La série de l’Interdépendance est un parfait divertissement qui se dévore, avec un second tome encore meilleur et plus addictif que le premier.

Au pays des cave trolls
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Ce second tome de la série L’interdépendance de John Scalzi était très attendu tant le premier, L’effondrement de l’empire, avait tout pour séduire. La plume fluide de l’auteur entraînait facilement le lecteur dans son univers de space-opera, donnant un roman bourré d’actions et sans temps morts. Ce premier tome a d’ailleurs reçu en 2018 le prix Locus du meilleur roman de science-fiction. Le second tome d’une trilogie est un passage difficile, et pourtant John Scalzi s’en tire avec les honneurs.

L’interdépendance est un réseau de 48 systèmes peuplés par les humains qui ont depuis longtemps quitté leur terre natale. Le contact avec la terre a été perdu depuis très longtemps. Ces systèmes sont gouvernés par un Emperox. Toutes les planètes sont reliées entre elles par ce qu’on appelle le Flux. Ce dernier est vital à l’Interdépendance car il permet de voyager très vite entre les différentes planètes. Grace à lui, le commerce est possible entre les mondes qui sont ainsi viables. Sur quasiment toutes les planètes sauf une les gens vivent dans des villes sous dômes créées pour les besoins humains, et alimentées grâce aux voyages spatiaux permis par le Flux. La seule planète ayant les conditions ambiantes compatible avec le vie humaine est le Bout, appelée ainsi car elle est au bout du système. L’Emperox venant de mourir, sa fille Cardenia est appelée à lui succéder. Cardenia n’était pas destinée à régner, mais elle l’est devenue en tant que seule héritière suite à la mort de son frère aîné. Elle n’a pas été formée pour cela, et ne connait pas grand chose en politique, ce qui lui attire de nombreux ennemis. C’est alors qu’un événement majeur se produit: le Flux montre des signes de faiblesse et menace de s’effondrer. La situation de l’empire, dont le siège se trouve au centre des voies du Flux, demande alors de trouver des solutions viables rapidement.

 

Le règne de Griselda (nom de règne de Cardenia) commence ainsi sous de funestes auspices. Elle doit faire face à l’effondrement prévu du flux ainsi qu’aux différents complots qui la visent directement. De nombreux nobles ont en effet le sentiment qu’elle n’est pas à la hauteur de la situation, et intriguent en coulisse pour prendre la place de l’Emperox. Cependant, Cardenia ne compte pas se laisser faire comme ça et elle révèle avoir eu des visions mystiques concernant l’avenir et le Flux. Elle prend modèle sur la toute première Emperox qui s’appelait Griselda, et qui était à l’origine de la création de l’Interdépendance. Cardenia évolue beaucoup dans ce second tome, alors qu’elle apparaissait comme subissant la situation et se retrouvant à un poste qu’elle n’avait pas désiré tout au long du premier tome. Mais elle gagne peu à peu confiance en elle. C’est un personnage vraiment bien construit, surprenante, attachante, très intelligente. Elle va se révéler digne de son poste et pourra compter sur l’aide de Kiva Lagos qui est devenue son alliée au cours du premier tome. Kiva Lagos est un personnage très intéressant, fort, libre, moderne.

Parmi les opposants de Griselda se trouve la famille Nahomapetan avec à sa tête la Comtesse Nahomapetan. Celle-ci est la reine des manipulatrices et rêve de détrôner Griselda. Elle est prête à tout pour arriver à ses fins, à utiliser sa famille, à tuer même s’il le faut. Les complots et intrigues de cour sont au cœur de ce roman et on prend un réel plaisir à les suivre.

Parmi les autres protagonistes du récit, Marce Claremont, le scientifique dont le père avait prévu l’effondrement du flux, prend plus d’importance dans ce tome. Il va être à l’origine de beaucoup de découvertes en se rendant sur une planète dont l’histoire va devenir cruciale pour la compréhension du passé de l’univers. Ces différents événements sont l’occasion pour John Scalzi d’aborder la thématique de la mémoire des civilisations tout en étoffant le monde qu’il a créé. De plus, ces éléments donnent une nouvelle orientation à l’intrigue principale et aiguisent la curiosité du lecteur. L’action est omniprésente dans ce roman, et on tourne les pages sans s’en rendre compte. John Scalzi créé une vrai tension dramatique, les nouvelles découvertes apportant leur lot de nouvelles questions. Les personnages évoluent également face à tout ce qui leur arrive. Certains passages sont absolument jubilatoires à lire.

Les flammes de l’empire est ainsi un formidable roman, dynamisant une intrigue déjà fort intéressante. La série de l’Interdépendance est un parfait divertissement qui se dévore, avec un second tome encore meilleur et plus addictif que le premier. Un seul mot à dire : où est la suite !

Publié le 20 mars 2020

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