En 320 pages, Scalzi arrive à nous livrer une histoire parfaitement aboutie, pleine de rebondissements, divertissante et intelligente. Le héros du livre, Jack Holloway, mineur et ex-avocat, trouve des filons valant des milliards sur une planète laissée en concession à une entreprise minière. Nécessairement, cela attire des convoitises et l’appât du gain semble justifier les entorses aux règlements chargés de défendre les autochtones et l’environnement. D’autant plus qu’une nouvelle espèce, les « toudous », serait peut-être intelligente, ce qui changerait le statut de la planète…
Difficile d’en révéler davantage sans spoiler. Mais Scalzi ne laisse rien au hasard. Son personnage central est intéressant, suffisamment ambivalent et complexe pour réserver des surprises aux lecteurs. Le titre fait nécessairement penser à la Controverse de Valladolid et le parallèle entre Zara XXIII et ses Toudous et les Améridiens d’Amérique centrale et du sud est évident. Le roman devient dans sa seconde moitié une sorte de roman judiciaire à l’anglo-saxonne avec ses rebondissements et ses petites phrases. C’est là que l’auteur excelle : les répliques fusent et les éléments qu’il distille au fil de son récit s’imbriquent. Rien n’est écrit pour rien. Le roman date déjà, mais commencer ne pas penser au Brésil de Bolsonaro et à ses logiques extractivistes et prédatrices ? Bien sûr, Scalzi fait le choix du happy end, ce qui finalement met un peu de baume au cœur. Et donc un vrai coup de coeur !
Vous aimerez si vous aimez les livres optimistes, avec de jolies punchlines, et une excellente maîtrise de la narration au service de l’humanisme.
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