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Forbeck - Amortels - Mythologica
Posté le 30 janvier 2012
Matt Forbeck a de nombreuses cordes à son arc, et s’il a conçu des jeux de cartes, de rôles et de plateau ainsi que des scripts de jeux vidéo, il est également l’auteur de nombreuses nouvelles, romans, bandes dessinées… et la liste est longue. Autant vous dire qu’il n’est pas surprenant de trouver cet Amortels dans la collection La dentelle du Cygne des éditions L’Atalante. La couverture pourrait nous laisser présager un énième Matrix, mais il n’en est pas du tout question. D’ailleurs, la quatrième de couverture nous propulse directement dans le cœur de l’action :

« Prêt pour la suite, agent Dooley ? » L’homme aux cheveux tirés en arrière dont le visage transpirait l’autosatisfaction esquissa l’ombre d’un sourire. Ses dents étincelèrent dans la pénombre. « C’est vrai, j’ai vu un documentaire sur votre première mort à l’école primaire.
—   Que le spectacle commence ! »
Patrón cligna des yeux. Je le connaissais depuis un sacré bail.
C’était un dur. « Ce n’est pas beau à voir, Ronan », dit-il enfin.

 « Amortels est un roman de science-fiction situé dans un avenir pas très lointain où les riches, les puissants et ceux qui les servent peuvent sauvegarder leur esprit et le transférer dans un clone en cas de décès. L’homme le plus vieux du monde, l’agent secret Ronan Dooley, ressuscite ainsi pour se voir confronté à l’enregistrement de son assassinat, sur lequel il doit maintenant enquêter. » Matt Forbeck

« Amortels, c’est Chandler dans le monde de Blade Runner, sur un rythme trépidant. Un grand plaisir de lecture. » (The Guardian.)

Quand un dialogue est capable de vous projeter dans l’histoire en quelques lignes, on peut généralement s’attendre à quelque chose de passionnant. L’agent Ronan Dooley travaille pour le Secret Service, une agence fédérale qui, outre la lutte contre la fausse monnaie, assure la sécurité du président, du vice-président, de leurs familles ainsi que de tout dignitaire étranger en déplacement sur le territoire des États-Unis d’Amérique. Bien entendu, dans cette profession on a une haute probabilité de prendre une balle à la place de toutes les personnalités énoncées précédemment. Alors il y a un petit bonus pour Dooley : l’amortalité.

En effet, Ronan Dooley est déjà mort à plusieurs reprises dans l’exercice de ses fonctions, mais il a été à chaque fois revivifié grâce au clonage et à la réimplantation de ses données mémorielles. À près de deux cents ans au total, il est l’agent le plus ancien et le plus expérimenté de l’agence. Cette fois-ci, ce n’est pas une protection qui va lui être demandée, mais une enquête.

Il va devoir retrouver son propre meurtrier, sous peine de se voir retirer la possibilité de revenir après sa prochaine mort. Une vidéo éprouvante va lui montrer les circonstances de sa mort et surtout la mise en scène de son meurtrier. L’agent Dooley va devoir supporter la charmante agent Querer dont il ne se souvient pas s’être lui-même adjoint les services dans sa vie précédente, faute d’avoir fait suffisamment de sauvegardes mémorielles. Il va aussi peu à peu redécouvrir sa dernière mission qui l’a menée là où l’on sait.

Cette thématique du clonage, de l’enquête dans un monde futuriste où la vie est une marchandise comme une autre pourrait avoir un semblant de déjà vu, mais nous avons là avant tout un thriller de grande qualité. Certes, ce thriller revêt les atours d’une science-fiction futuriste classique, mais il est servi par une trame narrative palpitante, des tensions fortes entre les différents protagonistes et des dialogues incisifs à souhait. Cet ouvrage donne également à réfléchir sur ce que peut être l’éternité quand elle consiste à voir mourir les êtres qu’on aime et à devoir vivre seul pour ne plus avoir à subir cela encore et encore.

J’ai surtout retenu le côté thriller de ce récit, même si l’univers futuriste est rempli de belles trouvailles qui vont aider le héros dans son enquête, et si la société qui y est décrite est bien angoissante. La construction du récit, les scènes d’action, les moments plus personnels qui donnent de la profondeur au personnage, tout cela m’a donné le sentiment d’avoir affaire à un texte qui a tout le potentiel nécessaire pour une exploitation cinématographique. J’ai particulièrement apprécié le personnage de Dooley pour lequel Matt Forbeck a brillamment su passer du technologique à l’humain, sans pour autant nuire au rythme du récit. Une réussite.

Chris



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Bordage - La Fraternité du Panca - Youboox
Posté 16 mai 2012 -
À l’occasion de la sortie de Frère Elthor, cinquième et dernier tome du space opéra La fraternité du Panca débuté en 2007, les fans de science-fiction et les non-initiés peuvent découvrir cette belle odyssée spatiale. Une démonstration de l’imagination de l’auteur !
 
La fraternité du Panca , pentalogie sur l’humanité dans l’infiniment loin.
 
Ne cherchez pas sur Wikipedia, je vous le dis : pentalogie, ça veut juste dire que c’est en cinq tomes, voilà. Imaginez-vous dans l’infiniment loin. L’humanité a colonisé l’univers, à tout prix. Sur chaque planète, les groupes humains ont des modes de vie très différents mais ils se défendent les uns les autres grâce au Parlement universel. Une menace pèse sur tout ce qui vit. Seuls les initiés de La fraternité du Panca, sorte de franc-maçonnerie spatiale où se côtoient des Frères et des Sœurs, sont capables de sauver l’humanité. Sans connaître la nature de la menace, ils vont s’engager dans le combat au prix du don de leur vie. Le seul moyen de lutter : former une chaine Quinte. Une chaine de 5 Frères et Sœurs qui doivent se retrouver l’un après l’autre pour se transmettre leurs implants, réceptacle de leurs forces et de leurs mémoires. Seul le dernier de la chaine peut mener le combat final.
 
Des voyages entamés par amour ou sacrifice
Chaque tome nous conte la destinée de celui choisi pour former l’un des maillons de la chaine. Un départ sans retour, sans possibilité d’utiliser les ralentisseurs de rythme biologique.
Dans le premier tome, on suit les destins croisés de deux personnages profonds et touchants. Ewen a reçu l’appel : la menace plane et il doit quitter femme et enfant pour remettre l’implant au deuxième Frère. Olméo, 13 ans, contraint à l’exil avec sa famille va rencontre l’âme sœur. Notons le talent de l’auteur qui décrit un huit clos de 80 ans dans une fusée. Ne vit-on les voyages que par amour ou sacrifice ? Et que dire de l’isolement et de la solitude ? Autant de questions qui donnent le vertige.
Des cinq tomes, trois se distinguent pour leur rôle majeur dans le récit. Le premier d’abord qui plante le décor avec Ewen et Olmoé. Le troisième, véritable transition vers le combat final, avec des descriptions grandioses de l’univers. Enfin, le cinquième et dernier : Frère Elthor.
 
Un mélange déroutant de haute technologie et de spiritualité
On s’attache vite à ces personnages auxquels Bordage n’épargne rien, êtres humains baladés par leurs émotions. L’engagement au prix du don de soi et le courage face à l’adversité rythment la pentalogie. Le jeu des chapitres alternant entre les points de vue des différents personnages est une vraie force. Le livre n’est pas que batailles et voyages de planètes en planètes, il est un roman sur les questions qui nous animent. Bordage trouve les mots justes pour parler de la place de Dieu, de la force de la foi et du sens du sacrifice. Un exercice rendu possible par une connaissance pointue de l’Histoire des religions et une facilité à écrire sur une large palette d’émotions en conservant la simplicité des mots. Un récit déroutant qui mélange la haute technologie et le mysticisme.
La fraternité du Panca ravira les fans inconditionnels autant que ceux qui découvriront un livre de science-fiction pour la première fois.
 
Bonne lecture ! 
 
Hayat Slimani

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Suhner - Vestiges - Psychovision
Posté 14 mai 2012 -
Sur la planète Gemma, ou plutôt dans son orbite, vogue un gigantesque vaisseau spatial, sa particularité étant qu'il n'a rien d'humain. Ce vaisseau est donc là sans que personne n'en connaisse l'origine et l'histoire, bien qu'il intéresse beaucoup de monde. Sur la planète même, une équipe de scientifiques s'apprête à aller explorer une partie de la planète où se trouverait d'autres artefacts extraterrestres...
 
Et voici la nouvelle saga de SF Française publiée par L'Atalante, l'éditeur qui a publié Pierre Bordage, Roland C. Wagner, Olivier Paquet, Vincent Gessler, Anne Fakhouri ou encore Jeanne A-Debats. Entre les auteurs confirmés et les débutant prometteurs, cet éditeur s'est donc imposé comme une valeur sure de l'imaginaire francophone et une nouvelle saga débarquant chez eux est toujours une bonne surprise.
Quantika débute pourtant de manière assez traditionnelle avec une planète aux mains d'entrepreneur peu scrupuleux et un réseau de résistance qui veut éviter le triste destin de la Terre à leur nouvelle demeure. Au milieu de ça, une équipe de scientifique donne dans l'archéologie extraterrestre et essaye de trouver où ont bien pu passer les anciens locataires de Gemma, dont la principale trace est un gigantesque vaisseau abandonnée.
Cette équipe est d'ailleurs décidée à explorer la planète à la recherche d'autres vestiges, mais ce qu'ils ignorent, c'est que l'une d'entre eux sait très bien où ils vont et ce qu'ils vont y trouver, car les monuments enfouis à cet endroit, elle les a vus dans ses rêves. Plus, l'expédition s'approche et plus la jeune femme semble perdre pied et se livre à des transes étranges, parlant une langue qui n'est pas humaine.
Si le début peut faire penser à un classique roman de "Big Dumb Object" et de "Rencontre du troisième type", il part très vite sur autre chose, sur une histoire lorgnant plus sur le fantastique que la Hard-SF avec des rêves et des transes semblant trouver leurs origines dans une civilisation ancienne, mais également une menace sous-jacente qui ne semble qu'attendre son heure pour sortir de l'ombre.
On est donc dans du fantastique assez classique avec une héroïne ayant des rêves et des cauchemars qui semble mettre sa santé physique et mentale, où une créature étrange se balade dans les ravins de la planète. Tous ces personnages et événement font monter la tension tranquillement, devenant de plus en plus intrigant au fur et à mesure que l'on tourne les pages et que les mystères se dévoilent peu à peu.
Et c'est ce mélange qui fait de Vestige un roman passionnant et captivant, car Laurence Suhner nous propose un type de récit qui est finalement trop rare. Ceci-dit, le roman est aussi très bien écrit, très fluide et un véritable planet-opéra, Gemma étant en plus d'un décor un véritable personnage de l'histoire avec ses secrets et sa personnalité. Autant qu'une gigantesque étendue glacée et un environnement hostile, elle est un protagoniste à part entière.
Les autres personnages sont un peu les bémols de cette histoire, que ce soit l'adolescente rebelle, l'amoureux secret et éconduit, la scientifique hautaine, le père trop occupé, le rebelle obstiné et bien entendu les méchants mercenaires. Pourtant l'auteur arrive à tous leur donner vie et à les rendre attachants grâce à leurs qualités, leurs défauts et surtout à leurs peurs devant cette menace issu d'une technologie incompréhensible par l'Homme.
 
Mélangeant drames humains et dangers surnaturels dans un environnement cosmique, Vestiges est un roman enthousiasmant et le premier volume d'une trilogie qui devrait se révéler passionnante en jouant habilement avec les codes de la science-fiction et du fantastique. Pour son premier roman, Laurence Suhner frappe donc très fort et permet à L'Atalante de confirmer une nouvelle fois la qualité de son catalogue.
 
Note : 9 /10
 
Steggtegg
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