Quand certains aiment snacker un Kinder, d'autres préfèrent croquer leur date Tinder.
Court format qui fait sortir de la zone de confort dans la manière dont elle prend parti, cette novella a été un moment assez drôle et étrange.
Le roman aurait pu se contenter de son concept complètement WTF, mais l'auteurice s'en sert surtout pour observer notre espèce, décrypter nos codes, nos habitudes, notre obsession pour les apparences et surtout notre manière de ranger les individus dans des cases.
Homme, femme, séduisant, repoussant… tout doit être immédiatement identifiable.
J'ai beaucoup aimé ce regard extérieur posé sur nous et le prisme si particulier des attentes de tout à chacun, lors des fameux "dates", durant lesquels Mumu tente de s'y plier du mieux possible, effet miroir des dynamiques de pouvoir qu'iel utilise pour parvenir à ses fins.
Cela rend Mumu à la fois fascinant·e, agaçant·e mais aussi très peu recommandable.
Pas évident d'avoir de l'empathie pour iel, et pourtant, ses réflexions sur la solitude, l'identité, ses difficultés à habiter notre monde, à évoluer dans un environnement inadapté à sa morphologie, en font une métaphore et une représentation forte des personnes marginalisées.
Et puis il y a le body horror.
Le roman ne cherche pas à nous ménager.
Certaines scènes sont crues, gores et très malaisantes.
Mais cette démesure colle parfaitement au ton du livre, qui oscille constamment entre grotesque, absurde et inquiétant. [...]
Un texte qui parle finalement de ce que signifie habiter un corps différent, qui parle des dangers des stéréotypes, surtout dans le contexte Sud Coréen, dans lequel évolue l'auteurice, où la standardisation de l'apparence touche au paroxysme.
C'est court, original, bizarre facile à lire et c'est une lecture qui ne sera pas faite pour tout le monde !