Stratégie de sortie est le quatrième tome de la série série Journal d’un AssaSynth, centrée sur un androïde de sécurité qui s’est affranchi en piratant son propre module de supervision. Depuis le premier tome, la série conjugue action, humour et réflexion sur la liberté individuelle, et m’accompagne en audiolecture depuis quelques mois.
Fin de cycle
Après les événements survenus sur la station orbitale Milu, AssaSynth — notre SecUnit préférée — détient enfin des preuves accablantes contre la puissante corporation GrayCris. Son objectif est clair : remettre ces informations à la Dr Mensah, la seule humaine qui l’ait toujours considéré avec respect. Mais à son retour, il découvre que Mensah a disparu, probablement victime d’un enlèvement orchestré par ses adversaires. Pour la retrouver et faire éclater la vérité, AssaSynth doit renouer avec les membres de l’équipe de PreservationAux et affronter une nouvelle fois les manœuvres corporatistes, les dangers technologiques et ses propres contradictions, entre liberté individuelle et attachement aux autres.
Un androïde profondément humain
AssaSynth est à la fois narrateur et personnage central. On le voit évoluer d’un être sarcastique et replié sur lui-même — préférant se réfugier dans le visionnage compulsif de séries — à une entité capable d’actes altruistes. Dans ce volume, il prend des risques pour sauver Mensah et son équipe. Ses réflexions le placent souvent en léger décalage par rapport à lui-même, lorsqu’il s’interroge sur ses motivations et sur ce qui le pousse à agir en dehors de toute logique rationnelle : les relations humaines, l’amitié, l’empathie. Par ses choix et ses actes, il s’humanise peu à peu.
La Dr Mensah joue ici le rôle de catalyseur (rôle posé dès le premier tome) : figure humaine de dignité et de respect, sa disparition déclenche l’intrigue principale.
Autour d’elle gravitent les membres de l’équipe de PreservationAux, Arada, Ratthi, Gurathin et Pin-Lee qui forment, pour AssaSynth, une communauté choisie, voire une famille, même s’il peine à se l’avouer.
De l’action, du rythme et du plaisir (bis)
Le récit conserve la structure linéaire des précédents tomes, porté par la voix ironique et désabusée du narrateur, qui apporte un contrepoint à l’action. Le rythme, fluide et soutenu, alterne scènes nerveuses, dialogues percutants et moments d’introspection. Ce volume conclut efficacement le cycle : il rassemble les fils des épisodes précédents et met en lumière l’évolution de l’AssaSynth vers une autonomie pleinement assumée, tout en laissant entrevoir la possibilité de prolongements.
Porté par un protagoniste toujours aussi marquant, Stratégie de sortie confirme la qualité de la série.