ordinaire s’exercer à l’encontre de ces adolescents aux pouvoirs étonnants, en un rappel terrifiant du fait que l’humain déteste souvent ce qu’il ne peut comprendre et détruit sans réfléchir ce qui pourrait le sauver. Il retrace notre universelle quête d’identité avec le personnage d’Ilya (qui a quelque chose de la sublime Strella) et celui de Quentin que l’on suit dans son apprentissage sentimental et ses doutes. Les personnages sont très attachants, et les relations qu’ils nouent au fil des pages rappellent la puissance de ces amitiés « à la vie à la mort » que l’on peut vivre parfois. Dans cet univers très sombre, l’humanité semble toucher à sa fin, de par son propre aveuglement ; toutefois, tout comme la Réserve où sont parqués les Plaguers paraît d’abord être une prison avant de se révéler êre une oasis, elle porte peut-être en elle l’évolution nécessaire à sa survie – voire à une vie meilleure. Un peu comme le mot grec « pharmako » désigne à la fois le poison et le remède. Un roman puissant, très fort, servi qui plus est par une couverture efficace et dont la profondeur se révèle, une fois encore, au fil de la lecture.   À l'ombre des nénuphars

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Plaguers

La Terre est épuisée écologiquement, les animaux se sont éteints et l’air est à peine respirable. Seul atout de l’humanité : les réacteurs Alyscamps qui puisent l’énergie dans les dimensions non exprimées de la réalité.
Dans ce monde les adolescents sont victimes d’une étrange maladie, la Plaie, qui les rend capables de créer ex nihilo, semble-t-il, toutes sortes de créatures, voire de commander aux éléments. Le monde les rejette.

Quentin est un Plaguer, sous ses pieds jaillissent des sources (…) Illya, fait fleurir les orchidées partout où elle passe. Ils se rencontrent lors de leur incarcération dans la Réserve parisienne…

Ce superbe roman « mille-feuilles » se lit à bien des niveaux. De prime abord, c’est une fable écologiste et humaniste qui pourfend notre bêtise et nous montre un avenir proche peu glorieux – l’intrigue se déroule en région parisienne, et on visualise sans peine la déliquescence des infrastructures et les dégâts de la pollution atmosphérique – où l’on voit la haine ordinaire s’exercer à l’encontre de ces adolescents aux pouvoirs étonnants, en un rappel terrifiant du fait que l’humain déteste souvent ce qu’il ne peut comprendre et détruit sans réfléchir ce qui pourrait le sauver.
Il retrace notre universelle quête d’identité avec le personnage d’Ilya (qui a quelque chose de la sublime Strella) et celui de Quentin que l’on suit dans son apprentissage sentimental et ses doutes. Les personnages sont très attachants, et les relations qu’ils nouent au fil des pages rappellent la puissance de ces amitiés « à la vie à la mort » que l’on peut vivre parfois.
Dans cet univers très sombre, l’humanité semble toucher à sa fin, de par son propre aveuglement ; toutefois, tout comme la Réserve où sont parqués les Plaguers paraît d’abord être une prison avant de se révéler êre une oasis, elle porte peut-être en elle l’évolution nécessaire à sa survie – voire à une vie meilleure. Un peu comme le mot grec « pharmako » désigne à la fois le poison et le remède.
Un roman puissant, très fort, servi qui plus est par une couverture efficace et dont la profondeur se révèle, une fois encore, au fil de la lecture.

 

À l'ombre des nénuphars

Publié le 18 mars 2014

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