On ne classe pas Honor Harrington dans la hard sf pour rien, vous êtes prévenus.

Weber - Une guerre victorieuse et brève - Ombre Bones
Article Original

Après les évènements survenus sur Grayson, Honor a du rester une année en convalescence. À ce terme, un courrier de l’amirauté l’informe d’une nouvelle promotion et de son affectation sur le célèbre bâtiment HMS Victoire. On l’envoie en renfort à la frontière sous les ordres de l’amiral Parks, qui ne l’apprécie pas beaucoup. Il n’y a pas de vraie raison à ça, c’est juste que sa tête ne lui revient pas et que monsieur tape dans l’excès de zèle parce qu’il n’apprécie pas les actes passés d’Honor, même s’il en reconnait l’importance (ne cherchez pas la logique). Parallèlement à cela, la République populaire de Havre commence à bouger et cherche à déclencher la guerre contre Manticore, celle qui menace d’exploser depuis si longtemps. Leur but: contrôler la révolte qui gronde sur leur territoire. Rien de tel qu’une petite conquête pour ça, non? Non? Ouais, non, on est d’accord.

Assez rapidement, on sent un schéma proche de celui de Mission Basilic. Honor est reléguée à la frontière et doit affronter le Havre, qui a plus d’un tour dans son sac. Contrairement au premier tome, elle n’est pas vraiment seule face à eux mais je ne vous en dis pas trop non plus afin de ne pas spoiler le contenu.

La narration de David Weber permet l’alternance des points de vue. Ce tome est davantage politique que les précédents. Le lecteur est emmené dans la République, en apprend beaucoup sur son système et sur les manigances du gouvernement. C’est intéressant mais aussi un peu perturbant parce que les protagonistes se multiplient facilement et j’ai retrouvé le même sentiment de perte que dans le premier tome. J’ai presque du prendre des notes pour me rappeler qui est qui, qui fait quoi et pourquoi. Une chose est sure, ce n’est pas une lecture « détente ».

Ce tome offre aussi une évolution par rapport à la vie personnelle d’Honor. Le retour de Pavel Young dans les environs (au passage, j’ai été plus que satisfaite de la fin !) permet d’apprendre ce qui est vraiment arrivé sur l’île de Saganami mais aide également Honor à passer outre. J’ai apprécié le traitement qu’avait l’auteur par rapport à ces thématiques. Que ma phrase suivante ne soit pas mal interprétée mais, pour un homme, cela m’a agréablement surprise. Évidemment, la reconstruction d’Honor passe par le regard d’un autre homme et sa relation avec lui mais ça ne m’a pas dérangée plus que ça grâce à la manière dont David Weber l’a amené.

Même si les enjeux deviennent plus important, ce troisième tome est quand même globalement plus lent sur son action. Les batailles spatiales sont assez peu présentes hormis les frappes éclairs et, évidemment, l’affrontement « final ». Je pense que ce troisième volume fait office de transition et j’espère que le quatrième nous offrira davantage d’action.

À noter que la fin de ce volume contient une vingtaine de pages explicatives sur la marine dans l’univers d’Honor Harrington. J’ai trouvé cette initiative intéressante et vraiment utile pour le lecteur qui a du, jusqu’ici, tout comprendre par lui-même.

Pour résumer, ce troisième tome de la saga Honor Harrington confirme David Weber au panthéon des grands auteurs de hard sf. Il maîtrise toujours aussi bien son sujet et est hyper immersif. Si Une guerre victorieuse et brève contient moins d’action que les tomes précédents, il permet une évolution majeure sur le plan politique ainsi qu’un développement psychologique intéressant pour notre héroïne. Je recommande toujours autant cette saga aux fans de science-fiction.

Publié le 17 décembre 2018