Place à une grosse bombe de SF ! Avec Bordure – son premier roman -, Lucie Mosca a écrit un space opera allant à cent à l’heure, le tout avec des vibes à la Becky Chambers (mais en plus violent et amer), et des personnages aux petits oignons, à commencer par Shylot, une héroïne à qui vous aurez envie de faire un gros câlin.
Pilote hors pair, Shylot est passée de militaire à vendeuse d’art avec sa meilleure amie. De la guerre, elle est revenue avec un trouble post-traumatique, mais aussi des amis pour la vie. Reste que la recherche de marchandises pour la galerie d’art n’est en fait qu’une couverture pour exposer les méfaits des élites gouvernementales. C’est donc une histoire de revanche et de révolte que nous propose Lucie Mosca, tout en abordant avec brio les traumatismes dont peuvent souffrir les anciens soldats. Seuls bémols de ma lecture : une scène de sexe tombant comme un cheveu sur la soupe et dont je n’ai pas compris l’intérêt dans l’histoire, et un manque de cohérence dans les motivations d’un des protagonistes. À part ces deux points, j’ai adoré ce roman.
Si Bordure m’a fait penser à L’Espace d’un an de Becky Chambers, c’est notamment grâce à l’équipage du vaisseau que pilote Shylot, composé d’une humaine et de deux extraterrestres, et à ce sentiment d’entraide et de camaraderie qui prédomine au sein de ce petit groupe hétéroclite. Je ne serais d’ailleurs pas contre une suite pour retrouver Shylot, mais dans une société plus douce et en de meilleures circonstances, car Shylot le mérite (je ne veux plus la voir souffrir !).