Tout d’abord, c’est de la science-fiction militaire pure et dure. On va vous parler de mouvements de flotte, de niveau de carburant et de munitions. Mais le plus gros effort de l’auteur a été de le rendre le plus réaliste possible. J’entends par là qu’il a réfléchi à ce que des vitesses proches ou au-delà de la vitesse de la lumière signifient en terme de vision, que les phases d’accélération ont des influences sur la perception des instruments de mesure  et (pour les plus pointilleux d’entre vous) on a réellement l’impression de voir évoluer une flotte en trois dimensions. A côté  de cet éventail technique s’ajoutent de nombreux personnages qui apportent tous quelque chose au récit, même si c’est parfois un peu pataud. Je pense par exemple au personnage de la politicienne qui n’y comprend rien en termes de stratégie et qui permet à l’auteur de s’épancher sur tel ou tel aspect du combat spatial. Le personnage principal est extrêmement intéressant puisqu’il est en constante compétition avec la figure héroïque et quasi-mythique que l’histoire a retenu de lui et qu’il en vient à détester. Il doit aussi gérer une adulation aveugle de la part d’une partie de la flotte, un respect durement gagné de la part d’une autre et une haine profonde pour une troisième. Enfin, Campbell pose une question très simple : comment peut évoluer une société en guerre depuis plus d’un siècle ? Les officiers et marins que récupère Geary n’ont plus que leur courage pour aller se battre. La moindre notion de stratégie est sacrifiée au profit d’une glorieuse charge vers une mort certaine. Les tactiques de combat se résument à : « on amasse une quantité x de vaisseaux, on les regroupe et on charge tout droit en espérant que ça passe. ». La guerre continue ne permet pas de former complètement les recrues et beaucoup d’entre elles ne survivent pas à leur première affectation. Les équipages n’ont pas le temps de s’acclimater à leurs bâtiments, ainsi de suite, et c’est la même chose des deux côtés. Geary doit donc leur réapprendre à se battre de manière intelligente et leur rappeler que la barbarie n’est pas une solution viable. Les deux sociétés étaient en effet sur la pente descendante du : « s’ils le font, pourquoi pas nous. ». Cela passe par exemple par la non destruction des cibles civiles et le pillage du strict nécessaire. Le besoin en ravitaillement donne d’ailleurs lieu à une scène cocasse : après avoir ravitaillé ses vaisseaux, Geary se rend compte que ça ne suffit pas. Quand il demande à l’ingénieur en charge, ce dernier lui répond que les flottes ne sont pas censées conserver autant de vaisseaux suite à des engagements de grande ampleur… Conclusion : "La Flotte Perdue" est un très bon cycle de SF militaire qui saura contenter les plus exigeants d’entre vous. Moridin, repub33k.fr

Campbell - La Flotte perdue - repub33k.fr

Tout d’abord, c’est de la science-fiction militaire pure et dure. On va vous parler de mouvements de flotte, de niveau de carburant et de munitions. Mais le plus gros effort de l’auteur a été de le rendre le plus réaliste possible. J’entends par là qu’il a réfléchi à ce que des vitesses proches ou au-delà de la vitesse de la lumière signifient en terme de vision, que les phases d’accélération ont des influences sur la perception des instruments de mesure  et (pour les plus pointilleux d’entre vous) on a réellement l’impression de voir évoluer une flotte en trois dimensions.

A côté  de cet éventail technique s’ajoutent de nombreux personnages qui apportent tous quelque chose au récit, même si c’est parfois un peu pataud. Je pense par exemple au personnage de la politicienne qui n’y comprend rien en termes de stratégie et qui permet à l’auteur de s’épancher sur tel ou tel aspect du combat spatial. Le personnage principal est extrêmement intéressant puisqu’il est en constante compétition avec la figure héroïque et quasi-mythique que l’histoire a retenu de lui et qu’il en vient à détester. Il doit aussi gérer une adulation aveugle de la part d’une partie de la flotte, un respect durement gagné de la part d’une autre et une haine profonde pour une troisième.

Enfin, Campbell pose une question très simple : comment peut évoluer une société en guerre depuis plus d’un siècle ? Les officiers et marins que récupère Geary n’ont plus que leur courage pour aller se battre. La moindre notion de stratégie est sacrifiée au profit d’une glorieuse charge vers une mort certaine. Les tactiques de combat se résument à : « on amasse une quantité x de vaisseaux, on les regroupe et on charge tout droit en espérant que ça passe. ». La guerre continue ne permet pas de former complètement les recrues et beaucoup d’entre elles ne survivent pas à leur première affectation. Les équipages n’ont pas le temps de s’acclimater à leurs bâtiments, ainsi de suite, et c’est la même chose des deux côtés. Geary doit donc leur réapprendre à se battre de manière intelligente et leur rappeler que la barbarie n’est pas une solution viable. Les deux sociétés étaient en effet sur la pente descendante du : « s’ils le font, pourquoi pas nous. ». Cela passe par exemple par la non destruction des cibles civiles et le pillage du strict nécessaire. Le besoin en ravitaillement donne d’ailleurs lieu à une scène cocasse : après avoir ravitaillé ses vaisseaux, Geary se rend compte que ça ne suffit pas. Quand il demande à l’ingénieur en charge, ce dernier lui répond que les flottes ne sont pas censées conserver autant de vaisseaux suite à des engagements de grande ampleur…

 

Conclusion : "La Flotte Perdue" est un très bon cycle de SF militaire qui saura contenter les plus exigeants d’entre vous.

Moridin, repub33k.fr

Publié le 27 janvier 2015

à propos de la même œuvre