Troisième volet de cette trilogie débutée par l'extraordinaire Le Vieil Homme et la guerre, La Dernière colonie reprend le personnage de John Perry et le type de narration à la première personne du singulier, contrairement au roman Les Brigades fantômes qui mettait en scène Jane. Plusieurs années se sont passées depuis la fin du premier roman et John, ainsi que Jane ont quitté l'armée et se retrouvent sur Huckleberry, une planète coloniale, afin de l'administrer. Ils sont accompagnés de Zoé, leur fille adoptive qu'ils ont recueillie après la mort de son père biologique, Charles Boutin qui s'était allié à des ennemis de l'Union Coloniale. C'est d'ailleurs un envoyé de l'UC qui vient les trouver afin de leur proposer de diriger Roanoke, une nouvelle colonie secrète qui va s'opposer aux directives du Conclave, une association de quatre cents douze espèces extraterrestres. La mission est délicate, surtout qu'elle regroupe des colons issus de douze autres planètes.
Retrouvant le ton décalé et ironique du premier roman, Scalzi nous livre une réécriture des douze tribus bibliques parties peupler un nouveau monde avec à leur tête un couple improbable puisque lui a officiellement 85 ans et qu'elle n'est même pas en âge de conduire et qu'elle est à peine plus âgée que sa fille adoptive. Cela crée des situations intéressantes, que l'auteur exploite avec talent, sans en faire trop. Tout en s'appuyant sur des motifs issus du space opéra, il nous entraîne dans un univers complexe, dans lequel il dénonce toutes les formes d'expansionnisme et de colonialisme à outrance, égratignant au passage les états modernes qui poursuivent ces pratiques d'une autre époque. Tout le monde en prend pour son grade, que ce soit l'UC, le conclave, les forces spéciales, certaines races extraterrestres et même les colons. Cet esprit critique nous montre les travers humains et, à l'opposé, les actes héroïques que certains sont conduits à faire, souvent bien malgré eux.
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