Tova est courrier de troisième classe et parcourt le système solaire pour livrer des colis. Elle est aussi bot-nurse pour son plaisir : elle élève et guide des bébés bots pendant leur première année d’existence. Les IA ont besoin de s’incarner dans un corps (mécanique) pour grandir. Tova veille à ce qu’elles échappent au piège de la jeunesse des bots, notamment se perdre dans les flux de données et se fragmenter. En ce moment, elle élève Agatha.
Lors d’une banale mission, Tova et Agatha découvrent le vaisseau à la dérive d’un courrier de première classe, visiblement détruit par une météorite. Fidèle à la tradition des courriers, Tova prend en charge le cadavre et le message scellé. Le défunt souhaitait finir projeté dans le Soleil, comme le commande sa religion. Tova, à contrecœur, fait demi-tour et passe d’abord par sa ville natale, sur la Lune. Là, elle apprend qu’une catastrophe de grande ampleur a détruit des chantiers navals, emportant dans la mort des milliers d’humains. Et peu après, tous les bots de la Lune ont disparu…
À partir de là, démarre un thriller de l’espace, où jouent la famille dirigeante de la Lune, une poétesse, un marionnettiste, un prêtre, des courriers et, bien sûr, des bots. Bots incarnés en enfant, en chercheur de génie ou en station spatiale.
Ce roman court (environ 200 pages) ne connaît pas de temps morts. Il est aussi suffisamment étoffé pour approfondir quelques personnages clefs et des thématiques classiques de la SF : les IA qui développent une personnalité et ne veulent pas mourir, les IA qui vivent le deuil, les IA qui ont des désirs, les IA qui créent de l’art…
Cette aventure à travers le système solaire se lit d’une traite. Les rebondissements ne manquent pas, et l’auteur s’est amusé à nous faire découvrir divers lieux qui ont tous une histoire et ainsi créer un univers cohérent.
Il a doté ces IA d’une sensibilité et d’une individualité, alors même qu’elles sont combattues par des humains souhaitant leur disparition. Tova, elle, s’est attachée à ses « enfants » et a plus d’affection qu’elle ne veut bien admettre.
Cette histoire ne renouvelle pas le genre, mais elle est très plaisante à lire, avec régulièrement une touche d’humour bienvenue. J’ai passé un bon moment.