Dès les premières pages, on est immédiatement plongés dans l’histoire, c’est littéralement haletant ! L’intrigue, bourrée d’actions, ne s’essouffle jamais et nous emporte avec talent dans un rythme effréné toujours bien dosé, et ce pour les trois volumes.

Les affamés de lecture
Article Original

"En termes magiques, je manipulais une matrice partiellement effondrée d’énergie potentielle à travers un portail ouvert maintenu par ma conviction et ma volonté propres. En termes pratiques, cela revenait à porter un labrador sur une corde raide tout en se faisant doubler à toute vitesse par un écureuil." (tome 2, p. 37)

Cette saga mérite tellement plus de visibilité ! Je l’ai découverte totalement par hasard, alors que je dilapidais mes faibles économies aux Utopiales de Nantes (quand on pouvait encore y aller…). Ce n’est, pour une fois, pas la couverture qui m’a attirée, mais le résumé. Un fan de SF et de fantasy capable, grâce à la bibliomancie, d’extraire des livres ce qu’ils contiennent, je ne pouvais qu’être tentée. Et j’ai tellement bien fait de craquer ! Publiée chez L’Atalante, la saga d’urban fantasy de Jim C. Hines compte trois tomes parus en France actuellement. Et dès les premières pages, on plonge immédiatement dans une intrigue prenante avec beaucoup d’action, de l’humour et des références plutôt cools à la pop culture, la SF et la fantasy. J’ai adoré ! Pour éviter tout spoil malheureux, je ne vais parler ici que du premier tome.

La bibliomancie a été créée au XVe siècle par l’imprimeur Gutenberg qui a sorti le Graal de la Bible pour boire dedans et devenir immortel. Il a ensuite fondé le Die Zwelf Portenære et ses Gardiens, une organisation qui contrôle, légifère, gère et punie le monde magique. On suit donc Isaac Vainio, un bibliomancien qui a été sanctionné par les Gardiens dont il faisait partie pour ne pas avoir respecté les règles lors d’une mission. Conséquence, il n’a plus le droit d’utiliser la magie depuis deux ans, et passe ses journées à cataloguer des livres pour les Gardiens dans la bibliothèque d’une petite ville. Sa vie était plutôt tranquille, et assez triste, jusqu’au jour où des vampires débarquent sur son lieu de travail ! Il apprend que le monde magique est en danger : Gutenberg a disparu, ainsi que des vampires, des Gardiens ont été attaqués et sont morts… Notamment l’ami et mentor d’Isaac. Aidé de son amie la dryade Lena, Isaac reprend du service pour venger la mort de son ami et retrouver Gutenberg !

Dès les premières pages, on est immédiatement plongés dans l’histoire, c’est littéralement haletant ! L’intrigue, bourrée d’actions, ne s’essouffle jamais et nous emporte avec talent dans un rythme effréné toujours bien dosé, et ce pour les trois volumes. On se sent la plupart du temps dépassé par les événements, Isaac ne maîtrise rien et le lecteur non plus ! À de nombreuses reprises je me suis demandée comment il pouvait juste s’en sortir. Car les ennemis sont nombreux et puissants ! Vraiment, impossible de lâcher le tome une fois commencé. Ici, on enquête avec Isaac tout en découvrant le monde magique grâce à la présence du personnage de Léna qui, n’appartenant pas aux Gardiens, facilite les explications. La plume de l’auteur est fluide, agréable à lire et bourrée de références. Sans parler de l’utilisation des livres avec la bibliomancie que j’ai trouvée très originale et bien maîtrisée par l’auteur.

Évidemment, j’ai adoré le personnage d’Isaac, il est excellent ! En grand fan de SF et de fantasy, il défend souvent ces genres avec lesquels il combat. C’est aussi un grand fan de Doctor Who qui manie particulièrement bien le sarcasme et l’humour, donnant lieu à des comparaisons absurdes ou des remarques qui dédramatisent des situations trop sérieuses. Mais il est aussi, quelque part, comme un chercheur fou, courageux et très déterminé. Malgré le danger qui l’entoure, il utilise son intelligence et sa ruse à bon escient, ainsi que son humour ! Et du courage, il lui en faut vu ce qui l’attend dans les trois tomes et à quel point il prend cher… En cela il m’a un peu fait penser à Alex Vérus, la saga de Benedict Jacka, également de l’urban fantasy.

Si Isaac est le héros de Magie ex libris, les personnages secondaires ne sont pas négligés pour autant. Déjà, il y a Léna, la forte guerrière dryade qui va voir son histoire s’approfondir, notamment dans le tome 2, mais également le mystérieux Gutenberg et étrangement Ponce de León pour lequel j’ai eu un petit crush, sans doute parce qu’il m’a ému. À mesure que l’on découvre de plus en plus l’organisation des Gardiens, on va rencontrer des personnages intéressants, originaux et souvent différents. Également dans les relations entre les personnages, j’ai beaucoup apprécié le choix de l’auteur de proposer de la réelle diversité, abordée de façon mature et bienveillante, notamment à travers la relation qui unit Léna avec Isaac et Nidhi. C’est d’ailleurs rare, du moins dans ce que j’ai lu, de trouver dans un livre une relation amoureuse différente du couple. L’auteur propose ici une autre façon de s’aimer et d’être ensemble. Les personnages testent cette relation qu’ils ont du mal à définir. Ils apprennent petit à petit à l’accepter par amour pour Lena, à réfléchir sur la jalousie, à rester ouvert et finalement à lâcher prise. C’était très intéressant !

Ainsi, j’ai donc beaucoup apprécié cette trilogie de grande qualité que je recommande fortement ! J’aurais bien aimé lire d’autres aventures d’Isaac avec une suite… D’ailleurs, sauf erreur de ma part, j’ai vu sur Goodreads que l’auteur avait publié un spin-off de la saga, centré sur la magicienne Nicola Pallas, mais surtout, SURTOUT, un quatrième tome toujours avec Isaac en personnage principal, qui se passe 1 an après la fin du troisième tome. Le livre est sorti en 2016 en anglais, j’espère que les éditions L’Atalante le publieront un jour (entendez mon appel !). Ce serait fort dommage de passer à côté de ça…

 - Starmornielna

Publié le 1 février 2021

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