Tu t'appelles Jared. Ta mère est une cuve et ton esprit n'est pas le tien. Tu as parlé à soixante secondes, marché à deux minutes et pris la navette à une heure dix. Ton avenir ? Il ne t'appartient pas. A deux semaines, tu intégreras le corps d'élite des Forces de défense coloniale, les Brigades fantômes. Au nom de l'humanité, toi qui n'es pas vraiment humain. Mais l'esprit-qui-n'est-pas-le-tien grandit en toi. cet esprit qui, ailleurs, planifie la destruction de l'humanité. Au nom de quoi, au nom de qui ? Et toi, que choisiras-tu, Jared ? Voila un auteur qui des son premier livre Le vieil homme et la guerre a su attirer l'attention des lecteurs. Et nombre d'entre eux attendaient fébrilement l'arrivée du deuxième opus Les brigades fantômes. Comme dans le cas de la série des Takeshi Kovacs de Richard MORGAN, nous avons affaire ici à une suite commerciale qui a toutefois réussis à allier un divertissement agréable et une réflexion intelligente.
Le roman va s'attarder sur un des aspects effleuré dans Le vieil homme et la guerre, les brigades fantômes. Ces clones fabriqués à partir de l'ADN des engagés volontaires mais dont le transfert de personnalité n'a pu aboutir du fait de la mort prématuré du patient. Jared Dirac est l'un d'entre eux, du moins en partie. Un être vierge de tout souvenir et de toute expérience qui prend vie à vingt ans.
L'alliance
de trois races extraterrestres ennemies est sur le point d'aboutir et
nul doute qu'elle sera à même de mettre à genou l'union coloniale
terrienne. Mais, comble de l'ironie, c'est un humain, du nom de Charles
Boutin, qui est à l'origine de cette alliance. Les forces de défense de
l'union coloniale terrienne décident donc de cloner Boutin et
d'utiliser l'enregistrement numérique de sa conscience afin de mieux
comprendre les motivations de l'homme et de pouvoir contrer ses
agissements. Malheureusement le transfert n'abouti pas, et les forces
de défenses se retrouvent avec un clone inutile sur les bras. Inutile ?
Pas pour les brigades fantômes ! Et voila comment Jared Dirac intègre
les unités spéciales des forces de défense terrienne.
C'est donc tout l'univers du premier volume que l'on retrouve dans ce
livre, mais cette fois exploité de façon bien plus subtile. Chaque
thème abordé ici, semble être plus travaillé et plus en harmonie avec
le reste du récit. Que ce soit l'aspect antimilitariste de ce roman de
SF militariste, la réflexion sur la quête d'identité ou encore le libre
arbitre, tout s'intègre sans lourdeur aux cotés de scènes d'action
trépidantes. SCALZI est de ce point de vue un vrai styliste.
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