Les Chroniques de l'Imaginaire
C'est au moment où il vient d'obtenir un contrat juteux (douze millions et demi de dollars, quand même !) pour Michelle Beck, sa meilleure cliente, que Tom Stein est convoqué chez son patron, Carl Lupo. Après lui avoir posé quelques questions, sans queue ni tête, ni logique aux yeux de Tom, il lui révèle que le contenu puant de l'aquarium posé sur le bureau n'est autre qu'un Yherajk, c'est-à-dire un extra-terrestre, intelligent, pacifique, curieux des humains... mais qui ressemble à un gros tas de glaire qui aurait macéré dans une décoction de boules puantes. Tout le monde en est bien conscient : une bonne campagne de communication s'avère impérative.

Carl offre à Tom de s'en charger, et celui-ci accepte immédiatement, sans réfléchir aux quelques difficultés qui pourraient se présenter : il a juré le secret, même vis-à-vis de son assistante, Miranda, qui ne le prend pas vraiment bien ; le journaliste Jim van Doren, à qui il ne peut évidemment rien dire non plus, le croit fou ou drogué ; les clients qu'il refile à un jeune agent ont tendance à partager cette opinion.

Vraiment, Scalzi sait raconter une histoire. L'idée de départ, à savoir qu'il vaut mieux, pour des ET qui ne correspondraient pas exactement à nos étroits canons de beauté humains, avoir un bon imprésario avant d'aller toquer à la porte de quelque gouvernant que ce soit, a une sorte de logique hollywoodienne. J'ai longtemps pensé que le long monologue de Carl, après un début très enlevé, était à la fois trop long et plombait inutilement l'histoire. Mea culpa, il n'a en fait rien d'inutile. Sous ses dehors loufoques, ce roman est fort bien construit, avec des personnages sympathiques. Bien sûr, c'est une pochade, un clin d'oeil aux poncifs du genre, surtout dans sa forme visuelle, mais il ne s'agit pas de bouder son plaisir pour autant.

Mureliane

Publié le 23 décembre 2011

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