(...) Nous retrouvons dans
Sourcellerie notre ami Rincevent, toujours
aussi doué pour se trouver au mauvais moment au mauvais endroit, en
train de tirer au flanc à sa bonne habitude, pile au moment où un
Sourcellier fait une entrée fracassante à l'université de l'invisible,
pour réclamer le titre d'archichancellier de l'université.
Un sourcellier, c'est en quelque chose un mage au carré. Car si le
huitième fils d'un huitième fils nait mage, le huitième fils d'un mage
nait Sourcellier, c'est à dire détenteur de la magie primordiale,
incontrôlable et aux effets secondaires assez surprenant, les fuites de
sourcellerie on une fâcheuse tendance à métamorphoser tout ce qu'elles
croisent en matière plus ou moins comestible, ou plus ou moins vivant,
voire les deux à la fois.
Thune, car c'est son nom, âgé d'une dizaine d'années, et plus doué que
l'ensemble des mages du disque monde, vient donc réclamer la charge
d'archichancellier et le chapeau qui va avec. Par une coincidence
extraordinaire, c'est justement le moment ou le chapeau décide d'être
volé (oui décide!), et ou Rincevent décide de prendre le large.
Et par une coincidence encore plus extraordinaire, Rincevent, se
retrouve évidemment nez à nez avec Conina, voleuse de petit format en
robe à fleurs, lanceuse de couteaux émérite et digne fille de son père
Cohen le barbare qui l'entraine à la poursuite du fameux chapeau (à
noter que Conina rêve de devenir coiffeuse, mais on peut difficilement
suivre la carrière qu'on veut quand on descend du plus célèbre
aventurier barbare du disque.. l'hérédité, tout ça..)
Et une fois de plus c'est savoureux.. après avoir tourné en dérision les
classiques de la fantasy dans les deux premiers volumes, cette fois, ce
sont les récits d'aventures (pirates inclus) et les contes de milles
et une nuits et la myhtologie nordique qui font les frais de
l'imagination débordante de l'ami Pratchett.
Car Conina et Rincevent vont aller entre autres visiter le palais du
Sériph Créosote, homme riche qui n'aime rien tant que les femmes du
harem lui racontent des histoire, faire voler un tapis volant
particulièrement farceur, embarquer dans leur périple Nijel, héros
barbare depuis trois jours en autoformation par correspondance. Et
finalement assister au réveil des géants des glaces qui profitent de la
panique générale provoquée par le sourcellier pour essayer de reprendre
la mainmise sur le disque. Rien que ça.
Un régal.. j'aime énormément les comparaisons délirantes qui émaillent
le récit, du style " il ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois
d'affilée, vivante image d'un poisson rouge qui s'efforce de comprendre
le concept des claquettes"... Soooo british!
Et quel plaisir de retrouver le Bagage, qui découvre les effets de
l'alcool et se prend une gigantesque gueule de bois (car oui, une malle
qui a la gueule de bois, c'est drôle!)
Purple Velvet