Courir après le temps, le maîtriser, le dompter, en avoir le contrôle, ou au moins avoir l'illusion de le faire, telle a été et, et probablement sera la quête de l'homme face à ce temps qui s'égrène. L'homme subit le temps qui file, fait son œuvre sur le corps, tente de le ralentir, de limiter ses effets, mais le sablier poursuit sa lente progression. de nombreux auteurs se sont emparés du thème du temps pour agir sur lui. L'un des plus connus est indéniablement H.G. Wells et son livre La machine à explorer le temps, mais d'autres s'y sont plus récemment essayés comme John Crowley avec La grande œuvre du temps, dans une nouvelle traduction de Patrick Couton, et c'est paru aux éditions de l'Atalante.
Caspar Last pense avoir trouvé la solution pour se mettre à l'abri en utilisant le voyage dans le temps pour récupérer un timbre de 1 cent de collection qui va valoir une fortune. Après cette opération, il s'est juré de ne plus utiliser le voyage dans le temps, imaginant les conséquences irrémédiables de la modification.
Mais une société secrète nommée l'altérité n'est pas du même avis, et vont s'en suivre de diverses explorations à différentes périodes de l'histoire qui façonnent l'Empire britannique.
John Crowley s'empare du mythe du voyage dans le temps pour livrer un court roman d'anticipation hyper créatif mais aussi ultra exigeant. La lecture est exigeante car les voyages ne sont pas linéaires, les protagonistes complexes et la toile de fond autour de l'Empire britannique sujet à caution, voire critique. Il n'en reste pas moins que ce livre mérite la découverte tant par sa singularité créative que par les questions qu'il pose.