Cette suite du Frère Initié poursuit et clôt le récit de la vie de Shuyun, le jeune moine Botahiste. A peine remis de la peste, le pays de Wa qui rappelle une Chine médiévale teintée de fantasy doit faire face à une invasion barbare sans précédent. La famille Shonto, auprès desquelles le frère Shuyun tient le rôle de conseiller spirituel, se doit de faire comprendre à l'Empereur l'ampleur de la menace pour l'Empire. Seulement, en mauvaise grâce auprès de celui-ci, les Shonto se heurteront aux intrigues de la cour et à ceux qui oeuvrent pour leur chute. Alliances, tactique et politique occupent tous les esprits, mais le débat est aussi religieux : la rumeur annonce que le Maître Parfait serait réincarné mais nul ne sait de qui il s'agit. A travers ces nombreuses pages a lieu une lutte épique où pouvoir et force brute se retrouvent alliés à l'honneur et la justice, où amour et poésie se heurtent au devoir et aux ordres et enfin où aide et fraternité s'opposent à la trahison et la guerre. Classique en apparence, du grand art en vérité. On est rapidement absorbé par cet Orient mystérieux avec ses coutumes, ses paysages et sa philosophie. Ces teintes asiatiques transparaissent également dans le style littéraire, que ce soit à travers les dialogues, les descriptions ou la narration elle-même. Indéniablement, les mots sonnent juste et bien, ce qui rend la lecture agréable et prenante, même si certains pourraient reprocher la primauté donnée à la réflexion sur l'action et ne pas apprécier cette relative lenteur typiquement asiatique. Le scénario part d'une trame de base simple mais se complique par ses intrigues intérieures, ses "histoires dans l'histoire" que sont entre autres les relations entre les (nombreux) personnages principaux dont toute la psychologie et les conflits intérieurs sont merveilleusement détaillés. Et surtout, que de surprises ! On apprécie ce goût pour l'auteur d'éviter la facilité sans pour autant sortir de solutions miracles de son chapeau. Seul mince regret peut-être, le passage du dénouement, le tournant de l'intrigue principal, paraît un peu court et aurait pu se permettre d'être moins rapide. Enfin, et pour ne rien cacher de tout le bien que je pense de cet ouvrage, le lire fait indéniablement penser à un certain auteur. La manière de raconter l'histoire, la précision des descriptions du monde dans lequel celle-ci prend place, l'ingéniosité générale de la trame, l'effet produit sur le lecteur, l'importante présence de la poésie et même jusqu'à un aspect de sa conclusion font penser à lui (en terme de qualité et aucunement de plagiat). Oui, Sean Russell est indéniablement un des grands disciples du Maître Tolkien, une des grandes figures parmi ces auteurs de la nouvelle vague de fantasy. Bravo ! Ceridan (30/05/2005)

Russell - Le Berger des nuages - Les Chroniques de l'imaginaire

Cette suite du Frère Initié poursuit et clôt le récit de la vie de Shuyun, le jeune moine Botahiste. A peine remis de la peste, le pays de Wa qui rappelle une Chine médiévale teintée de fantasy doit faire face à une invasion barbare sans précédent. La famille Shonto, auprès desquelles le frère Shuyun tient le rôle de conseiller spirituel, se doit de faire comprendre à l'Empereur l'ampleur de la menace pour l'Empire. Seulement, en mauvaise grâce auprès de celui-ci, les Shonto se heurteront aux intrigues de la cour et à ceux qui oeuvrent pour leur chute. Alliances, tactique et politique occupent tous les esprits, mais le débat est aussi religieux : la rumeur annonce que le Maître Parfait serait réincarné mais nul ne sait de qui il s'agit.

A travers ces nombreuses pages a lieu une lutte épique où pouvoir et force brute se retrouvent alliés à l'honneur et la justice, où amour et poésie se heurtent au devoir et aux ordres et enfin où aide et fraternité s'opposent à la trahison et la guerre. Classique en apparence, du grand art en vérité. On est rapidement absorbé par cet Orient mystérieux avec ses coutumes, ses paysages et sa philosophie. Ces teintes asiatiques transparaissent également dans le style littéraire, que ce soit à travers les dialogues, les descriptions ou la narration elle-même. Indéniablement, les mots sonnent juste et bien, ce qui rend la lecture agréable et prenante, même si certains pourraient reprocher la primauté donnée à la réflexion sur l'action et ne pas apprécier cette relative lenteur typiquement asiatique. Le scénario part d'une trame de base simple mais se complique par ses intrigues intérieures, ses "histoires dans l'histoire" que sont entre autres les relations entre les (nombreux) personnages principaux dont toute la psychologie et les conflits intérieurs sont merveilleusement détaillés. Et surtout, que de surprises ! On apprécie ce goût pour l'auteur d'éviter la facilité sans pour autant sortir de solutions miracles de son chapeau. Seul mince regret peut-être, le passage du dénouement, le tournant de l'intrigue principal, paraît un peu court et aurait pu se permettre d'être moins rapide.

Enfin, et pour ne rien cacher de tout le bien que je pense de cet ouvrage, le lire fait indéniablement penser à un certain auteur. La manière de raconter l'histoire, la précision des descriptions du monde dans lequel celle-ci prend place, l'ingéniosité générale de la trame, l'effet produit sur le lecteur, l'importante présence de la poésie et même jusqu'à un aspect de sa conclusion font penser à lui (en terme de qualité et aucunement de plagiat). Oui, Sean Russell est indéniablement un des grands disciples du Maître Tolkien, une des grandes figures parmi ces auteurs de la nouvelle vague de fantasy.

Bravo !

Ceridan (30/05/2005)

Publié le 29 janvier 2013

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