La grande connaissance de Sandrine Alexie sur l’histoire de la région contribue au plaisir de lecture.

Au pays des Cave Trolls
Article Original

Le premier tome de la série La Rose de Djam, L’appel des quarante est paru en avril dernier. Cette série est une fresque historique matinée d’un peu de fantasy. Elle conte la recherche de la coupe appelée la rose de Djam, objet rappelant le Graal. Fin août, le deuxième tome de la saga, intitulé La grotte au dragon, vient de paraître. La grotte au dragon commence là où le premier s’arrêtait, avec le départ de Sibylle, l’héroïne, pour les montagnes de la région de Mossoul.

Une quête épique

Les différents éléments liés à la recherche de la Rose de Djam ont été mis en place dans le premier tome. La Rose de Djam est un objet très recherché, étant donné qu’il permet d’avoir accès à tous les secrets du monde. L’univers dans lequel se passe l’histoire est inspiré de l’imaginaire de l’Orient médiéval. La légende du « djam » rappelle celle du Graal, on ne connaît pas la vraie forme de l’objet. Selon les textes, c’est un gobelet, une boule de cristal, une coupe. On sait qu’il avait un pouvoir de divination qui ne fonctionne que sous certaines conditions. Sandrine Alexie a choisi d’en faire une coupe de métal d’apparence commune et de l’appeler la Rose de Djam. Dans un contexte historique tendu, la coupe est un objet de très grande valeur qui attire les convoitises. Les Quarante, un ordre d’initiés, ont confié à la jeune Sibylle, une normande élevée en Syrie, la difficile tâche de retrouver la Rose de Djam. Pour cela, la jeune femme a reçu une éducation spéciale par le faqîr Shudjâ qui l’a préparée à cette aventure. Plusieurs personnes viennent en aide à la jeune femme dont son époux Peir Esmalit. La recherche de la coupe s’annonce des plus difficile et semée d’embûches. En effet, un groupe d’ennemis très dangereux cherche à faire échouer Sibylle dans sa quête, et arrive même à capturer Shudjâ. La région où se déroule l’action du roman est également très dangereuse avec de nombreux conflits entre peuples et religions.

Dès le premier tome, on s’apercevait que la quête menée par Sibylle allait être très difficile et épique. Cela continue dans ce nouvel opus. Les périls sont nombreux : le rapt de Shudjâ par des ennemis qui n’hésitent pas à le torturer pour le faire avouer ce qu’il sait, les dangers liés à la région où il est très difficile de voyager pour une femme non musulmane, et les dangers à l’intérieur même du clan de Sibylle. La très grande érudition de Sandrine Alexie sur l’histoire et la géographie du moyen orient s’imposent à nouveau tout au long du récit. Elle a su faire ruisseler dans cette série ses connaissances des lieux où se déroule l’histoire et ainsi faire voyager le lecteur dans ce monde.

La juxtaposition des récits

À la fin du premier tome, les différents personnages ont été séparés par la force des choses. Pour poursuivre sa quête, Sibylle est partie pour les montagnes près de Mossoul. Elle espère trouver la grotte au dragon et la Rose de Djam. Shudjâ a été enlevé et Peir Esmalit décide de tout faire pour le retrouver. Mascelin, Suleyman et Dilêgur l’accompagnent pour trouver le faqîr et le libérer. Les trois quarts environ de ce tome sont consacrés à la tentative de Peir pour sauver Shudjâ. Au point que l’on se demande si on reverra Sibylle dans ce tome. C’est un peu dommage et j’aurai préféré une narration alternée entre les deux personnages. On attend longtemps de revoir Sibylle, ce qui empêche de profiter pleinement du début du roman. Quelques longueurs viennent aussi alourdir le début de l’histoire.

Du côté des personnages, on remarque une évolution importante entre les 2 tomes. Ces changements sont dus au fait que le couple formé de Sibylle et Peir soit séparé par les événements. Sibylle a mûri, elle a laissé une partie de son enfance derrière elle, tout comme ses airs d’enfant gâtée qu’elle avait parfois. Plusieurs éléments concernant l’enfance de Peir et la signification de son nom d’Esmalit donnent plus de profondeur au personnage.

De nombreuses annexes concernant l’histoire, les peuples et la langue du moyen orient terminent le roman. Elles permettent d’apprendre de nombreuses choses et éclairent la lecture. Un résumé du premier tome se trouve au début du livre, c’est une très bonne initiative qui permet de se rafraîchir la mémoire.

La grotte au dragon est donc un second tome qui reste dans le même esprit que le premier tome. Il y a peu d’actions mais la quête des personnages est épique et vaut le détour. Les aventures vécues par les personnages les ont marqués et fait évoluer. La grande connaissance de Sandrine Alexie sur l’histoire de la région contribue au plaisir de lecture.

Publié le 19 septembre 2019

à propos de la même œuvre