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Hines - Le graal du gobelin - Les vagabonds du rêve
Posté le 27 février 2017
Où l’on découvre que, jusque dans le monde souterrain, chez les gobelins eux-mêmes, il suffit d’être un peu plus faible et plus maladroit pour se faire harceler par de plus forts-en-gueule.
C’est ainsi que Jig est encore de corvée de gadouille à un âge où ses camarades sont déjà des guerriers. Ce n’est pas la pire des situations au fond. Et puis, il a Titache, après tout, une araignée de compagnie qui, s’enflammant au moindre danger, lui évite bien des avanies. Pas toutes, hélas, puisque, non content des brimades habituelles, cette brute de Porak a décidé cette fois de l’emmener en patrouille. Jig va vite comprendre qu’il s’agit en fait de l’envoyer, lui, inspecter les galeries, pendant que les autres joueront tranquillement aux dés.
À circuler ainsi hors de ses propres tunnels, il y a bien du danger. Au plus près déjà, les hobgobelins tellement plus grands et plus forts. Les Poissons-lézards aussi, mais ils restent cantonnés à leur lac et sont donc facilement évitables. Très certainement, beaucoup d’autres créatures plus redoutables encore. Mais qui dit tunnels dit aussi aventuriers et, dans ces tunnels-ci, tout donjons-&-dragonnesques, il aurait fallu à Jig une chance inouïe pour leur échapper.
Sa connaissance (réelle) du monde souterrain, et la connaissance (hypothétique) que lui en prêteront les aventuriers rencontrés lui sauvera donc la vie puisqu’il sera embarqué d’office comme guide.
Voilà donc Jig parti en quête d’un artefact magique aux côtés d’un prince-guerrier, fort et vaniteux, et de son frère, un mage redoutable, accompagnés de leur tuteur, un nain non moins fort mais plus sagace, prêtre de Forgemonde. Une elfe, aussi, qui ne les suit pas de gaîté de cœur mais pour éviter la prison ou pire. Qui se soucierait, en effet, d’affronter des ogres, des dragons ou autres horreurs ?
Mais c’est le prix pour devenir un héros – et, à sa manière, Jig pourrait bien en être un – et, accessoirement, pour acquérir des lunettes d’autant plus précieuses que l’on est bien myope.
Un roman plein d’humour, et plus encore pour qui s’est jamais attaché aux jeux de rôle. De quoi passer un bon moment en découvrant un personnage plus attachant qu’on n’a coutume de l’attendre d’un gobelin. Pour les jeunes et ceux qui se souviennent de l’avoir été, donc.
 
Hélène Marchetto - Les vagabonds du rêve


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Dunyach - L'enfer du Troll - Laurynbooks
Posté 18 juillet 2017 -
Après L'instinct du Troll, recueil de 4 nouvelles hilarantes, voici le retour du Troll de Jean-Claude Dunyach, cette fois-ci sous forme de novella. La Fantasy est certainement le genre de l'imaginaire qui souffre le plus de l'utilisation de poncifs éculés à l'extrême, au point que le lecteur a parfois l'impression de relire plusieurs versions d'une même histoire. Même les personnages n'échappent pas à ce phénomène : voleurs, guerriers, magiciens... d'un livre à l'autre, ils se ressemblent, et il n'y a bien que du côté du caractère que l'auteur peut agir, mais, même là, on assiste souvent à un phénomène d'uniformisation qui fait qu'un voleur se comporte de la même manière, possède les mêmes motivations... enfin bref, il n'est pas évident de trouver des ouvrages de Fantasy qui se démarquent réellement les uns des autres. Et puis, de temps à autre, on tombe sur un OVNI, un bouquin qui donne envie de mener une enquête sérieuse sur les habitudes culinaires de l'auteur, ou de vérifier quel type de flore pousse sous la fenêtre de sa chambre, histoire de comprendre comment il a pu écrire cette histoire.

De base, Jean-Claude Dunyach part avec un personnage que l'on a très rarement l'occasion de rencontrer en premier rôle en Fantasy : un troll. Le lourdaud de service qui sert habituellement de cinquième roue du carrosse, juste bon à distribuer quelques baffes ici et là, se retrouve ainsi au premier plan... accompagné de sa trollesse ! Donc, hop, fini le traitement habituel des personnages classiques, nous voici plongés avec délice dans la manière de voir les choses du Troll. Immortel, vieux comme le monde, en total décalage avec l'humanité, il a sa philosophie et sa façon d'appréhender la vie qu'un humain ne peut évidemment pas comprendre. Mais est-ce suffisant pour donner un ton vraiment original à l'ensemble ? Non, et c'est certainement pour cela que Jean-Claude a osé y mettre l'impensable : du management. Gestion de l'activité et du personnel, diagrammes, rentabilité, plan sur cinq ans, ressources humaines, stagiaires, budget... notre Troll évolue dans une caricature de notre monde moderne, bourré à l'excès de paperasse et de notions inutilisées en Fantasy. Cette manière d'aborder l'histoire lui permet ainsi d'utiliser un vieux classique – le mal qui risque de provoquer l'Apocalypse – tout en restant très éloigné de son traitement habituel, au point que l'on oublie cette idée de départ, noyés par des nécromants consultants au contrat de travail en béton armé ou par des chevaliers en quête du Graal grâce à une application interactive astucieuse, à condition de prendre la version payante. Au bout du compte, le lecteur rigole d'un bout à l'autre du bouquin, non sans relever des clins d'œil appuyés au Seigneur des Anneaux et même à Star Wars ! Les pages filent à une telle vitesse que le lecteur ne peut que regretter d'arriver au bout du livre si vite. Il en aurait fallu davantage !

Un récit divertissant, frais et très original qui me fait espérer que Jean-Claude se dépêche d'écrire la suite ! J'ai eu ce second tome aux Imaginales, où j'ai donc eu le plaisir de le faire dédicacer, et j'espère que ce sera aussi le cas du prochain.
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Kay - Les Chevaux célestes - Ombres Blanches
Posté 18 juillet 2017 -

Au cœur de la Chine

Guy Gavriel Kay aime bien l'Histoire. Après s'être intéressé dans d'autres romans à l'Italie médiévale, à l'Espagne de la Reconquista ou au règne de Justinien, il s'est attaqué à la Chine à l'ère de la dynastie Tang et notamment à l'épisode de la révolte d'An Lushan. Cet évènement lui sert de canevas pour y broder une épopée riche et documentée, forte de nombreux personnages réussis et désireuse de retranscrire la poésie et les légendes de cet âge d'or de l'Empire du Milieu. En nous glissant dans la peau de Shen Tai, jeune chinois catapulté au sein des évènements politiques et militaires de l'époque, ce texte, étiqueté « Fantasy » mais qui tient au final plus du récit historique romancé, réussit son pari de nous tenir en haleine sur plus de 600 pages.

Yoan - Ombres Blanches

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