Ca y est, comme promis, je suis arrivée au bout. Les éditions françaises de la série Honor Harrington s'arrêtent - pour l'instant - à ce onzième livre. Son univers est pourtant vivace (voir la série L'univers d'honor Harrington, toujours chez L'Atalante), mais le livre 11 clôt momentanément le chapitre personnel de ma copine Honor.   Petite rétrospective J'ai découvert Honor en 2007, alors que je suivais une formation et qu'une de mes collègues, assistante de conservation dans un musée gallo-romain, m'a mis d'autorité le premier livre dans les mains. Si je précise le métier de la demoiselle, c'est qu'on n'imagine pas forcément qu'une spécialiste d'histoire et d'archéologie antique puisse aimer le space opera militariste. Comme quoi, il ne faut vraiment pas se fier aux apparences. Dans cet opus, Honor Harrington commande la Huitième Force du royaume stellaire. Elle a pour mission de démontrer à la République du Havre que le royaume n'est pas encore mort et a les capacités d'attaquer. Bien que ce soit en partie du bluff, Honor parvient à battre régulièrement - mais pas toujours - les havriens. De son côté, la présidente de la république du Havre tente de conserver une ligne politique la plus honnête et décente possible, et cela l'amène à soupçonner l'intervention d'un tiers dans le conflit qui l'oppose au Royaume de Manticore. Afin de tirer l'affaire au clair, elle invite la Reine Elizabeth à la rencontrer en terrain neutre. Mais le tiers en question (un affreux consortium esclavagiste) décide de lui mettre des bâtons dans les roues. Je ne spoilerai pas, mais ce onzième livre offre bien des rebondissements en matière politique et militaire. La fin est un peu rapide, ai-décidé, mais vu que le reste a duré mille pages, il faut bien s'arrêter un jour. Sur le plan de l'histoire personnelle d'Honor, là aussi, ça bouge (enfin !). Elle devient tellement copine avec la reine Elizabeth qu'elle peut se permettre de fustiger sa Royale Majesté quand celle-ci se fout inopinément en rogne. On est loin de l'officier entier, timide et méfiant envers toute politique de Mission Basilic ! Par ailleurs, Honor parvient à concrétiser sa relation amoureuse avec Hamish Alexander, comte de Havre-Blanc... Grâce à la bénédiction de sa femme ! Une grandeur d'âme pareille, ça ne se voit que dans l'univers d'Honor Harrington. On n'y croit pas une seconde, mais on est content pour Hamish et elle. C'était pas trop tôt. Quatre livres que ça durait, cette histoire. Bon, là où Weber pousse un peu, c'est que notre amie Honor, plus de 50 berges au compteur, une vie dirigée par une autodiscipline personnelle hors du commun, se retrouve dans la mouise comme une débutante : en cloque. Si. Et vu que l'auteur est américain, l'avortement, ça ne se fait pas bien. Alors elle met son embryon en développement in vitro. C'est tellement plus humain, n'est-ce pas. Je crois que le pompon, c'est la "naissance" de Raoul, le cri qui dessaoûle. Mais ne spoilons pas plus avant, je vous laisse découvrir la chose. Une nouveauté sympathique de ce roman est l'intervention régulière des chats sylvestres dans les conversations humaines grâce à la langue des signes. Cela leur confère une aura politique et sociale des plus intéressantes. De plus, leurs réflexions sont parfois franchement cocasses.   Voilà. Alors, que dire ce dernier opus ? Qu'il suit la ligne directrice de la série : beaucoup de discours de stratégie politique, économique et militaire, des combats spatiaux bien pensés, une excellente cohérence technique, bref, un background plus qu'impeccable. Sur le plan de la psychologie des personnages, on finit par sourire des affres éthiques de nos héros. Ils sont toujours irréprochables, et ce sont les évènement extérieurs, surtout les méchants, qui les poussent dans leurs retranchements. Cela finit par être pesant, d'avoir de tels modèles. Le paradoxe de la série, à mon sens, réside dans la dichotomie entre le simplisme de la moralité des héros et la complexité toute en nuance (voire le cynisme) de l'analyse de la situation politique dans laquelle ils se trouvent. Il faut dire que Honor Harrington, c'est du premier degré, depuis toujours. Pas de distance ironique, pas de pirouette humoristique. A la décharge de l'auteur, c'est cela qui nous aide à y croire dur comme fer, comme lors de cette belle scène familiale où les Harrington assistent en direct à la mort de leur fifille, dans le livre 8. Honor Harrington a les défauts de ses qualités. Alors, on adhère, et on endure, ou bien on passe son chemin. Mon choix est fait depuis longtemps.   Impromptu

Weber - Coûte que coûte - Impromptu
Ca y est, comme promis, je suis arrivée au bout.
Les éditions françaises de la série Honor Harrington s'arrêtent - pour l'instant - à ce onzième livre. Son univers est pourtant vivace (voir la série L'univers d'honor Harrington, toujours chez L'Atalante), mais le livre 11 clôt momentanément le chapitre personnel de ma copine Honor.
 
Petite rétrospective
J'ai découvert Honor en 2007, alors que je suivais une formation et qu'une de mes collègues, assistante de conservation dans un musée gallo-romain, m'a mis d'autorité le premier livre dans les mains. Si je précise le métier de la demoiselle, c'est qu'on n'imagine pas forcément qu'une spécialiste d'histoire et d'archéologie antique puisse aimer le space opera militariste. Comme quoi, il ne faut vraiment pas se fier aux apparences. Dans cet opus, Honor Harrington commande la Huitième Force du royaume stellaire. Elle a pour mission de démontrer à la République du Havre que le royaume n'est pas encore mort et a les capacités d'attaquer. Bien que ce soit en partie du bluff, Honor parvient à battre régulièrement - mais pas toujours - les havriens. De son côté, la présidente de la république du Havre tente de conserver une ligne politique la plus honnête et décente possible, et cela l'amène à soupçonner l'intervention d'un tiers dans le conflit qui l'oppose au Royaume de Manticore. Afin de tirer l'affaire au clair, elle invite la Reine Elizabeth à la rencontrer en terrain neutre. Mais le tiers en question (un affreux consortium esclavagiste) décide de lui mettre des bâtons dans les roues.
Je ne spoilerai pas, mais ce onzième livre offre bien des rebondissements en matière politique et militaire. La fin est un peu rapide, ai-décidé, mais vu que le reste a duré mille pages, il faut bien s'arrêter un jour. Sur le plan de l'histoire personnelle d'Honor, là aussi, ça bouge (enfin !). Elle devient tellement copine avec la reine Elizabeth qu'elle peut se permettre de fustiger sa Royale Majesté quand celle-ci se fout inopinément en rogne. On est loin de l'officier entier, timide et méfiant envers toute politique de Mission Basilic ! Par ailleurs, Honor parvient à concrétiser sa relation amoureuse avec Hamish Alexander, comte de Havre-Blanc... Grâce à la bénédiction de sa femme ! Une grandeur d'âme pareille, ça ne se voit que dans l'univers d'Honor Harrington. On n'y croit pas une seconde, mais on est content pour Hamish et elle. C'était pas trop tôt. Quatre livres que ça durait, cette histoire.
Bon, là où Weber pousse un peu, c'est que notre amie Honor, plus de 50 berges au compteur, une vie dirigée par une autodiscipline personnelle hors du commun, se retrouve dans la mouise comme une débutante : en cloque. Si. Et vu que l'auteur est américain, l'avortement, ça ne se fait pas bien. Alors elle met son embryon en développement in vitro. C'est tellement plus humain, n'est-ce pas. Je crois que le pompon, c'est la "naissance" de Raoul, le cri qui dessaoûle. Mais ne spoilons pas plus avant, je vous laisse découvrir la chose. Une nouveauté sympathique de ce roman est l'intervention régulière des chats sylvestres dans les conversations humaines grâce à la langue des signes. Cela leur confère une aura politique et sociale des plus intéressantes. De plus, leurs réflexions sont parfois franchement cocasses.
 
Voilà.
Alors, que dire ce dernier opus ? Qu'il suit la ligne directrice de la série : beaucoup de discours de stratégie politique, économique et militaire, des combats spatiaux bien pensés, une excellente cohérence technique, bref, un background plus qu'impeccable. Sur le plan de la psychologie des personnages, on finit par sourire des affres éthiques de nos héros. Ils sont toujours irréprochables, et ce sont les évènement extérieurs, surtout les méchants, qui les poussent dans leurs retranchements. Cela finit par être pesant, d'avoir de tels modèles. Le paradoxe de la série, à mon sens, réside dans la dichotomie entre le simplisme de la moralité des héros et la complexité toute en nuance (voire le cynisme) de l'analyse de la situation politique dans laquelle ils se trouvent. Il faut dire que Honor Harrington, c'est du premier degré, depuis toujours. Pas de distance ironique, pas de pirouette humoristique. A la décharge de l'auteur, c'est cela qui nous aide à y croire dur comme fer, comme lors de cette belle scène familiale où les Harrington assistent en direct à la mort de leur fifille, dans le livre 8. Honor Harrington a les défauts de ses qualités.
Alors, on adhère, et on endure, ou bien on passe son chemin. Mon choix est fait depuis longtemps.
 
Publié le 1 août 2011