« Chapeau, on lirait bien la suite ! »

De Tolkien à la fantasy historique

Écrivain canadien, Guy Gavriel Kay a fait son entrée dans la littérature de fantasy en travaillant à la mise en forme du Silmarillon de Tolkien. Il publie ensuite des romans, particulièrement la trilogie de Fionavar. Il se découvre ensuite un goût pour la fantasy historique auquel on peut rattacher le cycle de « La mosaïque sarantine ». L’intrigue se passe, quelques siècles plus tôt, dans le monde « méditerranéen » décrits dans Les Lions d'Al-Rassan et les Enfants de la terre et du ciel (romans à succès de l’auteur), et met en scène la ville de Sarance (très inspiré de Constantinople). Publié en 1998, Voile vers Sarance en constitue le premier tome et est aujourd’hui réédité dans une nouvelle traduction par l’Atalante.

L’appel de Sarance

On découvre ainsi l’histoire de Crispin de Varène, un mosaïste rhodien qui a perdu sa femme et ses filles l’année précédente de la peste. Crispin est l’associé de Martinien, dont la réputation est connue jusqu’à Sarance, de l’autre côté de la mer. L’empereur Valerius II et son épouse Al envoie un messager pour convier Martinien à Sarance car il a besoin de ses talents pour décorer une basilique en hommage à Jad, le dieu unique. Mais Martinien est trop vieux et décide d’envoyer son associé, qu’il estime aussi doué que lui, à sa place. Crispin renâcle mais finit par accepter de quitter sa maison. La reine Gisèle de Batiare le convoque et lui délivre un message à donner uniquement à l’empereur….

Le voyage

Martinien a recommandé Crispin à Zoticus, un alchimiste qui fabrique des oiseaux mécaniques. L’un d’entre eux, Linon, choisit d’accompagner Crispin. Ce dernier part donc sur les routes. Il rencontre dans une auberge la jeune esclave Kasia, promise au sacrifice à un dieu païen. Crispin décide de l’aider, contre les objurgations de Linon. Il ne sait pas à quel point il va compliquer son voyage. Et comment va-t-il, une fois à Sarance, réussir à échapper à la colère de l’Empereur lorsqu’il aura compris n’est pas Martinien ?

Ne jamais bouder son plaisir

Voile vers Sarance est une invitation au voyage pour tout amateur de fantasy et aussi pour tous les « byzantinistes » (mon maître Jean-Claude Cheynet apprécierait beaucoup). On reconnait sans peine Byzance derrière Sarance, Rome derrière Rhodia, Justinien et Théodora derrière Valerius et Alixana. Saluons la très bonne documentation de Guy Gavriel Kay. Saluons aussi sa très bonne narration et son goût pour ses personnages : Crispin est très bien campé, des femmes comme Kasia ou Alixana aussi. Malgré quelques longueurs, Voile vers Sarance est un pur délassement très bien mené. Chapeau, on lirait bien la suite !

Sylvain Bonnet

Publié le 4 mars 2020

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