Au pays des Cave Trolls
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L’histoire prend place dans un monde futuriste où l’humanité a établi des colonies sur d’autres planètes. Mais l’expansion ne se passe pas facilement et des races extra-terrestres menacent les colonies humaines. Afin d’assurer la sécurité de ces colonies, il existe les forces de défenses coloniales. Pour entrer dans ces forces de défense, il y a un âge minimum: 75 ans! Cela peut paraitre étrange voire absurde. Et pourtant, il y a une logique: l’expérience des personnes âgées est cruciale. Pour l’aspect physique, tout est question de technologie et une nouvelle existence s’offre ainsi à tout volontaire pour partir sur les champs de bataille.

Parmi ces volontaires se trouve John Perry, veuf qui vient de fêter son soixante quinzième anniversaire. Il ne sait pas vraiment ce qui l’attend ni comment il va pouvoir intégrer les forces de défenses coloniales mais il est lassé de sa vie, seul sans sa femme. John est le personnage principal et le narrateur du roman, raconté à la première personne. Le lecteur est ainsi au plus près du récit et connait tout des sentiments et sensations de John.

Le roman offre un univers de Space Opera musclé avec beaucoup d’actions, de suspense, d’adrénaline et de spectaculaire. On ne s’y ennuie pas une seconde. Cela rappelle un peu Starship Troopers par moments, avec une guerre contre des extra-terrestres très puissants et très variés. L’auteur a pris soin de développer les races extra-terrestres, les moyens de voyager dans l’espace, les biotechnologies utilisées et les moyens d’améliorer les hommes. Tout cela de manière cohérente et sans assommer son lecteur. L’expansion humaine est expliquée, elle est liée à la survie des colonies et de l’humanité. L’aspect militaire est bien là, avec entrainement, combats, hiérarchie, tout ce qu’on peut attendre du genre.

Pourtant, même s’il est très réussi, ce n’est pas ce côté qui donne tout son sel au roman. L’histoire contient une bonne part de réflexion sur de nombreux thèmes: le transhumanisme, la guerre, la vie, la mort, l’amour, ce que les hommes sont prêts à faire pour vivre plus longtemps. Les qualités narratives du roman sont exceptionnelles, John Scalzi sans sacrifier à l’action développe des thématiques fortes sur ce qui définit l’être humain, sur la colonisation et les relations avec les autres espèces. Toutes ces thématiques font réfléchir le lecteur sur les questions d’éthique et d’existence. Le récit parvient à alterner avec brio les moments d’actions plus intenses et les moments plus légers de la vie courante.

Autre grande réussite de ce roman : ses personnages et son narrateur. John Scalzi a conçu des personnages crédibles, n’oubliant jamais que ce sont des personnes âgées, qui ont eu une vie avant la guerre. Ils ont ainsi un ressenti totalement différent d’une personne jeune et cela transparait très bien. Le personnage de John Perry est au centre du récit, on le suit depuis son enrôlement. C’est un personnage vraiment très réussi, intelligent, juste, humain, émouvant. Il porte l’histoire à bout de bras et apporte beaucoup d’émotions au roman. Le fait que le récit soit raconté par lui à la première personne fait osciller le ton entre désabusement, humour, grandeur, et émotions. Le style de l’auteur est très fluide et visuel nous entrainant facilement dans cet univers.

Le Vieil Homme et la Guerre est pour moi une grande réussite, un roman mêlant habilement actions, sentiments et réflexion. Je vais très certainement poursuivre ma découverte de cet univers avec les autres romans du cycle, et ma découverte de cet auteur.

Publié le 4 septembre 2019

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