Un prolongement du roman de Mary Shelley, passionnant, brillant... et surtout trop court !

Heliot - Frankenstein 1918 - Lanfeust Mag

Des troupes de « non-nés » dans les troupes britanniques...
Après des années de combat, la première guerre mondiale a été gagnée par les Prussiens en 1933. Le chancelier Göring occupe toute l’Europe, et le sud de l’Angleterre est invivable depuis que s’est abattue l’ère hivernale suite aux bombardements allemands. Dans les années soixante, un jeune universitaire français découvre les mémoires de Winston Churchill, obscur politicien anglais, qui aurait échafaudé un plan pour gagner la guerre dès le début du conflit : utiliser les travaux d’un certain Victor Frankenstein, scientifique de la fin du XVIIIe siècle, pour créer une armée de « non-nés ». Mais ce n’est rien comparé au journal du soldat au matricule 15-006, surnommé Victor, le premier non-né viable créé par les anglais en 1915...

Dans ces temps où l’uchronie est à la mode, Johan Heliot en est peut-être le plus brillant pourvoyeur. D’une idée toute simple, il construit une uchronie originale (sans nazi) avec une narration osée : nous donner le résultat catastrophique de la première guerre pour nous révéler au fur et à mesure de l’histoire les raisons de cet échec. Si le récit est un peu laborieux durant les premiers chapitres, il décolle quand on arrive au point de vue de Victor, le premier « non-né », sur lequel repose l’enjeu de la guerre. Heliot développe ainsi un point de vue anti-militariste, où on ne justifie pas les moyens, s’ils sont odieux, pour arriver à ses fins et sur la noirceur de l’âme humaine qui joue à Dieu et
n’hésite pas à jeter ses jouets.
Un prolongement du roman de Mary Shelley, passionnant, brillant... et surtout trop court !

- Loïc Nicoloff et Lyla Calypso, novembre 2018.

Publié le 6 novembre 2018

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