Certains récits feront penser à de la fantasy, d'autres sont résolument SF et le fantastique n'est parfois pas si éloigné. En bref, tous les lecteurs de l'imaginaire devraient y trouver leur compte.

Le chien critique
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On entre de suite dans le coeur du sujet avec le premier chapitre qui présente l'univers via un tapissier. Une fin plus que glaçante qui donne envie d'en savoir plus sur cette coutume millénaire et ancestrale. Coutume ancrée au plus profond des habitants, vouant un culte à cet empereur lointain dont la mort signifierait la mort des étoiles elle même. Car l'Empereur est comme "dieu, comme le créateur et le gardien de l'univers", il est le "maître des éléments et des astres".
 
Au fil des chapitres dédiés chacun à un personnage et à un métier différent, nous prenons connaissance de ce monde, de ses coutumes, de sa structure sociale, de son histoire, le tout sans aucune lourdeur. Car ce roman n'est pas tout à fait un roman, tout en l'étant à la fois, il s'agit ici plus d'une succession de récit de vie tournant autour de ces fameux tapis de cheveux. Nous recroiserons parfois certains personnages au fil de l'intrigue. Mais quoi de plus naturel que cette construction qui fait le parallèle avec la fabrication d'un tapis, fil après fil. Les fils de la vie des personnages se mêlent, se démêlent et s’entremêlent pour un final éblouissant et étourdissant.
 
L'écheveau de fil se résout peu à peu, mais amenant toujours plus de mystères jusqu'à la révélation finale. Qu'en est-il de cet empereur voulant couvrir son palais de ces fameux tapis de cheveux ? Pourquoi ce rite étrange courant depuis des millénaires ?
L'émotion est présente dans le livre, les personnages ayant leur quotas d'histoires qui finissent souvent mal. Tel ce chapitre 14 : Le palais des larmes, une des révélations atroces de ce roman dont est tiré l'illustration de couverture de l'édition poche. D'autres chapitres sont poignants, contrebalancé, parfois, par de subtiles touches d'humour ou de dérision. Les thématiques tournent autour du pouvoir absolu et de son incidence sur la vie de celle qu'elle tend à gouverner, asservir. Politique, despotisme, religion, contrôle des masses et absurdité de la vie.
Certains récits feront penser à de la fantasy, d'autres sont résolument SF et le fantastique n'est parfois pas si éloigné. En bref, tous les lecteurs de l'imaginaire devraient y trouver leur compte.
Publié le 10 septembre 2020

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