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Paquet - Faux-semblance - Les lectures de Xapur
Posté le 29 novembre 2017

Quatre textes très différents, donc, sont au sommaire de ce recueil.

Synesthésie raconte le contact entre deux individus, le gouverneur humain d’une petite planète et une émissaire alien, dans une ambiance tendue, sur fond de guerre galactique. La raison de leur rencontre ? Une Porte de voyage interstellaire que les humains utilisent et que les aliens convoitent. Mais cette Porte est pilotée par une IA qui fonctionne de façon très inhabituelle, sur les liens entre les passagers, leurs émotions et les images suscitées par les odeurs. Étrange et original. La nouvelle a été couronnée par le Grand Prix de l’Imaginaire en 2002.

Rudyard Kipling 2210 transpose une partie de l’histoire du célèbre écrivain sur un champ de bataille du futur, où s’affrontent humains et aliens. Le héros, ancien général, recherche les corps des soldats tombés au combat pour les identifier et leur offrir une sépulture. L’arrivée d’une jeune femme qui cherche son mari va lui faire repenser à son passé, affronter ses propres douleurs et aller vers autre chose. Un texte intéressant même si les réactions de certains personnages, comme celles de la jeune femme, sont un peu étranges (trop théâtrales ou choquantes ?).

Cauchemar d’enfants : en prenant au pied de la lettre l’expression « les enfants font la loi », l’auteur imagine un monde où les gosses règnent, choyés par leurs parents obligés par le gouvernement de les couvrir de cadeaux et d’obéir à leurs quatre volontés. Dans ce contexte, un inspecteur de police adulte, dirigé par son capitaine de… 14 ans, enquête sur du marché noir, de la revente de jouets que certains « vieux » pratiquent pour se payer sorties et distractions autrement fort limitées. Un univers qui frôle l’absurde en renversant les rôles et en les poussant au paroxysme, dans un climat de délation, de paranoïa et d’immaturité qui est original et inquiétant.

Une fille aux pieds nus est la nouvelle inédite du recueil. Suite à un tsunami au Japon, la jeune Hikaru erre au milieu des décombres. Elle y croise des gens désespérés, hébétés, perdus, des scènes de chaos indescriptible. Avec un point commun, les disparus, les familles disjointes. Ce qui lui évoque ses souvenirs et ses sentiments envers son père qu’elle n’appréciait guère et qui finit par lui manquer. Un récit émouvant, bien ancré dans la culture japonaise que l’auteur affectionne et comprenant une belle touche de fantastique.

Quatre textes différents et autonomes, que j’ai trouvé réussis et émouvants, originaux et faisant réfléchir. Une belle découverte.

A noter une belle couverture signée Aurélien Police, une préface érudite de Xavier Mauméjean et enfin un texte de quatrième de couv’ de Jean-Claude Dunyach, le tout dans un bel objet livre avec couverture à rabats et papier de qualité, pas mal, non ?

- Xapur, le 29/11/17 



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Weber - Au champ du déshonneur - De livres en livres
Posté 16 janvier 2018 -
Ce quatrième tome de la saga Honor Harrington a une ambiance bien différente de ses prédécesseurs. Je dois dire que pour moi pour l'instant c'est de loin le meilleur de la série. Honor grandit bien en tant que personnage, elle fait face à tout ce qu'elle n'aime pas, notamment le fait de devenir une figure publique, elle subit aussi beaucoup émotionnellement parlant et se combativité est à son maximum pour se battre contre cet ennemi qui la suis depuis si longtemps.

Jusqu'ici, en dehors de moments bien spécifiques, j'avoue que si elle était très efficace et intelligente dans ses choix, j'ai toujours imaginé Honor limite timide, du genre un peu effacée. Je parle surtout pour sa vie personnelle, car il est clair que niveau professionnel elle est un ennemi à ne pas se faire. Du coup j'ai toujours eu un peu de mal à vraiment m'attacher à elle, elle subit plus quelle n'agit en fait. 
Mais dans ce tome nous voyons enfin son vrai visage, celui qu'elle est capable d'avoir si on la pousse à bout. Et j'ai adoré ce changement, de voir sa double face en fait. Elle remonte bien dans mon estime pour le coup, j'avoue que même si ce n'était pas forcement le meilleur moment pour elle, j'ai adoré ce personnage et j'avais vraiment le sourire tout du long du passage avec cette Killer Honor. Et même ensuite en fait car si elle a retrouvé son humanité elle est bien plus tranchante et active qu'avant.

Au niveau de l'intrigue elle même, ne vous attendez pas à des combats spatiaux ou à retrouver l'antagoniste de toujours dans ce tome. Pour une fois on peut dire que toute l'intrigue se déroule sur terre, ou du moins pas dans des vaisseaux. Du coup niveau action et batailles c'est vraiment très light. Mais on se concentre sur l'ennemi intérieur, celui qui ne pourra pas être battu à coup de laser mais à coup de politique et de procès. 
Car oui ce tome est vraiment énormément basé sur la politique interne. En fait limite à certains moments j'avais l'impression de revoir l’élection de Trump en direct tellement les parallèles sont facile à faire. C'est vraiment hyper typique des moments ou on voudrait pouvoir faire quelque chose mais le système lui même nous empêche et on est vraiment pris dans une vague qui nous bloque. En fait dans toute la première partie on a envie de crier à l'injustice tellement on se sent impuissant. Mais heureusement la fin change tout et j'ai adoré la façon dont ça se déroule.

17/20
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Pratchett - Lapsus Clavis - Phenix Web
Posté 13 janvier 2018 -

Auteur mondialement célèbre, Terry Pratchett s’étonne régulièrement de son succès, dans ses textes et ses discours.

Il évoque avec humour sa carrière d’auteur, ses tournées de signatures dans des endroits improbables, des réceptions pour recevoir des récompenses, des hôtels visités par centaines.

T. Pratchett parle aussi de son métier, de sa méthode (?) de travail, sans pour autant théoriser l’écriture. Les textes présentés ne contiennent aucune explication du Disque-Monde, ni de théorie sur cet univers si particulier.

 

La dernière partie est consacrée à la maladie que Terry Pratchett avait voulu rendre publique. Il voulait ainsi faire avancer la recherche et dénoncer le sort réservé aux malades dépourvus de ses moyens et de sa célébrité.

Dans les romans du Disque-Monde Terry Pratchett montre et dénonce souvent les travers de nos sociétés modernes, par petites touches, subtilement. Dans Lapsus clavis, il exprime sa colère devant ce qui le révolte, sa maladie en premier lieu, mais aussi les dysfonctionnements d’une société incohérente.

Il le fait avec retenue, mais non sans force.

Un grand Monsieur à découvrir.

- Chris de Savoie, le 13/12/17. 

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