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Dunyach - L'enfer du troll - Les lectures de Xapur
Posté le 16 décembre 2017

Il est assez rare que j’apprécie les livres humoristiques dans les littératures de l’Imaginaire, mais ayant lu les aventures précédentes du troll, je savais à quoi m’attendre et que j’allais apprécier l’humour de Jean-Claude Dunyach, et je pense que le fait qu’il y mêle une satire de la vie de l’entreprise n’y est pas étranger.

Suite directe des précédentes tribulations (mais lisible séparément), nous retrouvons notre troll préféré coulant le parfait amour avec sa trollesse préférée. Mais celle-ci le trouve un peu désoeuvré et démoralisé, puisqu’il ne travaille plus, et s’arrange pour que son ancien chef lui confie une mission, et surtout… un budget ! Il lui faudra donc escorter Sheldon et Brisène lors de leur voyage de noces vers une destination paradisiaque et en profiter pour inspecter les mines locales, tout en vérifiant le rapport quotidien de l’éternel stagiaire Cédric.

On retrouve donc les personnages découverts lors des précédentes aventures du troll, embarqués (c’est le cas de le dire) dans un voyage périlleux sur un bateau de croisière qui ne s’amuse pas. Que leur veut le fourbe elfe Seth (un elfe c’est fourbe, par principe, et puis c’est tout) ? Pourquoi les chevaliers en formation ne sont-ils pas plus motivés ? Que trament les nécromanciens du marketing à coup de cartes de visites ? Entre soupçons, disparition de Sheldon en haute mer, typhons à éviter, visites au bar et à la boutique de souvenirs ou encore fabrication de diamants à partir de charbon lors des effusions torrides du couple troll (adeptes du Kamasoutroll), la première partie du roman multiplie les clins d’oeil et les jeux de mots.

Une fois arrivés à destination, il ne leur faudra rien de moins que déjouer l’Apocalypse (sans dépasser leur budget) ! Sur une île aux airs de parc d’attraction infestée de zombies, avec un petit magicien doté d’un bâton et nommé Dayo, la petite équipe entrera dans le coeur d’un volcan où les forces obscures, car motivées et sournoisement aidées par des consultants, de l’organisation n’ont qu’une idée en tête : faire déferler sur le monde une catastrophe sans précédent, un fléau absolu. Ouvrir les portes de l’enfer du management…

Dans la droite lignée de L’instinct du Troll, ce roman reprend les éléments de son succès : humour omniprésent à base de jeux de mots et de situations délirantes, pastiche de la fantasy (« Méfie-toi de l’elfe, c’est le genre à laisser traîner ses oreilles partout. Vu leur taille, je suis même étonnée qu’il ne trébuche pas dessus »), blagues parfois gravier-leuses, satire du monde de l’entreprise (« Je suis toujours le dernier à être informé des problèmes, on dirait. J’ai du monter en grade sans m’en apercevoir ») et de son charabia marketing-managemental (ménage mental ?) et des sous-traitants. La présence de madame troll permet également d’ajouter quelques vannes et dialogues sur la vie de couple et ses travers (« Elle porte le genre de parfum qui rend les hommes fous. Surtout quand ils en découvrent le prix. »).

Un ensemble réussi, une épopée qui permet de sourire ou de rire à chaque page avec une équipe d’aventuriers qui se heurtent aux forces du mal, pire, de la motivation en entreprise ! Sans devoir ménager leurs efforts ni dépasser leur budget… Chaudement recommandé à ceux qui ne veulent pas finir enfermés dans une boule de neige sur l’étagère d’une boutique de parc d’attraction 🙂

- Xapur, le 15/05/17. 



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Costikyan - Space O.P.A. - Daily Passions
Posté 19 juillet 2018 -

On notera l’attirante sobriété de la couverture et la subtilité qui transforme un code barre en gaz d’échappement de soucoupe volante… et les amateurs de science-fiction auront noté qu’un de leur genre favori a subi avec ce titre quelques modifications. Le space opera est, en matière de science-fiction, un genre où l’on visite des étoiles, des galaxies où l’on rencontre des extraterrestres. Mais O.P.A. et O.P.V. ne relève pas de la SF, Offre Publique d’Achat ou de Vente relèvent de la Bourse… Nous allons donc avoir affaire avec un space op. boursier… Et c’est effectivement le cas.

La société que dirige Johnson Mukerjii vient de mettre au point un produit qui va lui assurer de somptueux bénéfices. Hélas les extraterrestres arrivent et offrent aux Terriens une brutale et extraordinaire avancée technologique : imaginez que vous offriez à « un Aztèque le catalogue des armes et cycles de la Manufacture de Saint-Étienne » (France). Comme ce cadeau est gratuit, une bonne partie des entreprises et des banques terrestres s’effondre. Et Johnson Mukerjii se retrouve ruiné, sans entreprise et le peu qui lui restait est emporté par sa femme. Il touche le fond. Mais, ayant assisté à la rencontre avec les extraterrestres, il trouve facilement ce qu’il peut leur vendre et il escroque un auteur de SF dont les extraterrestres raffolent pour monter son entreprise au Mexique… Et là il va devoir faire face à tout un tas de difficultés. Et cela se lit avec plaisir d’une seule traite – on hésite à lâcher le héros et ses amis.

En mêlant le droit, le commerce, et les extraterrestres, l’auteur démonte les ressorts d’un capitalisme forcené qui mise sur le tourisme pour se développer. Je suis presque certain que ce roman peut toucher un très très large public. Faites le test, offrez-le à vos amis qui travaillent dans le commerce international.

Bonne lecture.

Noé Gaillard - Daily Passions 

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Scalzi - Redshirts - Ombre Bones
Posté 17 juillet 2018 -
Redshirts nous raconte l’histoire d’Andrew Dahl et de son groupe d’amis, récemment affectés à bord de l’Intrépide, vaisseau amiral de l’Union Universelle. Rapidement, nos protagonistes se rendent compte que les sans grades, les redshirts (ceux qui portent un uniforme rouge donc) ont tendance à mourir en grand nombre et de manière pas toujours très cohérente. Ils vont donc enquêter, jusqu’à comprendre qu’une force supérieure influe sur leur destin. Une force appelée la Narration.
Je ne savais pas quoi penser de ce livre en lisant la 4e de couverture, si ce n’est que ça m’évoquait le lancement d’un épisode de Star Trek. Ou dans ce cas-ci, une parodie, soit un genre pour lequel je ne nourris que peu d’affection parce que je trouve souvent cela mal fait, mal géré. Dans ce roman, ce n’est pas du tout le cas ! John Scalzi use de l’humour avec habilité, sans jamais que ça ne soit trop lourd. Il maîtrise à fond son sujet et on sent de sa part énormément de bienveillance à l’égard des séries de science-fiction, dont il se moque pourtant dans Redshirts. Plus d’une fois, le lecteur avisé relèvera un clin d’œil à l’une ou l’autre de ses séries favorites là où le lecteur novice en la matière ne se retrouvera pas pour autant perdu. C’est l’avantage avec ce livre: il est destiné à tous, peu importe le degré de connaissance du genre, et dispose de plusieurs niveaux de lecture.
Outre le côté humoristique, ce livre offre aussi une réflexion très pertinente et intéressante sur le statut d’auteur et sur la mise en abyme de nos histoires. Ce n’est pas le premier dans l’histoire littéraire à le faire (les protagonistes du roman le disent eux-mêmes !) mais je trouve qu’il s’en sort vraiment bien dans le traitement de son sujet et dans les questions qu’il amène. Je ne vais pas trop spoiler mais quand on referme ce livre, on ne peut pas s’empêcher de se demander : et si ? Derrière le grotesque de la situation vécue par les protagonistes, John Scalzi traite de sujets un brin plus sérieux, un brin plus philosophiques, et il le fait bien, avec un cynisme et une intelligence redoutable.
J’ai vraiment passé un excellent moment avec ce roman qui se lit très vite. Ses quelques trois cents pages passent sans qu’on en ait conscience, tant on les tourne avec avidité pour découvrir les prochaines (més)aventures de nos pseudo-héros. John Scalzi possède un style d’écriture qui va à l’essentiel et privilégie l’action ainsi que les dialogues, ce que j’apprécie.

Pour résumer, Redshirts est un livre à lire absolument pour tous les fans de science-fiction et de séries à la Star Trek, un must-read pour réfléchir ce genre d’une autre façon, avec une bonne dose de dérision et un équilibre subtil maîtrisé par un auteur confirmé. J’ai été ravie de me plonger dans cet univers, que je recommande très chaudement !
 
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