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Leboulanger - Malboire - Juste un mot
Posté le 13 septembre 2018
C'est en 2011 que Camille Leboulanger se fait remarquer avec la publication aux éditions L’Atalante d’un premier roman post-apocalyptique intitulé Enfin la nuit. Après un détour l’année dernière par la fantasy avec Bertram le Baladin aux éditions Critic, le français revient au genre science-fictif avec Malboire, un autre récit post-apocalyptique qui mêle écologie, foi et amour dans un monde dévasté.
“Je suis resté longtemps avec Ceux de la boue. Combien de temps exactement ? Impossible à dire. Les mange-terre ne tiennent pas le compte des minutes et des jours, des heures et des mois. Ils errent sans but, marchent pour ne pas tomber, et s’ils finissent tout de même par chuter, c’est là qu’ils dormiront.”

Malboire commence de façon noire, très noire. On y rencontre d’emblée des êtres humains qui semblent vivre comme des bêtes, condamnés à errer dans une boue écœurante qui recouvre tout : la Malboire. Le récit de Camille Leboulanger commence comme le Plop de Rafaelo Pinedo mais s’extirpe rapidement de sa gangue toxique pour donner offrir un visage humain au lecteur : celui de Zizare. Ancien mange-terre, Zizare découvre le monde grâce au vieil Arsen, un ermite obsédé par l’idée d’une machine capable d’extraire l’eau du sous-sol. Rapidement, Malboire devient un récit d’apprentissage cruel dans un monde toxique où l’Eau prend une majuscule du fait de son importance vital. Dès les premiers instants, Camille Leboulanger fixe son attention sur l’élément liquide et sur ce qu’il représente pour notre société. Il imagine un univers où l’eau vaut bien plus que tous les métaux précieux réunis. Un message d’une actualité brûlante.

“J’ai toujours aimé écouter la pluie, depuis l’intérieur d’une maison ou bien sous l’averse. C’est ainsi que j’apaise mes doutes et mes douleurs, et l’Eau qui tombe du ciel ne manque jamais d’éteindre mes colères.”

Récit éminemment écologique, Malboire tente de redéfinir le monde. La plupart des hommes ont ici régressé à l’état de sauvages superstitieux et la technologie est devenu un mythe, une légende, celle du Temps Vieux et de ceux qui ont détruit l’écosystème de la planète. Zizare découvre ainsi le village croulant de Wassingue (qui signifie Serpillière dans le parler du Nord de la France), construit sur les ruines de Floréal, allusion transparente et pleine de sens à Monsanto. Dès lors, notre narrateur fait l’expérience du sentiment le plus humain qu’il soit : l’amour. Camille Leboulanger façonne ici une jeune femme sublime qui regorge de poésie et de blessures secrètes : Mivoix. Mais l’histoire taciturne de celle-ci et de Zizare peut-elle suffire ? Certainement pas ! Alors Malboire se transforme en une sorte de road-movie où l’on visite un ancien Barrage devenu lieu de culte grotesque, où l’on côtoie la mort aux côtés de Batras, autres fanatiques obsédés par l’idée de Là-Haut, ce néoparadis porteur d’espoir et d’eau pour tous.

“La pitié, ai-je découvert, est un remord sans objet, celui d’une compassion impuissante.”

Malboire, c’est aussi et avant tout ça : la foi, l’espoir, l’acharnement. La foi d’Arsen en l’humain et en ses machines, la foi de Mivoix en Zizare, la foi des Planches à Mort en leur apocalypse, la foi des Batras en leur paradis. L’être humain reste définitivement un être de croyances, des croyances qu’il réinvente même dans la boue, même dans le rien. Au cœur de Malboire, il y a également ce jugement d’une humanité qui s’autodétruit, égoïste et imbécile, aveugle à sa propre bêtise. Si le monde de Camille Leboulanger semble d’une noirceur infinie, c’est pour mieux débusquer l’espoir et le partage, pour mieux comprendre qu’il suffirait de penser pour éviter l’horreur. Du haut de notre propre barrage, ne devrait-on pas prendre conscience que nous privons déjà Ceux-de-la-Boue d’une vie meilleure, d’une vie décente ? Si ce message s’avère d’autant plus fort, c’est grâce à la plume du français, suprenament poétique et élégante, qui transforme un récit post-apocalyptique en une histoire poignante sur notre besoin d’aimer, de croire et de lutter.


Malboire se sert de l’apocalypse pour cerner l’importance vitale de l’eau et notre façon de la gaspiller. Dans un univers à la noirceur pleinement assumée, Camille Leboulanger nous trimbale dans ces contrés cruelles où l’homme trouve la foi où il peut. Mais finalement, c’est l’amour et l’humanité qui restent, l’espoir un peu grotesque que l’homme changera les choses avant la fin, à moins qu’il ne le fasse après…

Note : 8/10

Nicolas Winter - Juste un mot



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Campbell - Ascendant - Biblioteca magazine
Posté 30 novembre 2018 -

Rob Geary, désormais marié et père de famille, n'est pas reconduit à la tête de la station spatiale sur la planète Glenlyon qu'il a pourtant sauvée trois ans auparavant. Il s'inquiète du pouvoir grandissant des trois démocratures que sont Scatha, Turan et Apulu qui resserrent leur étau lentement mais sûrement...

Dans ce second tome, Jack campbell étend avec brio son exploration des conflits en mettant en évidence leurs origines modestes et fait peser, par le biais de ces conflits futuristes, la complexité et la portée de l'opinion public.

- Biblioteca magazine n°223, novembre 2018.

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Brennan - Le sanctuaire ailé - Elbakin
Posté 21 novembre 2018 -

On le sait depuis Une histoire naturelle des dragons, les mémoires de Lady Trent, naturaliste et tête brûlée de son état, ne devaient comporter que cinq tomes, chaque nouveau volume allant un peu plus loin dans la résolution des mystères qui entourent les dragons. C’est donc avec un petit pincement au cœur que l’on suit Isabella au cœur du massif himalayen (ou pas, mais presque ; à ce stade de la série, vous connaissez la chanson) et du Sanctuaire qui s’y cache.
Par la voix de son héroïne et narratrice, Marie Brennan nous promet depuis le prologue du premier tome une découverte inouïe… et il faut bien reconnaître qu’elle ne s’est pas moquée de nous. Si vous trouvez la quatrième de couverture un peu vague, n’espérez pas que cette chronique vous en dise davantage : l’ampleur de la révélation est telle que résumer le roman et risquer le spoiler serait sacrilège.
Riches, passionnantes et formidablement illustrées, les Mémoires de Lady Trent se sont révélées d’une constance impressionnante et ce final en apothéose conclut la série de la meilleure des façons. Marie Brennan a livré ici une pentalogie extrêmement divertissante, tout à la fois roman de fantasy, récit de voyage et ouvrage faussement scientifique, bien écrite et moins légère qu’il n’y paraît.
Une lecture chaudement recommandée pour tous les amateurs de dragons, quel que soit d’ordinaire votre genre de prédilection !

-Saffron, le 02 juillet 2017.

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