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Gonzalez Ledesma - La Ville Intemporelle - Radio Cite Vauban
Posté le 18 novembre 2008
Barcelone, la capitale catalane, capitale de coeur pour nombreux espagnols en lieu et place de la trop blanche et royale Madrid, est un berceau d'histoire et de civilisation de l'humanité et des peuples qui l'ont occupée. Qui d'autre qu'un barcelonais amoureux de la ville comme Francisco Gonzalez Ledesma pour lui rendre hommage dans La Ville Intemporelle, son dernier roman traduit en français et paru aux éditions l'Atalante.

Marta Vives, jeune stagiaire d'un cabinet d'avocats, brillante universitaire bardée de diplômes, mène l'enquête sur la mort d'un riche barcelonais retrouvé exsangue. Elle mène aussi une investigation personnelle qui la mène dans les entrailles de Barcelone aussi bien au niveau historique qu'au niveau architectural.

Parallèlement à ce premier récit, l'auteur dépeint le parcours d'un vampire, lui aussi barcelonais, de sa naissance au Moyen Age dans un lupanar glauque à la mort de sa mère pour faits de sorcellerie, de la prise en compte de sa nature vampirique à son voyage à travers les siècles, toujours attaché à Barcelone qu'il voit se transformer grâce ou à cause, c'est selon, de l'inquisition, à Gaudi et des franquistes.

Vous l'avez compris, ici c'est bien Barcelone le personnage principal, l'héroïne centrale. Ne venez pas chercher chez Ledesma de l'horreur, du sang et du sensationnel. C'est parce que le vampire traverse les siècles que l'auteur se sert de cette figure classique des romans d'horreur. Mais il lui peaufine un profil presque sympathique, bien loin du monstre de Transylvanie. En naviguant entre le passé et le présent, Ledesma montre le caractère immuable de l'opposition entre le Bien et le Mal, l'emprise de la foi sur le destin des hommes et d'une ville.

Bien loin des images d'Épinal ou plutôt de Barcelone que nous avons tous en tête, l'auteur nous la montre sous un jour nouveau, même pour ses lecteurs fidèles qui l'ont arpenté en long, en large et en travers en compagnie de Mendez, son personnage fétiche. Enfin, Ledesma, en bon raconteur d'histoire, n'oublie pas qu'un bon roman, c'est aussi une bonne fin, qui est loin ici d'être téléphonée et rend honneur à Barcelone, sa muse d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

Olivier VERSTRAETE, Radio Cité Vauban, 11 novembre 2008



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Berteloot/Poussin - Ketchup Boy - scenario.com
Posté 19 décembre 2008 -

Ketchup Boy est un roman graphique racontant l’histoire personnelle et professionnelle de Lucien Bastardi. On le suit de la fin des années 70 jusqu’au début des années 90. J’ai pris un petit coup de jeune en lisant cette histoire, la fin de l’histoire correspond à la période où j’ai commencé à m’intéresser à la musique et aux groupes, et comme Lucien à lire des magazines sur le sujet. Bon, j’ai dû rattraper mon retard à un moment ou un autre, car je connais pratiquement tous les disques que l’on voit régulièrement en arrière plan comme ceux des Sex Pistol, Clash, …
Comme je le disais même si je ne me souviens pas très bien de cette période fin 70, début 80, j’ai quand même lu ou vu pas mal de reportages sur cette époque et j’ai vraiment eu l’impression de la retrouver par les différentes petites touches avec les apparitions des différents personnages principaux ou non, Ketchup croise des punks, skins, rockers, métalleux, disco, …

En plus de la vie personnelle et sentimentale de Ketchup, on y voit aussi les espoirs et déboires de sa vie professionnelle. Pour en avoir parlé avec pas mal de musiciens, rien n’a changé, les galères qu’ils vivent actuellement sont les mêmes que celles que vivait Ketchup à son époque. Que ce soit les petits boulots, les séances de répétitions qu’il faut payer, les relations conflictuelles dans un groupe, …
C’est grâce à tous ces petits détails, dont beaucoup doivent être des souvenirs de l’époque, que l’histoire de cet album sonne vrai et une fois commencé, je n’ai pas pu le refermer avant la fin.

J’ai bien accroché avec le dessin réaliste en noir et blanc. Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite mais on voit les personnages vieillir entre le début et la fin de l’histoire. On les voit évoluer en bien ou en mal en fonction de leur parcours. J’ai beaucoup aimé toutes les petites références dans les arrières plans comme les disques, les posters, les fringues, …qui rappelle les chambres d’ados et les premiers studios quand on arrive à Paris. C’est aussi la même chose pour les voitures et bâtiments. C’est par tous ces petits détails que l’on ne remarque pas forcément à la première lecture qu’on replonge dans ce passé pas si lointain.

Si vous vous intéressez au rock ou au punk, que vous ayez vécu cette époque ou non, je suis sûr que cet album est fait pour vous !

Fef, scenario.com, 18 décembre 2008

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Briggs - Les Chaînes du Dragon - Actua-Libria
Posté 19 décembre 2008 -

Trouver de bons ouvrages de fantasy est à l'heure actuelle une véritable gageure tant les rayonnages sont emplis de traductions purement illisibles car traitées avec une trop grande rapidité. L'Atalante fait une fois de plus exception à la règle avec un roman anglo-saxon d'une qualité rare. Aucun des éléments créant l'envoûtement du lecteur ne manque. Dès que l'on ouvre les pages l'invitation à suivre les pas de Stolon en Hurog se fait trop forte et il devient de plus en plus difficile de lâcher le livre. Une question hante le lecteur : que sont devenus les fameux dragons que l'on attends tout du long ? De révélations en trahisons ce grand roman vous promets de passer d'excellents moments devant ses pages.
Chaque personnage a sa propre histoire, créant ainsi une consistance de chacun d'eux qui n'existe plus que trop rarement. Les lieux mythiques de ce monde onirique bénéficient eux-aussi de la fluidité de la plume l'auteur. Point particulièrement important : la traduction est d'une qualité rare pour ce type d'ouvrage et transforme une lecture, qui aurait pu être laborieuse tant les mots ne signifient rien une fois ensemble, en un véritable plaisir de tous les instants.
Jetez-vous donc sur ce livre comme le ferait un dragon sur vous et entrer en Hurog vous n'en ressortirez pas de sitôt, en tout cas pas intacts,...

Thomas Riquet, Actua-Libria, 4 décembre 2008