Les ténèbres du métro parisien ne m’auront jamais semblé aussi vivantes, alors même que je ne peux le prendre en ce moment, confinement oblige. Ce " Rive gauche " m’a clairement donné envie de découvrir la suite des aventures du métro parisien post-apocalyptique et je vais me jeter sur " Rive droite " dès sa sortie !

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L’univers de Metro 2033, créé par Dmitri Glukhovsky et révélé en France par les Éditions l’Atalante a connu un succès mondial. Après Metro 2033, Metro 2034, Metro 2035, par l’auteur originel, un certain nombre d’émules ont vu le jour partout dans le monde (Vers la Lumière et Vers les Ténèbres d’Anton Dyakov, y compris de manière vidéo-ludique. Et pour la France c’est Pierre Bordage, l’un de nos auteurs de SF les plus connus, qui s’est mis à parcourir cet univers où pour fuir la guerre nucléaire la population s’est réfugiée dans les tunnels du métro. Une ballade franchement étonnante et qui m’a profondément séduit.

Le début du roman a pour moi été extrêmement difficile. En effet j’étais habitué au style et à l’univers russe développé par Glukhovsky et donc découvrir une version française m’a dérouté. J'ai eu du mal à m’intégrer à l’histoire sur les premiers chapitres, et pourtant tout a pris son sens assez rapidement et au fil des pages je me suis pris au jeu. On suit les péripéties d’un certain nombre de personnages étonnantes : Madone, Juss, Plaisance, Aube, Roy, le pasteur, le tout dans un métro parisien réduit uniquement à sa rive gauche. On y retrouve des statiopées (regroupements de stations) très puissantes et d’autres plus indépendantes, le tout au cœur des ténèbres. Pierre Bordage parvient à retranscrire à merveilles tout un environnement géopolitique avec des stations puissantes et d’autres plus soumises, dans lesquelles vont évoluer nos protagonistes.

L’auteur réussi sans conteste la création de ses personnages. J’ai une affection toute particulière pour Juss et Plaisance, qui vont avoir un destin assez particulier, que le second tome à venir, Rive droite, devrait éclaircir. Aube a aussi un profil assez particulier qui m’a plu. Madone est un autre des personnages féminins très forts de ce roman même si je me suis moins investi émotionnellement avec cette utopiste politique qui tente de faire avancer son projet de confédération de stations. De même le pasteur d’Élévation et son secrétaire, illuminés politiques qui veulent la main mise sur Rive gauche. Chaque protagoniste a finalement sa place dans la grande trame des stations et dans l’histoire qui nous est contée, leurs destins s’entrecroisant.

Du point de vue du style Pierre Bordage nous étonne également, notamment au niveau de ses dialogues, gérant les niveaux de langages de ses personnages avec une facilité étonnante. Ses descriptions du métro parisien, de son obscurité et de son obscurantisme sont juste impeccables de bout en bout. Ce n’est pas pour rien qu’il s’agit de l’une des plus grandes plumes françaises !

Malgré ma surprise du début du roman, je dois dire que j’ai ensuite été séduit par ce roman de bout en bout. Pierre Bordage nous propose un grand roman, dans un univers tout aussi prenant et immersif. Les ténèbres du métro parisien ne m’auront jamais semblé aussi vivantes, alors même que je ne peux le prendre en ce moment, confinement oblige. Ce Rive gauche m’a clairement donné envie de découvrir la suite des aventures du métro parisien post-apocalyptique et je vais me jeter sur Rive droite dès sa sortie !

Publié le 28 avril 2020

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