Un vrai coup de cœur. Une curiosité littéraire rare.

Maleficium - Brunaelle Pioche
Article Original
Un vrai coup de cœur. Une curiosité littéraire rare.

Chaque page suinte le soufre, l’encens et les désirs inavouables.

Maleficium de Martine Desjardins, c’est 7 confessions. 7 hommes. Un même prêtre. Et cette femme, toujours elle, à la lèvre fendue, qui croise leur route quelque part entre la péninsule arabique, l’Inde et l’Afrique.

Au départ on suit une mécanique presque hypnotique : un homme, une quête, une rencontre, une malédiction. Le style est somptueux, sensoriel, un peu suranné, on se croirait dans un cabinet de curiosités du XIXe siècle. C’est baroque, c’est érudit, c’est étrange dans le bon sens du terme.

Et il y a du body horror, discret mais présent, des corps qui se transforment, qui débordent, qui trahissent. La chair punie pour ses péchés. C’est viscéral sans jamais verser dans le gore gratuit, ça reste au service du propos.
Et puis la 8e confession arrive. Et là tout bascule.

Ce qu’on croyait être l’histoire de 7 victimes devient quelque chose de bien plus puissant, bien plus sombre. Le female rage à l’état brut. La vengeance comme seule réponse possible au silence qu’on impose aux femmes.

C’est féministe sans jamais le crier. C’est violent sans jamais être gratuit. Et ça reste dans la tête longtemps après la dernière page.

 

Publié le 2 juin 2026

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