Aussi, si je ne devais en choisir qu’un… eh bien ce serait celui-ci, sans le moindre doute. J’ai lu tous les romans du Disque-Monde plusieurs fois, certains une dizaine, mais c’est vraiment celui-ci que je préfère.

L'imaginaerum de symphonie
Article Original

La Borogravie est un charmant petit pays amateur de guerres qui suit les préceptes du Dieu Neggan, un Dieu qui commence à ne plus avoir toute sa tête, si on en croit la liste d’Abominations qui croît de jour en jour (attention ! la betterave, c’est le mal incarné !). Heureusement, les gens peuvent compter sur la sagesse de la Duchesse. Enfin de son portrait, quoi. Parce que personne ne l’a vue depuis des années. Elle est peut-être même morte, si ça se trouve. Ce qui n’empêche pas les gens d’arborer fièrement son portrait chez eux, dès fois qu’elle les surveillerait. Avec amour, hein, évidemment.

Le problème, c’est que si elle est morte, ça veut dire que le Zlobène Heinrich est l’héritier du trône. Il ne va donc pas se priver de le clamer sur tous les toits. Et il se trouve que la Borogravie adore faire la guerre, autant dire qu’elle a sauté sur ce prétexte.

Sauf que la guerre commence un peu à durer. Et le frère de Margot, un jeune homme jugé comme simple d’esprit mais doué d’un talent rare pour le dessin et passionné par les oiseaux, n’est toujours pas revenu à la maison. Alors, Margot a un plan. Serveuse dans l’auberge familiale, ça fait des mois qu’elle observe les hommes. A présent qu’elle sait roter, cracher, et manier une lame sans se trancher le pied, elle est fin prête (enfin, elle le sera quand elle aura ses chaussettes au bon endroit, quoi).

Elle se porte donc volontaire auprès du Sergent Jackrum (pour celles qui connaissent mes livres, il s’entendrait parfaitement avec le Sergent Kânhar^^), et s’engage donc dans l’armée Borograve. Comme quelques autres jeunes… euh… hommes, bizarrement plein d’enthousiasme (c’est à dire qu’en plus des humains, il y a un vampire, un igor et un troll… Sans parler du fait que Margot n’est pas la seule à avoir eu cette idée de se faire passer pour un mâle). Mais bon, de toute façon, tout le monde affirme que la Borogravie est en train de gagner, alors…

Sauf que. Sauf que la guerre, ce n’est pas rose, malgré ce que tout le monde affirme, malgré les portraits de la Duchesse. Sauf que tout le monde en a un peu ras le bol de ce petit pays qui n’arrête pas de mordre tout ce qui passe. Sauf que les jeunes recrues trainent derrière elles quelques traumatismes et illusions. Sauf que le vampire accro au café se fait voler son précieux. Et puis leur lieutenant n’a jamais fait la guerre, il était comptable…

Mais le Sergent compte bien prendre soin de ses petits gars, il s’y attache tellement qu’il est prêt à les suivre quand ils décident de prendre d’assaut la forteresse où est enfermée la presque totalité de l’armée. Parce qu’aussi nul soit-il, ça reste leur pays. Et puis, la Duchesse veille sur eux, non ?

En résumé, le Régiment est à la fois sombre et très drôle, avec des thèmes forts et bien traités, des personnages attachants (Jackrum et Maladict le vampire <3)… J’aime aussi énormément la fin, que je trouve à la fois ironique et triste, parce que malgré tous leurs talents, leurs réussites, les femmes continuent de se faire passer pour des hommes parce que personne de censé ne prendrait une femme au sérieux. Parce que malgré tout, les chaussettes continuent de diriger le monde. Mais les dernières pages laissent espérer que, peut-être, le Globe-Monde… pardon, le Disque-Monde va commencer à tourner vers une direction plus égalitaire.

Aussi, si je ne devais en choisir qu’un… eh bien ce serait celui-ci, sans le moindre doute. J’ai lu tous les romans du Disque-Monde plusieurs fois, certains une dizaine, mais c’est vraiment celui-ci que je préfère.

Publié le 4 septembre 2019

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