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Le Fleuve céleste Guy Gavriel Kay
Le Fleuve céleste
Guy Gavriel Kay
Date de parution 21 novembre 2016
Des milliards de tapis de cheveux Andreas Eschbach
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Andreas Eschbach
Date de parution 21 novembre 2016
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Date de parution 21 novembre 2016
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Date de parution 20 octobre 2016
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L'Artefact Jamie Sawyer
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Date de parution 23 février 2017
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  • REVUE DE PRESSE

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Kay - Le fleuve céleste - Boudicca
Posté 30 novembre 2016 -
On connaît la propension de Guy Gavriel Kay à s’inspirer de périodes et de personnages historiques bien spécifiques pour en proposer une nouvelle interprétation teintée de surnaturelle : Les lions d’Al-Rassan rappelait la Reconquista espagnole, La mosaïque de Sarrance l’Empire Romain d’Orient sous Justinien, et plus récemment Les chevaux célestes évoquaient la Chine sous la dynastie des Tangs. On retrouve le même décor avec plusieurs siècles d’écart dans Le fleuve céleste, dernier roman en date de l’auteur qui choisit ici de se consacrer à la chute de la dynastie Song au XIIe siècle après J.-C. Il est bien loin, le temps où la Kitai régnait sur un empire incontesté et dont le rayonnement s’étendait bien au delà des frontières du pays. En dépit de sa culture extrêmement sophistiquée, de la complexité de son administration, et de la beauté de ses poèmes, de ses jardins ou de ses chansons, l’empire se révèle incapable de tenir tête sur le plan militaire aux divisées mais ambitieuses tribus des steppes qui s’agitent dans les territoires du nord. Un contexte préoccupant qui va cela dit permettre à deux personnes de se révéler : la première est un jeune bandit appelé à devenir le plus grand général de l’empire ; la seconde est une jeune femme bien née, élevée de manière peu conventionnelle, dont les poèmes et le tempérament charment ou exaspèrent les membres du clan impérial. « On croyait suivre le fil convenu de son existence et il se produisait un bouleversement soudain, après quoi on comprenait qu’elle venait en réalité de commencer. A l’instant. Tout ce qu’il avait vécu avant cette nuit était devenu pour lui comme un prélude, les notes égrenées sur un pipa pour l’accorder et s’assurer qu’il fut prêt pour la chanson à venir. »

Guy Gavriel Kay offre une fois encore une galerie de portraits saisissants, certains purs fruits de son imagination, d’autres fortement inspirés de personnalités de l’époque : Lin-Shan rappelle ainsi la poétesse Li Qingzhao, Ren Daiyan le célèbre général Yue Fei… Mais ce qui marque surtout le lecteur, c’est le soin apporté par l’auteur aux « figurants », ces personnages secondaires qu’on aperçoit en toile de fond tout au long du roman ou bien qui disparaissent brutalement au bout d’une ou deux pages. Pour chacun d’eux, Guy Gavriel Kay élabore un passé, détaille le caractère, les rêves, les blessures, bref, leur donne une véritable consistance qui émeut le lecteur, alors pleinement conscient que ces personnages gravitant autour des héros ne sont pas de simples hommes de paille mais des êtres à part entière sur lesquels le récit aurait tout aussi bien pu se focaliser. Et le génie de l’auteur ne s’arrête pas là, le cadre se révélant lui aussi minutieusement travaillé. Par le biais d’extraits ou de variations de poèmes préexistants, des réflexions formulées par les personnages sur l’art de la calligraphie, sans oublier les scènes témoignant d’un mode de vie et d’une philosophie tournés vers la recherche de l’harmonie, c’est toute une civilisation qui prend vie sous nos yeux, dans toute sa complexité et avec toutes les contradictions que cela implique. La plume de l’auteur y est évidemment pour beaucoup, la beauté de celle-ci résidant dans ce qu’elle laisse entendre mais ne dit pas, rajoutant ainsi à la complexité et à la subtilité de l’ensemble. L’émotion n’en est que plus grande pour le lecteur qui refermera le roman avec, comme souvent chez l’auteur, une profonde mélancolie mais aussi la sensation d’avoir été le témoin privilégié d’une histoire exceptionnelle.

Après Les chevaux célestes, Guy Gavriel Kay s’intéresse cette fois encore à la civilisation chinoise et rend un hommage poignant à la dynastie Song, confrontée ici à un moment charnière de son histoire. Une lecture inoubliable, tant pour l’immersion provoquée par la minutieuse reconstitution de l’époque que pour l’empathie éprouvée pour l’ensemble des protagonistes, et bien sûr pour la poésie de l’ensemble. A lire absolument !

 Boudicca - Le Bibliocosme

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Kay - Le fleuve céleste - Apophis
Posté 30 novembre 2016 -

Le tableau amer mais extrêmement émouvant de la fin d’un monde

Le fleuve céleste est la « suite » des Chevaux célestes de Guy Gavriel Kay. Il n’en reprend pas les personnages (étant donné que l’intrigue se déroule trois siècles et demi plus tard) mais l’univers est le même. Après la Chine des Tang, c’est donc celle des Song (du Nord, puis du Sud) qui sert de modèle à l’auteur canadien. Compte tenu de ce saut dans le temps, vous pouvez théoriquement lire ce roman même sans avoir lu le précédent. Toutefois, ce faisant, vous passerez à côté de nombreuses références à la Kitai de la IXe Dynastie, à Wen Jian ou à Sima Zian : cela ne nuit pas à la compréhension, mais appauvrit l’ambiance de chute d’une civilisation jadis grandiose que l’auteur veut installer.

L’Atalante nous propose une très belle édition physique, avec une superbe couverture à rabats, un dramatis personæ et une carte esthétique et fort utile. Il faut savoir qu’aucun scan ou photo sur le net ne rend justice à l’illustration, qui est en réalité d’un vert beaucoup plus beau et intense.

Pour tout ce qui concerne les fondamentaux de l’univers commun aux deux romans et leur auteur, je vous invite à vous reporter à ma critique des Chevaux célestes si besoin. 

(évolution de l’) Univers *

* Jambi, Tool, 2006.

L’auteur commence par faire un tableau de la situation du pays, la Kitai. Si vous n’avez pas lu le roman précédent, vous constaterez « juste » que vous avez affaire à une nation qui a perdu, au cours des derniers siècles, beaucoup de sa gloire passée. Si vous avez lu Les chevaux célestes, en revanche, attendez-vous à un choc : cette Kitai là n’a plus grand-chose à voir avec celle que vous connaissez, elle n’est plus que l’ombre de sa grandeur passée. Xinan est en ruines et n’abrite plus « que » 100 000 habitants au lieu de 2 millions (la Cour s’est déplacée à Hanjin), l’empire voisin du Tagur s’est balkanisé et ne représente plus rien (et surtout pas une menace), la guerre civile a fait 40 millions de morts, les routes de la soie sont perdues (coupées par les barbares), les Kanlin ont disparu corps et biens voilà deux siècles, la Longue Muraille est en ruines, l’Empire verse un tribut aux barbares Xiaolu (traduisez : Mandchous), qui ont ravi à la Kitai quatorze de ses provinces 200 ans auparavant.

Mais le changement est plus profond, plus insidieux : les militaires sont désormais regardés avec une grande méfiance, et la pratique des arts martiaux (au sens large : tir à l’arc, escrime, équitation, etc) découragée. La place des femmes dans la société a radicalement diminué entre les deux romans : elles n’ont plus la liberté de parler, de sortir, de s’habiller comme elles le veulent, et sont regardées, à la Cour, avec une grande méfiance. Il est loin le temps de la superbe Wen Jian, éminence grise aux toilettes magnifiques et extravagantes, embaumant d’un capiteux parfum, indépendante et respectée. D’ailleurs, un symptôme, lourd de sens, ne trompe pas : le Trône du Phénix (principe féminin) a été rebaptisé Trône du Dragon (principe masculin).

Notez que toutes les évolutions n’ont pas été négatives, puisque la technologie a progressé : les livres imprimés existent désormais, ce qui permet une transmission plus facile du savoir… ou des idées subversives.

Au final, le connaisseur de l’oeuvre de Kay se demande si, après avoir fait une version chinoise d’Al-Rassan dans le tome 1, l’auteur ne va pas poursuivre sa logique en nous montrant « le monde d’après » dans le tome 2 . Sauf qu’il y a le deuxième effet Kiss Cool : ce premier effondrement n’était que le prélude à un second, et ce que veut nous montrer Kay, ce sont des individus, un homme et une femme, qui refusent la déliquescence de leur société et veulent lui rendre sa splendeur passée. Malgré tout, Le fleuve céleste s’inscrit dans une thématique récurrente de l’auteur canadien : la fin d’un monde et le début d’un nouveau, vus de près par des acteurs de premier plan des événements.

Un point important à noter, pour ceux qui ne connaissent justement pas les livres du canadien : le surnaturel est très peu présent dans ce roman comme dans la plupart des autres. Quelques fantômes, une femme-renarde (un puissant esprit), et c’est tout. Pas de magie, de dragons, d’orcs, d’elfes ou de nains, rien. A part les noms qui changent (Longue Muraille à la place de Grande Muraille, Kitai au lieu de Chine, etc), c’est quasiment à un roman historique que vous avez affaire.

Personnages

Si vous êtes familier de l’oeuvre de Guy Gavriel Kay, vous ne serez pas surpris par la profondeur psychologique, par le côté extraordinairement vivant des personnages. Si ce n’est pas le cas, préparez-vous à lire un livre comme vous n’en avez jamais vu ! La quatrième de couverture nous apprend que nous suivons les destins de deux personnages : d’abord, Ren Daiyan, fils cadet d’un modeste archiviste d’une sous-préfecture des marches occidentales de la Kitai. Tout jeune, il a fait un serment : reprendre aux barbares les quatorze Préfectures perdues et faire disparaître la menace qu’ils représentent (au passage, les Xiaolu ne sont pas seuls : au nord-ouest, les Kisliks posent aussi problème). Une tâche qui s’annonce compliquée pour un sans-grade de quinze ans, dans une société où le soldat est regardé avec méfiance et la pratique de l’art martial découragée, avec à sa tête un gouvernement qui préfère verser un tribut et faire profil bas plutôt que d’aller donner une leçon aux nomades des steppes. Mais le destin (et les extraordinaires qualités d’archer du jeune homme) va s’en mêler…

Le second personnage principal est Lin Shan (je rappelle que dans la Kitai comme dans les pays asiatiques modernes, Lin -ou Ren- est le nom de famille), une jeune femme qui écrit (avec un grand talent) poèmes et chansons (sans les interpréter, la plupart du temps, elle-même). Pas vraiment belle mais avec un indéfinissable petit quelque chose qui attire l’attention, trop grande et indépendante pour une femme de son temps, et surtout élevée « comme un garçon » (comprenez : tirant -un peu- à l’arc et aspirant à passer les examens pour devenir fonctionnaire), Shan détonne dans cette ère de femmes (qu’on force à être) effacées. Souvent à la limite de l’impertinence (voire du mauvais côté de la frontière), sa conversation (que je trouve être, à titre personnel, la partie la plus séduisante d’une femme) est en revanche un régal pour les lettrés, érudits, et ses collègues poètes.

Lin Shan s’inscrit dans une inébranlable tradition chez Kay : celle de l’artiste. Vous remarquerez que, d’un art ou artisanat à l’autre, ils sont présents dans toute son oeuvre, du moins sur le volet Fantasy Historique.

Les deux personnages ont un évident point commun : celui de se dresser contre les codes que leur impose leur société, à savoir baisser la tête et faire profil bas, contre les Barbares pour Ren Daiyan, contre les hommes pour Lin Shan. Il y a, malgré tout, une différence essentielle entre eux : lui a le sentiment de suivre un chemin tracé par le Destin (ce qui est parfaitement illustré par la scène avec la Daiji, au passage), tandis qu’elle ne veut pas suivre un chemin tracé par d’autres.

Il est important de noter qu’il y a un tas d’autres personnages pas-si-secondaires : trois premiers ministres différents, trois Empereurs, deux frères et leur fils / neveu, un Haut-fonctionnaire qui aura une importance déterminante dans le destin de Ren Daiyan, Zhao Ziji le lieutenant de ce dernier, les chefs des barbares,  et ainsi de suite. Le point de vue va donc souvent alterner (en plus de celui d’un narrateur omniscient) au cours de la narration. Est-ce difficile à suivre ? Non (surtout étant donné la présence d’un Dramatis Personæ).

Ces personnages, je le disais pas-si-secondaires, s’ils sont importants sur le plan de l’intrigue, le sont aussi sur le plan de leur caractérisation : pas de pantins dans des décors en carton-pâte ici, chaque second-rôle a des motivations réalistes, ses propres traits de caractère, bref une âme. Loin d’être de simples faire-valoir, ils sont une composante à part entière du tableau général. Et c’est cette richesse qui fait aussi que le lecteur a de l’empathie, s’attache aux protagonistes : c’est bien plus naturel, évident, de la faire quand ils ont une âme que quand ils sont des stéréotypes, des coquilles vides.

Il est également judicieux de noter que, même si Kay donne, comme toujours, une place de choix à son ou ses personnages féminins, c’est peut-être celui de ses livres où les femmes sont le plus en retrait, et où le héros masculin est le plus mis en avant. Le contraste est d’autant plus saisissant, d’ailleurs, si on compare la place des femmes dans ce roman et celui qui le précède. Toutefois, c’est l’évolution de la société de la Kitai qui impose cette situation, pas un changement de cap de Kay.

Narration ou : la Théorie des Dominos

Alors qu’Al-Rassan ou Les chevaux célestes se déroulaient sur une période de temps réduite, la narration du Fleuve céleste s’étend sur des années, d’une part, et n’est d’autre part pas linéaire : il y a des ellipses (de plusieurs années, parfois) et des flash-backs, même si on ne s’en rend pas compte tout de suite. Par exemple, on nous mentionne le fait que dans le « jardin » (pensez à un parc géant, plutôt) de l’Empereur, il y a un énorme rocher qu’on a arraché, au prix d’efforts considérables (et de plusieurs morts) au fond d’un lointain lac. On nous parle de cette entreprise au passé, alors que dans un des chapitres concernant Ren, elle est évoquée comme en étant à son début.

De même, les Flash-forward (d’une certaine façon) sont innombrables : on ne compte plus les phrases du genre « au soir de sa vie, trucmuche raconterait encore le jour où il a vu Ren Daiyan accomplir tel acte ou prononcer telle parole marquante ».

Un point essentiel est à retenir : le rythme. Le roman fait 700 pages (enfin, 695, mais on ne va pas chipoter), et pour un lecteur lambda, il ne va commencer à « se passer » quelque chose qu’à partir du début de la seconde moitié, quasiment exactement à la page 350. C’est bien entendu faux : lorsqu’on arrive à la fin (et si on connaît un peu Kay), on sait que ce faux-(non-)rythme n’est en fait qu’une minutieuse mise en place des événements qui vont se dérouler dans la suite du roman. Encore faut-il le savoir ou aller jusqu’à la fin : je préfère donc prévenir, si vous êtes un fana des livres très rythmés et que vous vous attendez à un thriller où ça bouge tout le temps, vous risquez d’avoir du mal avec celui-ci (du moins, avec sa première moitié). Le rythme est posé, d’une lenteur majestueuse, qui, je trouve, se prête parfaitement au cadre sinisant. De plus, là encore, on s’en rend compte à la fin, aucune scène, si insignifiante paraisse-t’elle de prime abord, n’est inutile, elle augure de quelque chose, elle explique un point qui se trouvera peut-être des centaines de pages plus loin. Et puis bon, de toute façon, tout ça est d’une telle beauté, dans l’écriture comme dans la splendeur perdue de ce qui est décrit, que de toute façon, moi j’en aurais bien repris pour 700 pages de plus.

En fait, ce roman est divisé en deux parties : dans les 350 premières pages, on met en place la figure formée par des dominos; dans les 350 pages suivantes, on assiste à leur effroyable et inéluctable chute. Pour moi, il n’y a pas d’accélération du rythme à partir de la page 351, mais un basculement entre deux mondes, ce qui, quelque part, est bien plus habile sur un plan littéraire et bien plus saisissant qu’un banal emballement maîtrisé du rythme.

Comme dans Les chevaux célestes, le lecteur reste captivé, saisi par la puissance émotionnelle extraordinaire de certaines scènes : celle avec la Daiji, la rencontre sous le balcon de Lin Shan, les deux audiences de Ren Daiyan devant les Empereurs. Celui qui a lu le premier roman appréciera aussi les petites allusions à Sima Zian ou à Wen Jian, ainsi que celle, qui a une certaine importance dans l’intrigue, aux tombeaux de la famille Shen.

En conclusion

Dans cette suite aux Chevaux célestes, Guy Gavriel Kay nous montre, une fois encore, la fin d’un monde et le commencement d’un nouveau, vus par les yeux d’acteurs de premier plan des événements. Si, comme d’habitude, le protagoniste féminin a un très beau rôle, il s’efface un peu plus, cependant, dans ce roman précis, devant celui du protagoniste masculin, un militaire bien décidé à mettre un terme à la désintégration de son univers. Comme d’habitude avec l’auteur canadien, le rythme est posé (ce qui donne une majesté parfaitement chinoise à l’ensemble), puisque l’action ne démarre, d’un certain point de vue (limité, et que je ne partage pas) qu’à partir de la page 351 sur 700. Ce qu’il faut à mon avis comprendre, c’est qu’il ne s’agit pas tant d’une accélération d’un(faux-)rythme que d’un basculement, celui des dominos qui ont été minutieusement mis en place dans les 350 pages précédentes.

Malgré tout, ce livre ne se destinera malheureusement pas aux lecteurs impatients ou cherchant un livre très rythmé, aux cliffhangers ou rebondissements incessants : il sera plutôt pour les amateurs de grandes sagas historiques, qui prennent le temps d’installer personnages, situation et décor avant de mener l’intrigue vers une conclusion à la fois grandiose, tragique mais inévitable (sur ce plan là, c’est du pur Kay). Fin qui, d’ailleurs, est, je trouve, magistrale dans son élégance et son refus des conclusions faciles, dans un sens ou dans l’autre. Magistrales sont aussi ces scènes à couper le souffle, par leur tension dramatique, l’émotion qu’elles distillent ou leurs enjeux, dans la droite lignée de celles des Chevaux célestes ou d’Al-Rassan.

Bref, ce roman exigeant, pas destiné à toutes les catégories de lecteurs mais d’une splendeur indescriptible (et j’espère avoir réussi, dans ma critique, à en rendre une partie),  traversé par le souffle à la fois épique et amer de l’Histoire (même si ce n’est pas tout à fait la nôtre), montre, s’il en était besoin, que Guy Gavriel Kay est un écrivain au talent immense et un grand auteur de Fantasy (historique).

Apophis

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Honor Harrington
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Bonjours,
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et "Les bas-fond de Mesa" [...]