Rien qu’à la quatrième de couverture, je pense qu’on devine aisément pourquoi, au cours de ma lecture, j’ai pu qualifier ce livre de “bizarre” et “d’original”. Anne Larue nous fait découvrir deux époques très différentes l’une de l’autre, et pourtant, toutes deux cruelles, l’une, celle d’Ankh, la future colocataire d’Anna, envers la population en général (enfants enfermés dès le plus jeune âge dans des maisons d’éducation, et qui ne rêvent que de s’échapper, matchs de foot obligatoires et souvent mortels…) et l’autre, celle d’Anna, surtout envers les vestales, des jeunes filles pauvres, recrutées sur concours (et quel concours!) pour être éduquées par le vestaliat, et passer leur vie au service de la communauté… si elles parviennent à terminer leurs études sans être condamnées à l’ébouillanté! Anna va donc, à la suite de sa condamnation, se retrouver à l’époque d’Ankh, et devenir sa colocataire. Les descriptions, riches en détails très bien trouvés, permettent de s’imaginer sans difficulté ces deux mondes futuristes, dont l’un n’est pas si différent du nôtre, avec quelques siècles en plus. C’est l’occasion pour l’auteure de critiquer quelques traits de notre société, sans se lancer dans de grands discours, simplement, avec un certain humour, par un choix de situations, ou par les théories d’Ankh, une médiéviste, dont le Moyen-Age n’est autre que notre époque, et qui voit dans les enseignes des supermarchés et dans les distributeurs d’argent les objets de culte d’une religion pour laquelle il ne reste pas beaucoup d’archives. La critique a sans doute déjà été faite, mais c’est plutôt rigolo en plus d’être intelligent. L’intrigue est en elle-même assez simple, l’essentiel de la première partie du livre se passant à décrire l’ancienne et la nouvelle vie d’Anna, son amitié avec Ankh (que j’ai trouvé très forte, et par moment assez touchante), et ce qui se passe au Vestaliat pendant son absence. Pourtant, je ne me suis pas ennuyée une seconde, occupée que j’étais à découvrir cet univers très original, décalé, et souvent assez drôle. La deuxième partie décrit, après un revirement de situation assez dramatique, la quête initiatique d’Ankh. Même si celle-ci est sans doute nécessaire au dénouement, je l’ai trouvée un peu longue et compliquée (ou alors c’est moi qui n’ai pas tout suivi), et je n’aurais pas dit non à quelques pages de moins. Même si on retrouve dans cette deuxième partie toute l’inventivité qui m’avait plu dans la première, j’ai un peu moins accroché. Par contre, j’ai bien aimé le dénouement, même si je l’ai trouvé un peu rapide après la relative lenteur de la seconde moitié du livre. Il faudrait aussi que je parle d’Holinshed, sans doute le personnage le plus original de l’histoire, et de la pensée féministe (ou féministique?^^) sous-jacente au roman (mais qui n’empêche pas/permet d’apprécier le livre même sans avoir lu Beauvoir…) mais ce serait sûrement gâcher votre découverte de ce livre étonnant, très original, et souvent drôle, que je ne peux que vous conseiller, même si, comme moi, vous n’êtes “pas trop SF”. Marmotte

Larue - La Vestale du Calix - Rongeuse de livres

Rien qu’à la quatrième de couverture, je pense qu’on devine aisément pourquoi, au cours de ma lecture, j’ai pu qualifier ce livre de “bizarre” et “d’original”. Anne Larue nous fait découvrir deux époques très différentes l’une de l’autre, et pourtant, toutes deux cruelles, l’une, celle d’Ankh, la future colocataire d’Anna, envers la population en général (enfants enfermés dès le plus jeune âge dans des maisons d’éducation, et qui ne rêvent que de s’échapper, matchs de foot obligatoires et souvent mortels…) et l’autre, celle d’Anna, surtout envers les vestales, des jeunes filles pauvres, recrutées sur concours (et quel concours!) pour être éduquées par le vestaliat, et passer leur vie au service de la communauté… si elles parviennent à terminer leurs études sans être condamnées à l’ébouillanté!

Anna va donc, à la suite de sa condamnation, se retrouver à l’époque d’Ankh, et devenir sa colocataire. Les descriptions, riches en détails très bien trouvés, permettent de s’imaginer sans difficulté ces deux mondes futuristes, dont l’un n’est pas si différent du nôtre, avec quelques siècles en plus. C’est l’occasion pour l’auteure de critiquer quelques traits de notre société, sans se lancer dans de grands discours, simplement, avec un certain humour, par un choix de situations, ou par les théories d’Ankh, une médiéviste, dont le Moyen-Age n’est autre que notre époque, et qui voit dans les enseignes des supermarchés et dans les distributeurs d’argent les objets de culte d’une religion pour laquelle il ne reste pas beaucoup d’archives. La critique a sans doute déjà été faite, mais c’est plutôt rigolo en plus d’être intelligent.

L’intrigue est en elle-même assez simple, l’essentiel de la première partie du livre se passant à décrire l’ancienne et la nouvelle vie d’Anna, son amitié avec Ankh (que j’ai trouvé très forte, et par moment assez touchante), et ce qui se passe au Vestaliat pendant son absence. Pourtant, je ne me suis pas ennuyée une seconde, occupée que j’étais à découvrir cet univers très original, décalé, et souvent assez drôle.

La deuxième partie décrit, après un revirement de situation assez dramatique, la quête initiatique d’Ankh. Même si celle-ci est sans doute nécessaire au dénouement, je l’ai trouvée un peu longue et compliquée (ou alors c’est moi qui n’ai pas tout suivi), et je n’aurais pas dit non à quelques pages de moins. Même si on retrouve dans cette deuxième partie toute l’inventivité qui m’avait plu dans la première, j’ai un peu moins accroché. Par contre, j’ai bien aimé le dénouement, même si je l’ai trouvé un peu rapide après la relative lenteur de la seconde moitié du livre.

Il faudrait aussi que je parle d’Holinshed, sans doute le personnage le plus original de l’histoire, et de la pensée féministe (ou féministique?^^) sous-jacente au roman (mais qui n’empêche pas/permet d’apprécier le livre même sans avoir lu Beauvoir…) mais ce serait sûrement gâcher votre découverte de ce livre étonnant, très original, et souvent drôle, que je ne peux que vous conseiller, même si, comme moi, vous n’êtes “pas trop SF”.

Marmotte

Publié le 23 janvier 2012

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