Je vous recommande de jeter sans tarder un œil à ce sympathique roman, surtout si vous êtes amateurs d’univers démesurés, à mi-chemin entre science et magie.

Ha les combats en arène, les gladiateurs qui se tatanent joyeusement au milieu de la foule en délire, les lions déchaînés qui n’attendent qu’une erreur pour casser la croûte... Tout ça, c’est le bon vieux temps. Enfin, pas si vieux que ça. En fait, c’est même ce qui nous attend dans l'avenir avec Grand Central Arena, mais à une échelle qui ferait passer le Grand Colisée et ses combats sanglants pour une construction Lego. Il n’y a pas à dire, le futur c’est vraiment chouette ! 

Ce qu’il y a de formidable avec la science-fiction, c’est qu’elle évolue sans cesse. Du space opera grandiloquent des années 50 à la hard science bien velue en passant par le sombre cyberpunk, il y a de quoi se faire plaisir ! 

Alors quand je tombe sur un bouquin qui mélange tout ça d’un coup, inutile de dire que je suis aux anges, petit lecteur de SF que je suis. Grand Central Arena est un véritable pavé bourré de détails, un melting-pot gigantesque rendant hommage à tout ce qui se fait en science-fiction depuis un demi-siècle. 

Pas parfait, cet ouvrage m’aura toutefois fait vivre de beaux moments. Une suite est sortie, nul doute que je la lirai très prochainement. En attendant, je vous invite à un petit voyage dans l’arène la plus incroyable de l’univers ! 

“Donc, en gros, vous me voulez comme dernier recours ?”

Dans le futur, l’humanité vit un âge d’or. La technologie est au service de l’homme, les conflits armés sont un vague souvenir et chacun vit plus ou moins dans le bonheur. En bref, on est presque dans une utopie, ce qui est assez rare dans un livre de SF. Non, non, ne cherchez pas, il n’y a pas de guerre interstellaire avec de belliqueux aliens tentaculaires ! 

Malgré tout, l’Homme, dans toute sa splendeur, n’est jamais satisfait. Il a en lui cette insatiable soif de découverte, le regard toujours tourné vers les étoiles. L’étape suivante, c’est donc le voyage à la vitesse de la lumière (voire plus si affinité). Plusieurs essais ont été menés, mais plusieurs sondes autonomes ne répondent plus... 

Résultat : il va falloir envoyer des humains au casse-pipe. C’est là qu’entre en jeu notre héroïne, Ariane Austin, pilote américaine aux cheveux bleus, véritable pro du manche à balai et des situations extrêmes. Sa mission : mener le vaisseau scientifique Graal au-delà des frontières de l'espace connu. Je ne vous le cache pas, le plan va sacrément capoter. 

“Là, j’ai vraiment les jetons.” 

Le roman nous mène donc bien vite au premier saut “hyper-espace" humain, à grands renforts de hard science. Si les termes techniques ne sont pas votre dada, vous risquez de vous sentir un peu paumé. Sans être le plus touffu des récits - techniquement parlant - Grand Central Arena ancre son histoire dans un univers qui se veut réaliste, du moins dans les grandes lignes. 

L’équipage du Graal se lance donc vers l’inconnu, espérant terminer sa route en un seul morceau autour d’une étoile pas trop perdue. Pour la première partie qui consiste à ne pas exploser en mille morceaux, ça roule. Par contre, l’arrivée ne se fait pas vraiment au point prévu, ni dans les conditions les plus idéales... 

Le moteur Sandrisson est totalement HS, de même que les IA intégrées à nos braves aventuriers spatiaux. En gros, ça équivaut à un grand retour à l’âge de pierre pour nos humains bardés de technologie. Et ça, c’est juste la partie sympa ! 

“De nouveaux joueurs, Sethrik ! Des premiers émergents !” 

Hé oui, en plus d’être aussi inerte qu’une grosse brique, le Graal émerge dans une construction qui donne le tournis, une sorte de reproduction miniature de notre système solaire. Bienvenue dans l’Arène ! 

Le reste du roman de déroulera dans ce lieu mystérieux aux proportions dantesques. Nul ne sait vraiment qui l’a bâti, ni quel est son but. Une seule chose est sûre : chaque civilisation qui découvre le voyage lumière se retrouve coincée ici. Et ça dure depuis des millénaires. Véritable univers dans l’univers, l’Arène est d’un niveau technologique surpassant l’imagination. Et comme vous pouvez vous en douter, les humains ne sont pas les premiers à débarquer là. 

Menés par Ariane, nos explorateurs seront vite confrontés aux règles de l’Arène et à ses habitants. Vous voyez un peu la cantina de Mos Esley dans Star Wars ? Son joyeux capharnaüm et ses aliens hauts en couleurs ? L’Arène, c’est un peu ça (mais en moins bordélique et à plus grande échelle). Ici, tout se joue au sein de défis encadrés par la structure intelligente. Des défis qui peuvent mener à l’extinction d’une espèce complète. Oui, l’Arène est un chouette endroit pour se divertir ! 

“Il y a ici beaucoup de règles... que nous ferions mieux d’apprendre.”

En tant que “premiers émergents”, les humains vont donc devoir sécuriser leur sphère, point d’entrée vers l’Arène et surtout leur seul billet de retour vers la Terre. Ils seront aidés dans cette tâche par Orphelin, un extra-terrestre insectoïde, seul survivant de sa faction. Ce n’est d’ailleurs pas le seul alien qu’ils rencontreront durant leurs aventures. 

C’est là un des gros points forts du roman Grand Central Arena : il est incroyablement dense. On explore avec délectation cette arène futuriste remplie de races extra-terrestres plus variées les unes que les autres. L’ensemble a toutefois un petit côté humain de par son organisation : la Foi vénère les Bâtisseurs de l’Arène, l’Analytique est centrée sur la science, les Tisseurs d'Ombre - qui tissent tout sauf des ombres - et ainsi de suite... 

Chacun tente d’apporter sa propre réponse au pourquoi du comment de l’Arène, tout en essayant de prendre le dessus sur les autres factions. Car s’il n’y a pas de guerre ouverte dans ce lieu, il y a toutefois de nombreux conflits, régulés par la structure elle-même. Vous imaginez d’ailleurs bien que les humains fraîchement débarqués vont vite mettre leur grain de sel !

“La victoire ou la mort, c’est la seule manière.” 

Bon sang, je suis déjà à la fin de cette chronique et il me reste tant à raconter... Grand Central Arena est vraiment à l’image du monde qu’il décrit : dense, vivant et mystérieux. Ce premier ouvrage n’est certes pas parfait, la faute à quelques longueurs dans la narration. Il y aurait probablement eu matière à réduire l’ensemble d’une petite centaine de pages au moins. 

J’ai quand même pris beaucoup de plaisir parcourir ce roman. L’envergure de l’Arène fiche le tournis, on s’immerge vite dans ce monde régit par les défis, on s’attache à ses protagonistes colorés. En bref, de la bonne SF comme je l’aime. La technologie avant-gardiste y côtoie une certaine forme de mysticisme, tout en gardant ce cap hard science propre aux productions actuelles. 

Je vais donc m’empresser de télécharger au plus vite la seconde partie, histoire de savoir comment la Terre va réagir à la découverte de l’Arène. Je vous recommande aussi de jeter sans tarder un œil à ce sympathique roman, surtout si vous êtes amateurs d’univers démesurés, à mi-chemin entre science et magie. Sur ce, rendez-vous dans deux semaines pour une plongée dans la littérature de science-fiction ! 

Publié le 22 septembre 2020

à propos de la même œuvre