Ce premier roman de John Scalzi a valu à l'auteur une nomination pour le Prix Hugo et surtout le Prix Campbell du meilleur nouvel auteur. Récompenses amplement méritées à la lecture de ce récit de science fiction qui sous une thématique guerrière développe une fable humaniste avec une sensibilité rare et un talent indéniable. A 75 ans, John Perry, le narrateur, va s'engager dans les Forces de Défense Coloniale, les yeux bandés puisque personne ne sait ce qui se déroule là-haut et sans espoir de retour sur Terre. Qu'attend-il de cet engagement ? Et surtout, qu'attendent les FDC de recrues de 75 ans ? Nul ne sait. Si les habitants des pays du Tiers Monde peuvent aller coloniser des planètes nouvelles, les Américains ne peuvent émigrer qu'à l'âge du narrateur et simplement pour s'enrôler. Deux ans d'armées, extensibles a dix à la demande des FDC. Et après ? Un lopin de terre sur une planète comme les légionnaires romains après vingt ans de service ? Peut-être. Et avant ? Un rajeunissement ? Des améliorations physiques ? Des greffes ? Personne ne le sait sur Terre, mais les recrues espèrent cette deuxième vie, ce semblant d'immortalité qui les attirent. Le premier contact avec la FDC grâce à l'ascenseur spatial qui mené les recrues dans l'espace montre déjà que les Colonies possèdent des siècles d'avance technologiques sur la Terre Mais est-ce suffisant pour faire de vieux hommes et de vieilles femmes des combattants d'élite ?
Dans la lignée de Starship Troopers de Robert Heinlem mais avec l'ironie mordante de l'adaptation cinématographique de Paul Verhoeven, John Scalzi |s'attaque au colonialisme américain, à son désir hégémonique et à son hypocrite pudeur avec une verve étonnante qui est parfaitement rendue par l'humour du narrateur et le recul qu'il possède face à tous ces événements. On suit ses aventures avec intérêt, emporté par les péripéties sur lesquelles il a peu de prise mais qu'il essaie de contrôler tant bien que mal. On découvre alors un univers bien plus complexe que celui envisagé par les Terriens, un univers peuplé d'êtres qui n'ont rien de manichéens, aux civilisations et aux mœurs étranges qui dépassent souvent la compréhension des militaires. John Perry s'y révèle un étonnant stratège et un meneur d'hommes hors pair.
Bien plus qu'un roman de science fiction guerrier, Le Vieil Homme et la guerre est un récit initiatique d'un homme de 75 ans qui redécouvre la vie en explorant un nouvel espace. Comme Candide avant lui, il fait l'expérience du bien et du mal et ne rêve que d'une chose : « cultiver son jardin ». Car au bout du compte ce que l'univers lui propose, c'est un étonnant retour vers le futur qui analyse a la fois son passé (et notre présent) tout en lui offrant un avenir différent, une existence à laquelle il ne s'attendait pas mais qui lui réussit finalement très bien. Sans aucun doute possible mon coup de cœur de ce début d'année.
Espace Culture Leclerc
Saint-Brevin-les-Pins
Métro 2033, paru à L'Atalante fin mai, rencontre déjà un certain succès. Il faut dire que la trame, originale, à de quoi en intriguer plus d'un.
Denis E. Savine a traduit Métro 2033 pour L'Atalante. Il nous parle de sa relation avec le livre, de la conception qu'il a de l'histoire, et de la portée de cette dernière.
deux premiers chapitres à télécharger gratuitement!