Ceux qui ont lu et apprécié les romans précédents de l'auteur seront sans doute ravis de retourner dans cet univers, et tout lecteur qui apprécie la lecture de space opera militariste ajoutera le nom de Sawyer, à juste titre, entre ceux de Campbell et Weber. Pour ma part, j'attends la suite avec impatience, d'autant que j'ai retrouvé avec plaisir la traduction à la fois précise et élégante de Florence Bury.

Sawyer - Paria - Les Chroniques de l'Imaginaire
Article Original

Après une longue guerre plus ou moins chaude entre l'Alliance et le Directoire, qui a vu l'humanité se déchirer, une guerre spatiale opposant les Humains aux Krells a occasionné encore d'autres massacres. Une paix fragile a été signée, mais tous les humains n'en sont pas satisfaits, car ils l'assimilent à une capitulation face aux Krells, sachant que bien sûr il y a aussi certains Krells qui auraient souhaité continuer de se battre jusqu'à annihilation complète de leur ennemi. Ces jusqu'auboutistes sont la Spirale Noire, du côté humain, et certains collectifs Krells, comme celui de l'Aileron rouge.

La lieutenante Keira Jenkins n'est pas du tout informée de tout cela, elle a bien assez à faire avec ces bleus qu'elle est censée former, alors qu'il s'agit d'un ramassis hétéroclite. Après une mission partie en vrille, elle est affectée avec sa section, les Chacals, au Santa Fe, qui est expédié le plus loin possible du QG de l'Alliance. Le vaisseau est commandé par sa vieille amie, le commandant Carmine, et elle y retrouve le commandant Vadim Sergkov, qu'elle avait vu se faire tuer sur Daktar, sa mission précédente. Leur premier arrêt est sur une station spatiale où ils doivent récupérer un scientifique ainsi qu'un nouveau membre pour sa section, un Krell modifié, paria pour les siens.

Ce roman se déroule dans le même univers que la trilogie précédente de l'auteur, Lazare en guerre, dont le personnage principal est mentionné à plusieurs reprises. Il peut toutefois se lire avec plaisir, même pour un lecteur qui, comme c'est mon cas, n'aurait pas lu les romans précédents.

L'univers présenté dans ce roman est complexe et intéressant et chacun des personnages a sa propre histoire et ses propres caractéristiques dont on peut prévoir qu'elles seront utilisées dans les romans suivants. Ce tome est surtout une présentation de la situation présente et montre bien les clivages qui persistent au sein même de l'humanité, ainsi que chez les Krells. Cette espèce extraterrestre est présentée de façon habile, à la fois détaillée et sans explications qui alourdiraient le rythme vif du récit.

"Vif" est le moins que je puisse dire : l'action est à peu près incessante. Où qu'aillent les Chacals, ils sont sur le point de se faire tuer. Les scènes de bataille sont crédibles et variées, mais j'avoue avoir terminé ma lecture à peu près à bout de souffle !

Ceux qui ont lu et apprécié les romans précédents de l'auteur seront sans doute ravis de retourner dans cet univers, et tout lecteur qui apprécie la lecture de space opera militariste ajoutera le nom de Sawyer, à juste titre, entre ceux de Campbell et Weber. Pour ma part, j'attends la suite avec impatience, d'autant que j'ai retrouvé avec plaisir la traduction à la fois précise et élégante de Florence Bury.

Publié le 1 avril 2019