Glukhovsky - Metro 2033 - L'Écran fantastique.
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La surface irradiée, les Moscovites terrés dans les couloirs du métro ont organisé de nouveaux territoires antagonistes entre eux, commerciaux comme l'agneau que dessinent les stations de la Halde, mystiques ou sectaires, idéologiques comme les néo-nazis du IV° Reich ou l'interstationale de la Confédération 1905. On y cultive les champignons, élève le cochon, récupérant parfois à la surface abondonée aux mutants, animaux et humains, des objets revendus sur les marchés noirs.

Parcourus à pied ou en draisine, les couloirs sont d'autant plus dangereux qu'outre les menaces bien réelles, agresseurs divers, mutants, radioactivité, dangers biologiques voire psychiques quand des hallucinations altèrent le jugement, ils sont l'objet de rumeurs urbaines qui les peuplent de rats géants, fantômes, extraterrestres et anciens dieux comme le ver géant. Chargé de se rendre à Polis, ensemble de stations ayant préservé le savoir, pour avertir du danger que font courir des mutants s'engouffrant à VDNKh, le jeune Artyom effectue un périple permettant de voir ce qui subsiste ce qui reste de l'humanité, ce qui fait de ce thriller haletant ponctué de réflexions philosophiques et sociales un grand roman tout court.

Métaphore d'une société en bout de course, cet univers souterrain est suffisamment glauque pour être devenu d'emblée un jeu vidéo pour permettre à chacun de tenter à son tour la traversée. Tout simplement excellent !

Claude Ecken

Publié le 3 août 2010

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