Terry Pratchett nous donne une leçon cinglante sur l’esprit de Noël.

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Avec Le Père Porcher, Terry Pratchett propose le thème de Noël à sa sauce.

La Mort prend la relève au pied levé. Ce personnage est fascinant et je vous laisse imaginer les « HO. HO. HO » donnés avec sa voix sépulcrale ! Il refuse de suivre les conseils d’Albert, il agit comme il l’entend. Ce qui donne naissance à des dialogues succulents. La Mort-aux-Rats est aussi de la partie..

Suzanne Sto Helit est aussi impliquée, bien malgré elle. Malgré son caractère bien trempé et son bon sens à toute épreuve, j’avoue qu’elle reste encore énigmatique à mes yeux. L’université de l’Invisible fera aussi des siennes : le manque de croyance de ses illustres membres en le Père Porcher initie l’arrivée de divinités (Les Petits Dieux). Le pouvoir de ces dernières fluctue en fonction de la fermeté de la croyance des fidèles. La galerie est haute en couleur, avec entre autres, l’oh bon dieu des gueules de bois, la fée bonne humeur, le mangeur de chaussettes et celui qui fait « fait glinglanglinglanglinglan » avec des clochettes quand quelque chose de magique se produit.

Terry Pratchett nous donne une leçon cinglante sur l’esprit de Noël. Il décrit cette fête purement commerciale – notamment durant la scène dans le grand magasin – avec les menus spéciaux dans les restaurants, les animations dans les magasins. En satire sociale, il évoque les écarts sociaux, le quid des croyances, la logique de l’offre, la fausse générosité et l’hypocrisie qui baignent cette période… mais à coup de grand humour ! Les pages humoristiques sont percutantes même si cela donne la sensation d’une intrigue un poil décousue car elle part dans tous les sens. Ce fond de réflexion mêlée à une bonne dose de légèreté repose sur des péripéties et quelques histoires qui se déroulent en parallèle. L’auteur a une vision très juste sur l’enfance et les enfants qu’il ne prend pas pour des idiots. Il intègre aussi le poids de l’imagination humaine.

Ce vingtième livre des Annales du Disque-monde est un bon cru pour moi. Même si la lecture du « Le Père Porcher » en première intention est largement conseillée, je pense qu’il est important de se familiariser avec le Disque-monde et son fonctionnement avant de l’ouvrir. J’applaudis encore le fabuleux travail du traducteur Patrick Couton. Ce livre est un conte de Noël à la sauce pratchettienne bienvenu !

Publié le 10 septembre 2020

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